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Les amateurs de boxe renouent avec le Centre Bell

Ils sont côte à côte sur la scène.

Antonin Décarie, Simon Kean, David Lemieux, Arslanbek Makhmudov et Camille Estephan

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jean-François Chabot

Pour la première fois en deux ans et demi, le Centre Bell vibrera, samedi, au rythme de la boxe. Avec trois anciens champions du monde en action, les amateurs répondront présents.

Le promoteur Camille Estephan, d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), se réjouit de la réponse du public qui a déjà acheté 5400 des 6000 billets disponibles pour l’événement.

Il faut remonter au mois de juin 2017 et au deuxième combat entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara pour retrouver la dernière fois où le domicile du Canadien de Montréal a ouvert ses portes pour une soirée de pugilat.

Outre les premiers pas de David Lemieux (40-4, 34 K.-O.) chez les super-moyens (168 lb) face à l’Ukrainien Max Bursak (35-5-2, 16 K.-O.), on verra aussi deux duels chez les lourds.

Le Montréalais d’adoption Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.) se mesurera à Samuel Peter (38-8, 31 K.-O.). Après une absence d’un peu plus de deux ans, cet ancien champion du WBC a une fiche de 2-2 en 2019.

Au départ, ce combat devait constituer la grande finale de la soirée. C’était jusqu’à ce que les négociations achoppent entre le clan Lemieux et celui de Canelo Alvarez, qui a plutôt choisi d’affronter Sergey Kovalev chez les mi-lourds.

Peter, originaire du Nigeria, s’est bâti une solide réputation de cogneur en envoyant Vladimir Klitschko au tapis à trois reprises en 2010, en plus d’avoir enregistré deux victoires avant la limite face à James Toney en septembre 2006 et janvier 2007.

L’autre grand choc mettra aux prises le « Grizzly de Trois-Rivières », Simon Kean (17-1, 16 K.-O.), et le Bélarusse Siarhei « White Wolf » Liakhovich (27-7, 17 K.-O.), ex-champion mondial de la WBA.

Initialement prévu à Rimouski cet automne, l’affrontement a été reporté et inscrit au programme de samedi.

Il parle au micro.

Camille Estephan

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Privés de propositions attrayantes depuis un bon moment, les amateurs ne boudent visiblement pas leur plaisir de renouer, non seulement avec Lemieux, mais aussi avec une carte de boxe qui annonce autre chose que des combats à sens unique.

On a pris un risque. On a mis ça sur pied à grands coûts pour nous. On l’a fait sans l’appui des grands réseaux de télévision américains. Grâce à la réponse du public, nous allons peut-être dégager un petit profit, mais on va surtout susciter l’intérêt des diffuseurs pour Montréal et pour nos boxeurs.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

Il promet déjà de bonnes nouvelles, début 2020, notamment en ce qui a trait à David Lemieux.

Optimisme à la pelle

Si David Lemieux, ancien champion des poids moyens (160 lb) de l'IBF, s’est dit dans la forme de sa vie. Il a surtout laissé entendre que ses soucis de perte de poids étaient chose du passé.

J’ai changé ma façon de couper le poids au lieu d’attendre à la dernière minute. J’y suis allé graduellement au lieu d’essayer de perdre 20 ou 25 livres dans la dernière semaine.

David Lemieux, boxeur

Lemieux a souligné que la pour première fois depuis longtemps, il abordait la semaine du combat avec le sourire.

Par l’entremise d’une interprète, Max Bursak [son prénom complet est Maksym, NDLR] a indiqué qu’il voyait en Lemieux une étape vers la réalisation de son but ultime.

Ils se regardent dans le blanc des yeux.

Premier face-à-face entre Max Bursak (à gauche) et David Lemieux

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

« Je suis en grande forme. J’ai eu un très bon camp d’entraînement. Je suis venu ici pour gagner. Je rêve de mettre la main sur un titre mondial. David est un défi en travers de ma route. Je dois donc le battre pour réaliser mon rêve », a-t-il lancé.

