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Le comité des athlètes de l'AMA recommande l'exclusion de la Russie des JO

L'AMA décidera lundi de son sort, après les allégations de dopage systémique.

Le drapeau russe devant les anneaux olympiques

Le drapeau russe devant les anneaux olympiques

Photo : Getty Images / ALEXANDER JOE

Radio-Canada

Forte de la recommandation de son comité des athlètes, l'AMA décidera lundi du sort de la Russie qui sait jouer de son poids économique et institutionnel pour garder de l'influence dans le milieu sportif.

Le comité des athlètes de l'Agence mondiale antidopage recommande d'exclure la Russie des Jeux olympiques. C'est ce que révèle la société d'État britannique BBC dimanche.

Le comité s'est prononcé en faveur de l'exclusion de la Russie des Jeux d'été de 2020 au Japon et de ceux d'hiver de 2022 en Chine.

Cette recommandation a été prise à la majorité et non à l'unanimité. Par voie de communiqué, 9 des 17 membres ont expliqué que cette décision « était la seule sanction appropriée ».

« Je suis l'une des 9 membres du comité des athlètes de l'AMA qui appuient une suspension complète, a écrit sur Twitter la paracycliste américaine Greta Neimanas. Le gouvernement russe a trahi ses propres athlètes en trichant et en optant pour la tromperie. Si la prochaine génération veut un avenir sain et sûr, alors des changements significatifs doivent être apportés. »

« Nous maintenons que si nous imposons une sanction moins radicale, cela encouragera et perpétuera la fraude, la manipulation et la tromperie qui ont été révélées jusqu'ici », ont ajouté les neuf athlètes dans un document transmis à la BBC.

Rappelons que la Canadienne Beckie Scott est encore la présidente du comité des athlètes. Jusqu'à la nomination de son successeur le 23 janvier, le Néo-Zélandais Ben Sandford (skeleton). Elle a laissé sa place le 8 novembre.

L'AMA se réunit à Lausanne, en Suisse, lundi, afin de discuter des sanctions contre la Russie.

La Russie, un poids lourd économique

« Nous avons toujours été, et nous serons partenaires des organisations sportives internationales dans le développement du sport et dans l'organisation des compétitions, indique le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov.

« Je pense que toutes les organisations internationales ont intérêt à ce que leur niveau de coopération avec la Russie reste le même », ajoute le dirigeant russe.

Pavel Kolobkov, qui a succédé en 2016 à Vitali Moutko, résume en deux phrases l'influence de la Russie, solidement installée dans les instances sportives internationales et hôtesse d'événements pour lesquels les candidats ne sont pas légion.

Avec ses entreprises multinationales de l'énergie (Gazprom) ou du secteur bancaire (VTB), l'économie russe a investi le champ de la commandite des fédérations sportives internationales.

Gazprom est ainsi le commanditaire officiel de la Ligue des champions au soccer, la compétition reine pour les équipes, au même titre que l'entreprise américaine Mastercard (finances) ou le fabricant automobile japonais Nissan.

Le nom du géant pétrolier était le commanditaire de la FIFA jusqu'à la Coupe du monde de 2018.

Ils discutent.

Le président russe Vladimir Poutine en compagnie du patron de l'entreprise publique Gazprom, Alexeï Miller

Photo : Associated Press / Alexei Nikolsky

Gazprom figure également sur les maillots de plusieurs équipes européennes, comme le Zenit de Saint-Pétersbourg, l'Étoile rouge de Belgrade et le FC Schalke 04 dans la Bundesliga.

Connu pour ses liens forts avec Vladimir Poutine, l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui occupe des fonctions au sein de l'entreprise énergétique via Nord Stream, est aussi un proche du président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach. Tous deux se sont connus par le biais de la politique allemande.

La banque VTB, de son côté, est l'un des principaux commanditaires de la Fédération internationale de gymnastique (FIG). L'un des trois vice-présidents de la FIG, le Russe Vasily Titov, a été premier vice-président de VTB.

Parmi les sanctions que risque la Russie figure l'interdiction d'accueillir des championnats du monde pendant quatre ans.

Le grand rendez-vous du sport business et des fédérations sportives internationales, Sport Accord, aura bien lieu en 2021 à Ekaterinbourg. C'est ce qu'ont confirmé les organisateurs le 30 novembre.

C'est le deuxième aspect : la présence de la Russie dans les instances dirigeantes.

Un tiers des fédérations internationales de sports olympiques d'été comptent dans leurs comités exécutifs un représentant russe, et six d'entre elles ont un président ou vice-président russe.

Deux hommes d'affaires russes, Vladimir Lisin (45e fortune mondiale selon le magazine Forbes avec 19,3 G$ US) et Alisher Usmanov (106e, 12,1 G$ US), dirigent les fédérations internationales de tir (ISSF) et d'escrime (FIE).

Alisher Usmanov, à la tête de la FIE depuis 2008, participe avec sa fortune personnelle au financement de la fédération. Une ligne dans les recettes des budgets 2019 et 2020 comporte la mention « don du président » avec la somme de 5 millions de dollars américains, sur un total de 9,5 millions de recettes en 2019.

M. Usmanov a aussi investi dans le club anglais d'Arsenal.

La présence russe remonte jusqu'au sommet de l'État. Vladimir Poutine est président honoraire de la Fédération internationale de judo (IJF).

Depuis la réintégration sous condition de l'Agence russe antidopage (RUSADA) en septembre 2018, la Russie a obtenu l'organisation de la finale de la Ligue des champions en 2021 à Saint-Pétersbourg, de la Coupe du monde de volleyball en 2022, des Championnats du monde de lutte en 2022 à Krasnoïarsk et des Universiades de 2023 à Ekaterinbourg.

La Russie a accueilli les athlètes du monde entier lors des Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, a organisé la Coupe du monde de soccer en 2018 et présentera quelques rencontres de l'Euro en 2020.

Un gardien fait un arrêt de la main gauche.

L'affiche officielle de la Coupe du monde de soccer de 2018 en Russie

Photo : Getty Images / MLADEN ANTONOV

La Russie étend surtout son influence sur les disciplines moins lucratives.

« La Russie est influente parce qu'elle accueille et veut accueillir de nombreuses compétitions, notamment pour les fédérations internationales qui n'ont pas beaucoup d'argent. Beaucoup de ces compétitions sont chères à organiser, elles n'attirent pas un grand public », souligne à l'AFP l'avocat montréalais Richard Pound.

Rappelons que les Championnats du monde de 2021 de biathlon avaient été attribués à Tioumen (juste au nord du Kazakhstan), avant que la Fédération internationale de biathlon (IBU) n'y renonce finalement sous la pression.

Avec les informations de Agence France-Presse

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