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Keith Kinkaid ne s'y attendait pas

Gros plan de son profil

Keith Kinkaid

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Alexandre Gascon

Ce n’était pas un homme heureux que l’on a rencontré dans le vestiaire du Rocket, à Laval, mercredi. Bon joueur toutefois, Keith Kinkaid a reconnu ses failles et souhaite redorer son blason dans la Ligue américaine.

L’ancien auxiliaire de Carey Price, embauché à fort prix (1,75 million de dollars) par le Canadien sur le marché des joueurs autonomes l’été dernier, a semblé décontenancé par la présence de six journalistes dans l’antichambre du Rocket.

Visiblement, le gardien de 30 ans a mal digéré sa rétrogradation.

Kinkaid a d’abord demandé un petit sursis au responsable des communications du Rocket avant d’affronter les micros, afin de se remettre les idées en place.

Il faut dire qu’il y avait belle lurette que le portier de Farmingville n’avait plus remis les pieds dans l'AHL. Ce n’est pas non plus ce que lui avait fait miroiter Marc Bergevin lorsqu’il l’a convaincu de signer un pacte d'une saison avec le CH.

Le directeur général, comme l’entraîneur des gardiens Stéphane Waite, assurait vouloir diminuer les heures de travail de Price cette saison. Le DG en a remis une couche lorsqu’il a rencontré les médias il y a deux semaines.

Kinkaid lui-même s’attendait à disputer « environ 25 matchs », a-t-il précisé.

Mais voilà, après seulement cinq départs (1-1-3), une moyenne de buts accordés de 4,24 et un taux d’efficacité de ,875, Bergevin a décidé qu’il en avait vu assez pour le moment.

Ça faisait presque cinq ans jour pour jour, le 8 décembre 2014, que Kinkaid avait quitté les rangs mineurs. À cette époque, les Devils d’Albany vivaient les derniers moments des belles années de Joe Whitney, comme chacun se souvient.

Après 143 matchs à défendre les couleurs du club-école, le gardien, jamais repêché, allait en jouer 157 dans la Ligue nationale. Jusqu’à lundi dernier.

Ce n’est pas évident. J’ai déjà été ce joueur-là. Te faire mettre au ballottage, retourner dans les mineures, ton ego en prend un coup.

Joël Bouchard à propos de Keith Kinkaid

« Tu peux réagir de différentes façons. Je lui ai laissé 24 heures pour digérer tout ça et on s’est parlé ce matin. Ses performances sur la glace, c’est ce qui parle le plus. À la fin, un joueur de hockey peut te dire n’importe quoi. Dans le bureau, dans l’autobus, dans un meeting, mais à la fin, ses performances sur la glace, de la façon dont il joue, c’est là que sont tes réponses », a ajouté l’entraîneur du Rocket.

Kinkaid retourne donc à la planche à dessin. Il lui a été reproché sa nonchalance, sa technique, un manque d’ardeur à la tâche et bien d’autres maux. Mais aux yeux du gardien, un élément principal lui fait défaut : la confiance.

« C’est peut-être un peu technique. Ça peut avoir un lien avec la confiance aussi. Peut-être que je glisse un peu trop, que je ne suis pas prêt à recevoir le lancer d’emblée. On va regarder les vidéos. On a déjà eu un bon entraînement avec Marco [Marciano, l’entraîneur des gardiens du Rocket, NDLR]. On va prendre ça au jour le jour », a-t-il laissé tomber.

Kinkaid a reconnu « ne pas être à point » depuis le début de la saison. Il a avoué qu’il ne s’attendait pas à être rétrogradé, mais il a ajouté du même souffle qu’il n’a pas été en mesure de faire l’arrêt décisif, susceptible de changer le cours d’une rencontre.

« Tu as besoin de points au milieu d’une séquence de huit défaites. L’équipe a manqué les séries par quelques points l’an dernier, ils comptent tous. Il y a deux matchs que j’aurais pu gagner, je pense, si j’avais été plus solide. Malheureusement pour moi, je me suis retrouvé en prolongation 4 fois sur 5 et on avait besoin du point supplémentaire. Philadelphie est un bon exemple », a-t-il fait valoir.

Au cours de chacune des deux dernières campagnes, le substitut de carrière avait quand même eu droit à 41 départs par année.

Il était bien loin du compte. Entre le 31 octobre et le 2 décembre, le numéro 37 avait défendu deux fois le filet du Tricolore en plus de remplacer Price pendant 39 minutes lors de la déconfiture contre les Bruins. Pas exactement un contexte idéal, selon lui.

Il tire la rondelle derrière le gardien.

Ivan Provorov (à droite) a battu Keith Kinkaid en prolongation.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

« C’est difficile. Difficile de jouer une fois toutes les deux ou trois semaines et d’être au sommet de son art. Mais je dois être bon, c’est mon travail. Je vais jouer plus de matchs en une semaine ici que je le ferais en haut. Ça pourrait me redonner confiance et me permettre de réussir des arrêts supplémentaires comme celui dont on avait besoin contre Philly », a reconnu Kinkaid.

Le gardien espère maintenant que ce détour l’amène sur la voie de la rédemption et non qu’il devienne un autre de ses boulets financiers que le directeur général préfère enfouir dans les mineurs à l’image de Karl Alzner ou de Dale Weise.

Joël Bouchard, lui, y croit.

« J’ai des pompons pour tous mes joueurs. »

Olofsson en coup de vent

Gustav Olofsson n’aura fait que passer avec le Canadien et avait déjà retrouvé ses coéquipiers du Rocket mercredi matin.

En 3 matchs, le Suédois a obtenu 24 minutes de temps de glace, dont seulement 5 min 59 s contre les Islanders mardi.

Julien avait confirmé qu’il procéderait rapidement à des changements après le match et il a tenu parole.

S’il ne s’était pas blessé à la mi-novembre (bas du corps), l’on peut penser que Xavier Ouellet, capitaine du Rocket et l’un des joueurs les plus fiables de Bouchard selon ses dires, aurait peut-être devancé Olofsson dans la hiérarchie.

Mercredi soir contre les Monsters de Cleveland, le Québécois effectuera son retour au jeu. Ouellet n’a pas caché que l’idée de retourner à Montréal lui a effleuré l’esprit.

« Tu gardes toujours ça en tête un peu. J’essaie de me concentrer à aider cette équipe à gagner. Ça va être ça ma mission ce soir et en fin de semaine. À partir de là, je n’ai plus de contrôle sur ce qu’ils vont faire. Il faut que je fasse ma part », a estimé le défenseur de 26 ans.

Si Bergevin ne déniche pas du renfort dans un échange sur ce flanc, ce qui est plutôt difficile à faire au mois de décembre, la valse des arrières gauchers pourrait bien se poursuivre dans la formation de Julien. Dans ce contexte, et avec la blessure à Victor Mete, il ne faudrait pas se surprendre que le capitaine du Rocket obtienne sa chance.

Par ailleurs, le Rocket misera également sur le retour d’Alex Belzile face à Cleveland. Charlie Lindgren sera devant le filet. Kinkaid devrait amorcer le match vendredi soir à Syracuse.

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