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Cayden Primeau, l'homme de la situation derrière Carey Price?

Ils discutent sur la glace.

Cayden Primeau (no 30) et Carey Price (no 31)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Alexandre Gascon

Marc Bergevin avait trois tâches prioritaires à la fin de la dernière saison : ajouter de l’explosion en attaque, dénicher un défenseur gaucher agile et trouver le gardien auxiliaire à Carey Price.

Jusqu’à mercredi soir, ça commençait à ressembler à trois prises.

Keith Kinkaid, la solution estivale du DG pour remplacer Antti Niemi dont les prestations inconstantes, pourrait-on arguer, ont coûté une participation aux séries éliminatoires à son équipe l’an dernier, végète présentement dans la Ligue américaine.

Sept buts accordés en deux matchs à Laval. Un taux d'efficacité de ,870. Rien pour convaincre l’organisation qu’il est en voie de retrouver la forme affichée il y a deux ans lorsqu’il avait enregistré 26 gains en 41 départs.

Si le jeune Cayden Primeau continue sur sa lancée après avoir remporté sa première victoire dans la LNH d’impressionnante manière face aux Sénateurs mercredi, il sera particulièrement difficile à déloger.

Qu’importe qu’il n’ait que l’âge tendre de 20 ans et 122 jours, au fond. Quand des emplois sont en jeu, et parmi les plus prestigieux, pensons, par exemple, à celui de Marc Bergevin, la fin justifie les moyens.

Il faut remporter des victoires, alléger le fardeau de Carey Price. Primeau semble être le mieux placé pour le faire, bien qu’on le juge à l’aune d’un faible échantillon.

Sinon, comment justifier que le Canadien est l’équipe qui débourse le plus dans la LNH pour ses gardiens. Avant d’enterrer une partie du salaire de Kinkaid en raison de son renvoi dans les mineurs, les dépenses du CH pour ses deux portiers s’élevaient à 12,25 millions de dollars, soit 15 % de la masse salariale.

Une facture salée qui ne passerait pas dans un rapport de dépenses à votre employeur, principalement parce que malgré cet investissement colossal, Montréal pointe au 28e rang en défense dans le circuit Bettman et accorde en moyenne 3,29 buts par match.

Claude Julien devait gérer cinq recrues mercredi soir dans sa formation, sans compter Riley Barber qui disputait son cinquième match dans la LNH en dépit de ses 25 ans. Ça fait beaucoup de gestion à la pièce, de joueurs à ne pas surexposer, de casse-têtes derrière le banc.

Alors, protéger ses joueurs, on le veut bien, mais lorsqu’il y a un impératif de victoires – il est bien plus présent cet automne qu’il ne l’a été lors des deux dernières campagnes – leur développement passe parfois au second rang.

« La seule façon dont on va s’améliorer, c’est de leur donner une chance de jouer. Si les résultats sont là, tant mieux. Tu essaies toujours de les placer dans une position pour qu’ils connaissent du succès, mais ça n’arrive pas tout le temps », a-t-il laissé tomber.

Ça arrivait presque tout le temps avant. Ce n’est plus le cas.

Il est fort possible qu’un jeune gardien comme Primeau, néophyte dans le hockey professionnel, soit mieux servi par une saison complète dans la Ligue américaine, loin des caméras de Montréal et de la pression qu’on y exerce.

Il n’a jamais goûté à la ferveur de séries éliminatoires éreintantes au meilleur des sept matchs et très peu à la rigueur des horaires des pros. Jamais, l’Américain de Voorhees au New Jersey n’a-t-il disputé plus de 36 matchs en une saison, que ce soit dans les rangs universitaires ou à l’école secondaire.

Primeau souhaite sûrement, un jour, avoir la chance de devenir un gardien numéro un. Le Canadien voit probablement les choses de la même façon. Mais l’équipe semble croire maintenant que son espoir peut atteindre cet objectif en demeurant dans l’ombre de Carey Price pendant un moment.

C’était évident quand Julien a fait référence à Patrick Roy et Carter Hart le jour de son rappel, deux gardiens qui sont venus en renfort comme numéro un, faut-il le préciser.

Ce l’était aussi après la troisième victoire d’affilée du Tricolore, la quatrième à ses cinq derniers matchs.

Est-ce qu’il va jouer aux quatre, cinq matchs ou plus souvent? Ce sont des décisions qu’on aura à prendre en cours de route. Comment on va le gérer d’ici la fin de la saison, c’est une question qui ne se pose pas seulement ici, mais à l’interne.

Claude Julien

Limpide.

La solution aux problèmes de surmenage de Carey Price, dirait-on. Pour l’instant, avouons-le, le fils de Keith s’acquitte de sa tâche avec brio.

Et il le fait avec la même désinvolture, le même calme, la même assurance et la même verve que son illustre compère.

« C’est fou. Tu veux aller chercher ta première victoire à ton premier match, mais ç’a été un apprentissage. Je suis parti avec ça le week-end dernier et j’ai travaillé pour ça. Aujourd’hui, je n’essayais pas de m’attarder à la victoire, mais juste de me concentrer sur le prochain lancer et les résultats allaient venir », a expliqué le jeune homme.

Il est devenu le cinquième gardien le plus jeune à remporter son premier match avec le Canadien à 20 ans et 122 jours, tout juste derrière Price.

En rafale

On va finir par croire que Ben Chiarot est un défenseur offensif. Il a inscrit le premier but de sa carrière en prolongation en acceptant une superbe remise de Max Domi à deux contre un. L’Ontarien de 28 ans a déjà 11 points et est en voie de connaître une saison de 10 buts et 18 passes. Sa plus grosse récolte a été de 5 buts et 15 passes l’an dernier avec les Jets de Winnipeg.

Ils lèvent les bras en l'air.

Joel Armia (no 40) et Ben Chiarot (no 8)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Il est utilisé en moyenne 23 min 13 s par rencontre et encore plus depuis que Victor Mete s’est blessé à la cheville. Certaines séquences du costaud arrière ressemblent à un petit dimanche matin au parc du quartier. Il encaisse deux présences d’affilée, se lance dans l’action pour appuyer l’attaque, revient à sa position à son rythme sans trop d’efforts, mais toujours à temps. Même Claude Julien en est surpris.

« Ce n’est pas le genre de gars à transporter la rondelle d’un bout à l’autre de la patinoire, mais il supporte bien l’attaque. Il prend confiance de ce côté-là. Je ne sais pas si on l’avait vu autant offensif qu’il ne l’est, mais c’est une belle surprise », a expliqué le pilote du CH.

« Quand le coach compte sur toi, ça te donne plus de confiance. Luke (Richardson) et Claude (Julien) m’ont confié beaucoup de responsabilités et c’est ce que je veux. Tu veux jouer contre les meilleurs, tu veux qu’on compte sur toi et jouer beaucoup. J’essaie juste de faire mon travail du mieux que je peux », a ajouté Chiarot.

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