Homme de peu de mots [il commence à peine à s’exprimer en anglais, NDLR], Arslanbek Makhmudov s’est dit heureux de l’occasion qui s’offre à lui.

Son entraîneur Marc Ramsay, qui a aussi vu à la préparation de David Lemieux, voit dans ce combat contre Peter un tremplin vers un titre mondial.

Pour Arslanbek, c’est une étape très importante. Il était assez clair dans ses derniers combats qu’il était d’un autre niveau. La progression s’est faite plus rapidement dans son cas. Je l’ai vu tant à l’entraînement que durant ses combats. On a pensé qu’on pouvait sauter quelques étapes dans son apprentissage… 2020 sera l’année où Arslanbek Makhmudov va se placer en position pour un combat de championnat du monde.

Marc Ramsay, entraîneur de boxe
Gros plan de son visage

Arslanbek Makhmudov

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Sachant qu’il est rare d’entendre Ramsay s’enthousiasmer de la sorte, on est porté à croire que Makhmudov est réellement dans une classe à part.

Enfin, Simon Kean a dit avoir pris conscience que sa carrière ne sera pas éternelle. C’est en partie pourquoi le « Grizzly » a cessé de consommer de l’alcool.

« Je n’étais pas alcoolique, mais disons que j’ai toujours été un gars de party. Ça s’est fait tout seul. Je me suis réveillé un matin, j’étais un peu déshydraté. J’ai vu Adonis (Stevenson) dans le coma. Ça m’a secoué. J’ai décidé de ne pas prendre un verre durant le temps des Fêtes. Au bout de quelques mois, j’ai décidé de continuer. »

En plus de faire régime sec depuis maintenant un an, le Trifluvien affirme vouloir mettre toutes ses énergies dans la préparation de ses combats.

Il sait que son rival de samedi, le Bélarusse Siarhei Liakhovic, à présent résident de Las Vegas, est sans doute le client le plus sérieux auquel il a eu à se mesurer chez les professionnels.

Il répond aux questions des journalistes.

Simon Kean

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Je vais affronter une personne qui a déjà été champion du monde. Ça va me donner une bonne idée de là où je me situe et du chemin qui me reste à faite pour parvenir à ce niveau-là.

Simon Kean, boxeur

Advenant une victoire samedi, devra-t-on lui offrir une eau pétillante?

« On va faire la fête pareil... On va fêter, on va faire popper le champagne. On va le secouer, mais on ne le boira pas », a lancé Kean en bon boute-en-train.

Autres combats à l'affiche :

  • Super-mi-moyens (10 rounds) : Sadriddin Akhmedov, Montréal (10-0, 9 K.-O.) c. Jose Antonio Villalobos, ARG (12-5-2, 7 K.-O.)
  • Championnat NABF mouches (10 rounds) : Kim Clavel, Joliette (10-0, 2 K.-O.) c. Esmeralda Gaona Sahagon, MEX (7-3)
  • Super-légers (8 rounds) : Mathieu Germain, Montréal, (17-1-1, 8 K.-O.) c. Gilberto Meza, MEX (11-8-1, 7 K.-O.)
  • Championnat NABF super-moyens (8 rounds) : Lexson Mathieu, Québec (7-0, 6 K.-O.) c. Rolando Paredes, MEX (16-8-2, 11 K.-O.)
  • Poids plumes (4 rounds) : Martine Vallières, Montréal (débuts pro) c. Tereza Dvorakova, CZE (0-2)
  • Super-mi-moyens (6 rounds-combat de réserve) : Raphaël Courchesne (8-0, 3 K.-O.) c. Melvin Wassing, NED (7-4-4, 2 K.-O.)
  • Super-plumes (4 rounds-combat de réserve) : Avery Martin-Duval (3-0, 2 K.-O.) c. Raul Corona, MEX (2-2)

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