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Un avant-goût de l’avenir avec Cayden Primeau

Le Canadien baisse pavillon pour une neuvième fois en 10 matchs.

Il regarde la rondelle s'éloigner.

Cayden Primeau a réalisé 32 arrêts.

Photo : Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

Alexandre Gascon

Appelé en renfort au cœur d’un marasme alors que le gardien auxiliaire ne faisait plus le travail et lancé dans la mêlée face à la meilleure attaque de la ligue, disons que Cayden Primeau a eu droit à une entrée en matière pimentée dans la Ligue nationale de hockey.

Les parents du jeune gardien, Keith et Lisa, avaient fait le déplacement à Montréal, peut-être aussi surpris que bon nombre d’observateurs que leur fils obtienne son premier départ dans la métropole plutôt que face aux Rangers, vendredi soir.

Et Primeau a semblé nerveux dès l’entame : difficulté à gérer les retours de lancer, hésitant à sortir de son filet. Au point où l’Avalanche a saisi l’occasion pour bondir en avant.

« On voyait qu’il était nerveux en première période, a admis Claude Julien. Il aimerait sûrement revoir ces deux premiers buts. Le premier était une rondelle libre qu’il n’a pas immobilisée assez rapidement, en même temps, on aurait dû prendre ce joueur-là, c’est aussi de notre faute. Et l’autre but est arrivé d’un angle restreint. »

Dans les deux cas, le jeu s’est développé rapidement. Très rapidement.

Cale Makar – déjà tellement impressionnant à 21 ans – a débordé Shea Weber avant de foncer au filet. Pris dans le trafic devant lui, Primeau ne s’est pas jeté sur la rondelle assez vite et Ryan Graves en a profité.

Six minutes plus tard, c'était au tour de Jeff Petry de se faire battre de vitesse par Gabriel Landeskog qui a réussi à glisser la rondelle sous le bras de Primeau pour doubler l’avance des siens.

Lorsqu’on l’a questionné à savoir si c’est le genre de jeux qu’il ne voit pas dans la Ligue américaine, une porte de sortie toute tracée pour excuser sa défaillance, Primeau n’a pas mordu.

« Il y a des joueurs habiles dans la Ligue américaine qui peuvent réussir ce genre de jeux. Il fallait que je m’adapte à la vitesse. Il est peut-être arrivé un peu plus vite, mais non », a-t-il lancé.

Autrement dit, son devoir était d'arrêter cette rondelle, selon lui.

Comme l’a résumé Julien, les joueurs de l’Avalanche « sont gros, sont forts ». Eusse-t-il ajouté « ils font peur » qu’on avait là un classique du cinéma québécois.

Cette fameuse vitesse, que la recrue a établie comme la plus grande sinon la seule adaptation entre la LNH et l'AHL, l’a tout de même impressionnée.

« Leur premier trio, comme toute l’équipe, est vraiment rapide. Ils ont beaucoup de talent en avant. C’est probablement la plus grosse différence. Il faut que je m’ajuste mieux à la vitesse », a expliqué Primeau.

Sauf qu’après une période, le gardien de Voorhees au New Jersey avait déjà apporté quelques corrections. Une fois la nervosité chassée, Primeau se battait pour voir la rondelle, s’est montré plus alerte pour repousser les retours loin de son filet et a sorti quelques perles lors d’un avantage numérique au deuxième engagement et devant Rantanen en troisième période.

« Plus le match avançait, plus il était à l'aise, il semblait confiant. Il nous a donné une chance de revenir dans le match avec de bons arrêts en deuxième et aussi en troisième », a estimé son entraîneur.

Il est un peu dans le même moule [que Carey Price]. Je l’ai trouvé super calme, quand il se fait marquer, il reste dans sa game, il ne se déconcentre pas.

Phillip Danault à propos de Cayden Primeau

Voilà, la comparaison a été faite. Deux gardiens de 1,91 m (6 pi 3 po), forts, athlétiques, excellents techniciens, aux mêmes initiales, ce qui n’a rien à voir avec rien, mais l’on chérit ce genre de coïncidences.

Les deux gardiens discutent au banc.

Cayden Primeau (à gauche) a remplacé Carey Price devant le filet du Canadien.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Du reste, comparer Primeau à Price est probablement ce qui pourrait lui nuire le plus, bien que ce soit forcément inévitable.

Jeudi soir, contre une puissance offensive guidée par des talents bruts comme Nathan MacKinnon et Mikko Rantanen, Cayden Primeau a offert à ses nouveaux coéquipiers une chance de gagner le match.

Après les arrêts spectaculaires du jeune gardien en désavantage numérique, Brendan Gallagher a ouvert le compteur pour le CH à la fin du deuxième tiers et le Tricolore a repris vie. Il a dominé l’Avalanche au dernier engagement et a bien failli prolonger la rencontre au-delà du temps réglementaire.

Au bout du compte, il a donné confiance à son équipe qui en a cruellement besoin ces jours-ci. Peut-être son séjour à Montréal durera-t-il plus longtemps qu’on le pense. Peut-être, s’il joue bien, fouettera-t-il un peu Carey Price.

Peut-être que le Canadien bénéficiera de son enthousiasme, de sa présence. Contre toutes attentes, oserons-nous, puisque la situation n’apparaît pas gagnante sur papier. Mais qui sait?

« Un premier match au Centre Bell, ce n’est pas toujours facile, mais le kid a été vraiment bon, a laissé tomber Danault. Ça en dit long pour l’avenir. C’est un très bon jeune gardien et il compétitionne beaucoup. Il va s’améliorer, c’est sûr. »

Bon pour l’avenir, d’accord. Le problème avec l’avenir, c’est qu’il se conjugue au futur, et que le Tricolore a besoin de résultats dès maintenant. Sans quoi, les architectes dudit avenir risquent fort de ne plus être les mêmes.

En rafale

Le Canadien a subi un neuvième revers à ses 10 derniers matchs (1-6-3). Ce sera tout sur la question.

Jesperi Kotkaniemi a dû quitter la rencontre dès la deuxième minute. Le Finlandais a été solidement frappé par Nikita Zadorov, un très grand monsieur, et est lourdement tombé sur sa tempe. Était-ce une mise en échec légale ou plutôt un dangereux croc-en-jambe suivi d’une projection au sol? Les avis étaient divisés sur la passerelle, les joueurs étaient circonspects dans le vestiaire.

Pour Julien, c’est clair.

« Je n’aime pas ça parce que son pied a levé et est allé derrière la jambe de Kotkaniemi. Ce n’est pas le croc-en-jambe typique ou il glisse son pied directement en dessous, mais il a utilisé le haut de son corps pour le renverser. À mon avis, c’est un coup salaud. C’est à la ligue de décider si elle revoit ça. Quand j’ai parlé aux gens de la haute direction de l’équipe, ils pensaient que c’était un coup qui mérite une suspension. C’est un jeu très, très dangereux », a indiqué le pilote du CH.

Kotkaniemi sera évalué vendredi et n’accompagnera pas l'équipe à New York.

Par ailleurs, Ben Chiarot a de nouveau été le joueur le plus utilisé avec 28 min 54 s. Le gaucher a pallié les rares présences d’Otto Leskinen, rappelé du Rocket de Laval mercredi. Le Finlandais de 22 ans a eu droit à 10 présences sur la glace pour un total de 7 min 37 s. Julien avait également utilisé avec parcimonie le précédent arrière en provenance de Laval, Gustav Olofsson. Comme s’il envoyait un message à son directeur général.

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