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Chronique

Dopage : pourquoi un (autre) compromis sur la Russie?

Une enseigne avec les anneaux olympiques

Le siège du Comité olympique russe à Moscou

Photo : Getty Images / AFP/Alexander Nemenov

BILLET – L’annonce de l’exclusion de la Russie des Jeux olympiques pour les quatre prochaines années est encore une fois une demi-mesure. Il faut lire les détails pour comprendre que le grand coup n’a pas été donné.

C’est la spécialiste de l’antidopage Christiane Ayotte elle-même qui l’a dit : « Imposer une suspension à tous les athlètes russes, ça n’aurait pas passé. »

L’Agence mondiale antidopage (AMA) y est donc allée avec le meilleur compromis possible. Mais pourquoi faire des compromis avec ceux qui continuent de nous rire au visage depuis trop longtemps? Je vous rappelle que nous ne parlons plus juste de ce qui s’est passé durant les Jeux de Sotchi en 2014, mais d’actions ayant eu lieu dans les derniers mois.

L’AMA avait ordonné à la Russie de lui donner accès à sa base de données, ainsi qu’à tous les échantillons de tests antidopage en sa possession. L’AMA a finalement eu accès à une liste falsifiée, à des données modifiées et à des échantillons troqués. 

Voilà pourquoi le Comité des athlètes de l’AMA ne souhaitait rien de moins qu’une sanction totale, sans possibilité de compétitionner sous bannière neutre pour des athlètes ayant fait la démonstration qu'ils sont « propres ». Même son de cloche du côté des agences antidopage américaine et britannique. On ne voulait pas de compromis.

Oui, certains athlètes propres de la Russie écoperaient d’une telle mesure, mais faut-il les protéger tandis que des milliers d’autres étaient dopés? Et au détriment de l’avenir du sport?

Si vous n’êtes pas encore convaincus, pensez à Alex Harvey aux Jeux de Pyeongchang, qui termine au pied du podium du 50 km derrière deux « athlètes olympiques de la Russie ». On verra encore des cas du genre à Tokyo, d’autant plus qu’il y a beaucoup plus d’athlètes à des Jeux d’été.

Un grand total de 168 Russes ont traversé ce système permissif où l’athlète doit prouver non pas qu’il est propre, mais qu’il n’a jamais été pris la main dans le sac.

Les prochains mois seront chaotiques et d’une complexité législative extrême. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) sera débordé. Nous ne sommes qu’à huit mois des Jeux de Tokyo. Prendre une décision forte avec une sanction totale aurait simplifié les choses. Et, comme on dit dans le monde du sport, on aurait pu passer enfin à un autre appel.

Je dois au moins finir sur une note positive. Le mot « Russie » n’apparaîtra pas dans le nom de la délégation de ses athlètes à Tokyo, comme cela a été le cas à Pyeongchang. Nous parlerons de la délégation des athlètes neutres. Mais faut-il vraiment applaudir?

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