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Dopage : une chronologie de la saga russe en attendant la décision de l’AMA

Trois seringues disposées sur une surface noire à côté d'une médaille et son ruban.

Des seringues et une médaille.

Photo : iStock / MartinFredy

Robert Frosi

L’Agence mondiale antidopage (AMA) décidera lundi à Lausanne du sort de la Russie, engluée dans un scandale de dopage. Ce sera un autre chapitre d’une longue saga qui réunit tous les ingrédients pour faire une série télé : manipulations, chantages, transfuge, magouilles politiques et luttes internes.

Tout commence en 2014 quand la chaîne allemande ARD révèle un dopage sans précédent dans l’athlétisme russe. Ce n’est que la pointe de l’iceberg.

En novembre 2015, les premières sanctions tombent avec la suspension de l'Agence russe antidopage (RUSADA). En 2016, on atteint l’Everest du scandale. L’ancien directeur de l’agence, Grigory Rodchenkov, fuit aux États-Unis et devient un transfuge et un témoin-clé. Il avoue que pour les Jeux olympiques de Sotchi, la Russie avait mis en place un système de dopage systématique pour ses athlètes pour obtenir le plus de podiums possible.

On parle de plus d’un millier de sportifs russes qui auraient été dopés entre 2011 et 2015. Le laboratoire moscovite aurait truqué la plupart des échantillons.

Grigory Rodchenkov

Grigory Rodchenkov (Photo: Netflix)

Photo : Radio-Canada

En 2016, à quelques jours du début des Jeux olympiques de Rio, l’AMA demande la suspension de toute la délégation russe, mettant dans l’embarras le Comité international olympique (CIO). Ce dernier optera pour un jugement de Salomon, où les deux parties sont renvoyées dos à dos.

Du côté de Lausanne, on ne nie pas l’importance de l’affaire, mais on doit aussi défendre ses intérêts. On sait également que la Russie est un des grands pourvoyeurs du mouvement olympique. Dans ce contexte où l’AMA a rejeté l’odieux au mouvement olympique, ce dernier va tout simplement renvoyer la patate chaude à chacune des fédérations internationales. Ce sont elles qui devront prendre la décision de suspendre ou non les athlètes russes.

La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) bannira l’athlétisme russe, mais autorisera les athlètes qui feront la preuve de leur intégrité à participer aux Jeux sous bannière neutre et sans hymne national en cas de victoire.

Dès lors, c’est la descente aux enfers pour le sport russe. D’autant que la langue de Grigory Rodchenkov, qui vit caché aux États-Unis, se fait aller allègrement face aux questions des enquêteurs de l’AMA. La Russie doit maintenant montrer patte blanche si elle veut réintégrer le giron du sport international. Le laboratoire de Moscou devra fournir à l’Agence mondiale tous les échantillons de tous les sportifs russes.

Les nouveaux échantillons envoyés à l’AMA auraient été une nouvelle fois manipulés. C’en est trop pour les responsables de l’antidopage mondial. Ils réclament une suspension de la Russie pour les deux prochains Jeux olympiques et pour toutes les autres compétitions internationales durant les quatre prochaines années.

Et comme si les autorités russes avaient besoin que le clou s’enfonce davantage, voilà que Iouri Ganous, le directeur actuel de l’antidopage russe, part en guerre contre son propre pays! Il va dénoncer le rôle des responsables du sport russe et des autorités politiques dans le scandale de dopage et des nouveaux échantillons manipulés.

Il explique qu’on a voulu protéger certains grands noms d’athlètes russes qui auraient été déclarés positifs et vise directement le haut de la pyramide du sport russe.

Iouri Ganous, directeur général de la Rusada

Iouri Ganous, directeur général de la Rusada

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Les autorités de l’antidopage mondial prendront leur décision à Lausanne lundi. Du côté du comité de révision de l’AMA, on recommande la suspension pour au moins quatre ans du sport russe. Du côté du Comité international olympique, on continue à ménager la chèvre et le chou.

On reconnaît la gravité de la situation, mais en même temps, on dit qu’il ne faut pas blâmer les sportifs russes, qui pourront hors de tout doute prouver leur intégrité, et qu’on devrait leur permettre de participer aux Jeux olympiques et aux compétitions internationales sous bannière neutre.

Quant aux États-Unis, il fallait s’y attendre, ils sont contre. Travis Tygart, le patron de l’antidopage américain, a appelé l’AMA à refuser une quelconque participation des athlètes russes même sous la neutralité sportive. On a l’impression dans cette partie de bras de fer de revivre la pire époque de la guerre froide entre les deux puissances.

Pour ce qui est du Canada, le Comité olympique continue de se battre pour un sport propre et se range derrière les sanctions. Même chose pour le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES), qui se joint à l’Institut des organisations nationales antidopage pour maintenir la suspension du sport russe.

En attendant la décision, la saga continue et on n’est sûrement pas à l’abri d’autres surprises. L’histoire ne se termine pas le 9 décembre, car, en cas de suspension, la Russie peut faire valoir ses droits devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

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