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L'intelligence artificielle au service de la lutte contre le dopage

Le reportage de Robert Frosi

Photo : Radio-Canada / Jacques Racine

Robert Frosi

L'ordinateur va-t-il mettre fin au dopage dans le sport? C'est le pari que fait l'Agence mondiale antidopage (AMA) en faisant appel à des entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle.

« Dans l'avenir, l'athlète qui va se doper, il va se battre non seulement contre une équipe d'experts scientifiques, mais aussi contre l'intelligence artificielle », soutient Medhi Merai, fondateur de Dataperformers.

L'intelligence artificielle, c'est la nouvelle arme dans l'arsenal de l'antidopage mondial. C'est comme si on entrait tous les résultats de tous les scientifiques dans une machine et que celle-ci les démultipliait pour cibler plus finement et plus rapidement les tricheurs.

« La force de l'intelligence artificielle, c'est qu'elle peut prendre en compte plusieurs dimensions, indique Ziad Touzani, responsable des partenariats et de l'éthique à Dataperformers. Des dimensions qui ne seraient pas possibles pour un cerveau humain de même imaginer. Même se représenter cela sur un écran serait impossible. »

Cette force que l'intelligence artificielle apporte pour calculer, pour trouver des corrélations, pour détecter des anomalies, c'est ça qu'on va essayer de mettre en oeuvre pour détecter les cas de dopage.

Ziad Touzani, responsable des partenariats et de l'éthique à Dataperformers

La société montréalaise Dataperformers s'est donné trois ans pour mettre au point cette nouvelle arme technologique et ses possibilités semblent presque infinies.

« La machine va gruger un certain nombre de données et va produire un résultat, explique Mehdi Merai. Mais il reste toujours l'humain qui va analyser les résultats de la machine, pour pouvoir soit améliorer le modèle, soit tout simplement s'appuyer sur ces résultats-là pour pousser ses analyses et aller un peu plus loin. »

La chasse aux tricheurs va donc entrer dans une autre dimension, mais pas question ici de science-fiction où l'ordinateur prendrait le contrôle des destinées humaines.

Je veux trouver la relation ou l'impact entre la taille, le poids et le résultat d'une performance sportive. C'est facilement visualisable pour un humain. Si j'ajoute un troisième paramètre, on est encore dans le possible, mais un quatrième, un cinquième, un sixième... un centième, c'est là qu'on a atteint la limite. Notre cerveau a du mal à concevoir la relation entre un ensemble de paramètres et un résultat scientifique et c'est là que la machine intervient.

Medhi Merai, fondateur de Dataperformers

« Ça permet de pousser la réflexion humaine aussi, ajoute Ziad Touzani. Quand les chercheurs vont s'interroger sur comment cette machine a pris cette décision-là, peut-être que dans le futur, ça permet de pousser la réflexion humaine aussi. Quand les chercheurs vont s'interroger sur comment cette machine a pris cette décision-là, peut-être que dans le futur, on pourrait prendre plus cette variable ou cette corrélation pour catégoriser clairement les cas de dopage ou pas. »

Ces jeunes informaticiens, mathématiciens ou programmeurs sont assez unanimes pour dire que la machine devrait permettre une avancée incroyable dans la lutte antidopage.

Mais si l’Agence mondiale a fait appel à cette intelligence artificielle, il faut s'attendre que l'autre camp en fasse tout autant.

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