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La réadaptation de Robert Wickens va bon train, plus d'un an après l'accident

Le coureur automobile ontarien a échappé à la mort en août 2018 à Pocono.

Assis dans son fauteuil roulant, il sourit en attendant le début d'une course.

Robert Wickens

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Radio-Canada

Cet accident parmi les plus violents auxquels on pourra assister en course automobile, sa victime l’a revu des centaines de fois.

Sur la piste triangulaire de Pocono, en août 2018, Robert Wickens se sentait en confiance après avoir pris le 6e rang des qualifications. En course, après sept tours, l’Ontarien a tenté de dépasser Ryan Hunter-Reay.

Un contact entre pneus a fait s’envoler la voiture de Wickens, qui a tournoyé dans les grillages en bordure de la piste. L’auto devenue carcasse a glissé jusqu’au muret intérieur, où sa course folle s’est terminée avec, à son bord, un pilote mal en point, mais pleinement conscient.

« J’ai beaucoup réfléchi à l’accident. J’ai vu et revu les images, raconte-t-il. Je me demande toujours ce qui serait arrivé si je n’avais pas essayé ce dépassement. Mais ma carrière est ce qu’elle est en raison du genre de pilote que j’étais. »

Je n’étais jamais complaisant. Je n’étais jamais content de ce que j’avais. J’en voulais toujours plus.

Robert Wickens

Dans un hôpital d’Allentown, on l'a plongé dans un coma artificiel pour 10 jours. Chaque fois qu’il s’est réveillé, il a tenté de bouger, sans succès. Quelqu’un devait lui rappeler qu’il avait survécu à un terrible accident.

La liste de ses blessures de donne le vertige : fracture de la colonne thoracique, blessure à la moelle épinière, fracture cervicale, fractures tibia-péroné aux deux jambes, fractures aux deux mains, fracture de l’avant-bras droit, fracture du coude, commotion cérébrale, quatre côtes fracturées et contusion pulmonaire.

Les fractures vont guérir, lui ont alors dit les médecins. Mais ces derniers n’étaient pas si optimistes au sujet de sa moelle épinière.

« Personne ne sait ce qui va arriver, souligne Wickens. Au début, on nous a dit que je ne marcherais plus. J’ai fini par comprendre qu’en comparant les résultats de mes examens d’imagerie à ceux d’autres blessures du genre, les médecins ne croyaient pas vraiment à mes chances. »

L’accident s’est produit à quatre mois de la date prévue de son mariage avec Karli Woods. Habituée qu’elle était aux risques du métier, elle ne s’est pas inquiétée outre mesure lorsqu’elle a été témoin de la collision à la télévision.

À son arrivée à l’hôpital, son amoureux était dans le coma. Quand il en est sorti, il ne savait plus qui elle était.

Après un long séjour, le couple s’est rendu à un établissement de Denver, où Wickens a carrément réappris à vivre : comment cuisiner, comment manger, comment aller à la salle de bain, comment monter à bord d’une voiture.

Au cours des sept éprouvants mois qui ont suivi, il a accumulé les petites victoires. Chaque fois qu’il retrouvait la sensation dans un de ses muscles, il en a pris note. La liste s’est allongée. Des larmes ont coulé quand il a enfin senti une de ses jambes se contracter.

En octobre dernier, les fiancés ont finalement convolé en justes noces. Un peu plus d’un an après qu’on lui eut dit qu’il ne marcherait peut-être plus, Wickens a atteint un de ses grands objectifs : il a réussi sa première danse avec sa nouvelle femme.

« Il voulait vraiment danser au mariage, se souvient Karli Woods. Il sait combien j’aime danser, et il voulait m’offrir ça. Il m’a fait tournoyer, rien de moins. Nous disons toujours que ses talents de danseur ont éclos depuis qu’il est en fauteuil roulant. Il est capable d’en faire plus sur le plancher de danse. »

L’objectif ultime est bien un retour dans un cockpit. C’est tout ce que Wickens sait faire depuis sa tendre enfance. Du karting à la série IndyCar en passant par l’Europe et les formules 2 et 3, il a toujours voulu aller plus vite.

Dans les semaines précédant cet accident survenu à sa première saison complète d’IndyCar, Wickens pilotait mieux que jamais dans sa carrière. Il souhaite un jour reprendre là où il a (brutalement) laissé.

« Mon rêve, c’est de retourner dans une voiture de course, mais il y a beaucoup de chemin à faire, reconnaît celui dont la réadaptation se poursuit en Indiana. Il y a encore beaucoup d’inconnues sur cette blessure. J’essaie seulement de trouver une certaine stabilité dans mon quotidien. J’apprends encore à vivre ma nouvelle vie. »

(D'après un texte de Jamie Strashin, de CBC Sports)

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