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L’ultime poussée olympique de Mohammed El Abdoulli

Un plan de profil d'un boxeur en gymnase

Mohammed El Abdoulli

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Jean-François Chabot

Le Montréalais Mohammed El Abdoulli tente pour la seconde fois d’atteindre les Jeux olympiques. Après un essai infructueux à Rio, le voilà qui jette toutes ses armes dans la bataille pour Toyko.

Comme Marie-Jeanne Parent, il s’entraîne en compagnie de Vincent Auclair au gymnase appartenant à Marc Ramsay dans le quartier Villeray.

Mohammed El Abdoulli n’est pas issu d’une famille sportive. Ni ses parents, ni ses deux sœurs, personne en fait au sein de sa parenté immédiate, n’ont démontré un intérêt pour la chose.

Il y a bientôt 10 ans, il a eu ses premiers contacts avec la boxe en acceptant l’invitation d’un ami pour essayer ce sport dans un gymnase de Montréal-Nord, où il habite toujours. Il avait presque 17 ans et a tout de suite eu la piqûre.

J’adorais le sentiment que j’avais à esquiver des coups et à en donner. J’ai vite progressé. J’ai gagné les Championnats provinciaux, puis les Championnats canadiens en 2016. J’essaie maintenant de me qualifier pour les Jeux olympiques de 2020.

Mohammed El Abdoulli, boxeur

Il y a quatre ans, il était passé par les qualifications mondiales, mais il était arrivé à court de l’objectif dans ce tournoi de la dernière chance.

« J’avais encore deux combats à gagner, mais j’ai perdu contre un Bulgare. Il a obtenu la dernière place disponible, tandis que je suis rentré chez nous », se souvient l’athlète de 26 ans.

Ce qu’il retient de sa première expérience est que tout est une question d’attitude et d’approche mentale.

« Tout se passe dans la tête, à savoir à quel point tu veux réaliser ça, lance-t-il. La semaine prochaine, à Montréal, tout le monde sera prêt physiquement, mais ça va se jouer dans la tête avec l’expérience et le vécu de chaque boxeur. »

S’adapter à chaque situation

Mohammed El Abdoulli a du mal à définir son propre style. Quand on lui pose la question, il se présente comme quelqu’un qui sait s’adapter.

« Je varie souvent mes styles. Je suis davantage un boxeur défensif qui va contrer les attaques de l’autre. Si je dois aller à la guerre, je vais à la guerre. Je n’ai pas peur d’échanger avec mon adversaire. Mais je préfère quand même piéger mon rival avec mes feintes et y aller avec une contre-attaque quand il essaie de lancer un coup », raconte-t-il.

Récemment, il a remporté la compétition des Gants dorés à Jonquière et le tournoi des Gants d’argent de Montréal il y a environ un mois et demi.

Les qualifications canadiennes 2019, du 17 au 20 décembre, également à Montréal, sont le prochain rendez-vous inscrit à son agenda.

Ils font des étirements sur des ballons.

Mohammed El Abdoulli à l'entraînement aux côtés de Marie-Jeanne Parent

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Même s’il n’a jamais été approché par Boxe Canada et son directeur de la haute performance Daniel Trépanier pour s’entraîner à l’Institut national du sport (INS), il ne s’en offusque pas.

Selon moi, ce n’est pas si important que ça de faire partie de l’INS. C’est vrai qu’il regroupe tout ce qu’il faut à un athlète. Mais ce n’est pas essentiel pour gagner les tournois à venir. Les boxeurs de l’INS seront aussi prêts que moi. Ce sera un défi, mais ça fait partie de la boxe.

Mohammed El Abdoulli

El Abdoulli croit que sa performance et ses résultats dans le ring feront foi de tout. Il a surtout hâte d’en découdre avec le champion de l’an passé, Junior Petanqui, membre de l’équipe canadienne qui s’entraîne à l’INS.

Les deux se sont déjà affrontés dans le cadre des Gants dorés 2018. Petanqui était sorti vainqueur d’un combat qualifié de serré par El Abdoulli.

Pour ce qui est des six autres concurrents de la catégorie des 69 kg, la plupart ne possèdent qu’une expérience limitée au sein de l’élite canadienne.

Mohammed El Abdoulli répète que d’aller à Tokyo serait pour lui la réalisation d’un rêve.

« Dans ma tête, je vais y aller, dit-il. Toute ma volonté va dans ce sens. Peu importe ce qu’il faudra, je vais y aller. J’ai raté ceux de 2016 à Rio. Mais c’est sûr que je serai là en 2020. Pour moi, ce sera le clou de ma carrière amateur. Je dois tout faire ce qui est possible pour aller à Tokyo. »

Que son rêve se matérialise ou pas, il confirme que ce cycle olympique sera son dernier et qu’il passera ensuite chez les professionnels.

Celui qui a mis en veilleuse son métier de technicien de procédés chimiques en laboratoire se demande sérieusement ce que serait sa vie aujourd’hui sans la boxe.

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