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Allégations de racisme : l'entraîneur-chef des Flames de Calgary démissionne

Bill Peters nommé entraîneur-chef des Flames de Calgary

Bill Peters nommé entraîneur-chef des Flames de Calgary

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'entraîneur-chef des Flames de Calgary Bill Peters, sur la sellette depuis qu’un joueur qu’il a dirigé il y a 10 ans dans les rangs mineurs l’a accusé de racisme, a remis sa démission, a annoncé vendredi le directeur général Brad Treliving.

« Ce matin, j’ai reçu et accepté la lettre de démission de Bill Peters. Il ne fait plus partie de l’organisation des Flames de Calgary », a déclaré Treliving en ouverture de son point de presse.

« Cette situation difficile ne reflète d’aucune façon les valeurs des Flames. Geoff Ward va assurer l’intérim. Nous allons de l’avant pour le bien de l’organisation  », a-t-il ajouté.

À un journaliste qui lui demandait s’il aurait congédié Peters si ce dernier n’avait pas démissionné, le DG a sèchement rétorqué qu’il n’avait pas à répondre à une question hypothétique.

Il a aussi refusé de dire si Peters continuerait de toucher le salaire prévu à son contrat. Il restait une saison et demie à écouler au pacte d'une valeur totale de 6 millions de dollars.

Pour le DG, l'affaire est entendue. Il a transmis à la LNH les résultats de l'enquête menée par son organisation au cours des derniers jours.

« Nous ne savions rien de ces faits avant son embauche. On tente toujours de vérifier les parcours de ceux que l’on engage. Peu importe les difficultés du moment, il y a des leçons à retenir  », a-t-il indiqué.

Brad Treliving

Brad Treliving s'adresse aux médias

Photo : The Associated Press / Jeffrey T. Barnes

« J'ai été critiqué passablement au cours des trois ou quatre derniers jours, à cause de ma lenteur à agir, a confié Treliving. Si je n'ai pas répondu aux attentes des gens, je m'en excuse, mais il était plus important que nous ayons toutes les informations (avant de prendre une décision). »

« Je suis certain que j'ai commis de nombreuses erreurs, a-t-il poursuivi. J'ai improvisé. Nous avons fait du mieux que nous avons pu. Nous avons tenté d'amasser le plus d'informations possible. »

« La LNH est en communication constante avec la direction des Flames de Calgary, a écrit la Ligue nationale dans un communiqué. Nous continuons d’enquêter sur cette situation préoccupante, et nous prévoyons interroger les personnes concernées, dont Akim Aliu [le joueur qui a accusé Peters de racisme, NDLR], dans les prochains jours. Nous ne formulerons pas d’autres commentaires pour le moment. »

« Très au sérieux »

Brad Treliving avait mardi indiqué que l’équipe attendait la fin de l’enquête pour décider du sort de Peters, tout en rappelant qu’il prenait cette affaire « très au sérieux ».

Akim Aliu, un joueur né au Nigeria qui a grandi au Canada et en Ukraine, a écrit lundi sur Twitter avoir été victime d’insultes racistes de la part de Peters quand il jouait sous ses ordres en 2009-2010 avec les IceHogs de Rockford, club-école des Blackhawks de Chicago dans la Ligue américaine.

Peters « a utilisé plusieurs fois le mot débutant par [la lettre] N envers moi dans le vestiaire à ma première année, parce qu'il n'aimait pas mon choix de musique », a-t-il raconté. Il a ajouté qu’il a été cédé à un niveau inférieur des ligues mineures, à la demande de Peters, après s’être plaint de ce mauvais traitement.

Simon Danis-Pépin, membre des IceHogs en 2009-2010, a confirmé à Radio-Canada Sports avoir vécu la scène relayée par son ancien coéquipier.

Cette semaine, l'entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline, Rod Brind'Amour, qui a été adjoint à Peters quand il dirigeait l'équipe (20-14-2018), a aussi confirmé que ce dernier avait bel et bien maltraité des joueurs, comme l'a allégué le défenseur tchèque Michal Jordan.

Une semaine mouvementée

Brad Treliving a passé en revue le déroulement des derniers jours. Il a indiqué avoir pris connaissance des allégations d’Akim Aliu durant le match face aux Penguins, lundi soir, à Pittsburgh.

C’est à bord de l’avion amenant l’équipe à Buffalo qu’il a eu un premier entretien avec Peters à ce sujet, a-t-il précisé.

Treliving a dit avoir téléphoné à Aliu à deux reprises pour recueillir plus d’information.

Mardi matin, après avoir rencontré les autres membres du personnel d’entraîneurs, le directeur général a demandé à Peters de rester à l’écart de la séance d’entraînement optionnelle du matin et a confié les rênes de l’équipe à Geoff Ward

Mercredi, il a demandé à Peters de rentrer à Calgary. C’est durant le match contre les Sabres que Treliving a pris connaissance de la lettre d’excuses de son entraîneur-chef.

De retour à Calgary, le patron a communiqué avec les dirigeants de la Ligue nationale et placé de nombreux appels auprès d’anciens coéquipiers d’Akim Aliu.

Un vestiaire secoué

Les joueurs des Flames ont réagi à la démission de leur entraîneur-chef à l’issue de la séance d’entraînement qui a suivi le point de presse de Treliving.

« Les quatre derniers jours ont été difficiles pour notre organisation, a commenté le capitaine Mark Giordano. En tant que joueurs, on a pu s’éloigner un peu de tout cela en sautant sur la glace. On savait que l’enquête suivait son cours. Nous appuyons nos dirigeants. Tout a été bien géré. »

Giordano a ensuite abordé la manière dont les joueurs allaient composer avec les suites de la tempête qui a secoué le vestiaire.

« La seule chose que l’on peut faire en tant que joueur est d’aller de l’avant et de passer à autre chose. Il n’y a pas de place pour ça (le racisme) au hockey comme dans la vie. Billy ne sera plus notre coach à cause de cela. Nous devons trouver le moyen d’avancer », a dit le défenseur de 36 ans.

Il répond aux questions des journalistes dans le vestiaire des Flames

Mark Giordano

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche de la part de l'attaquant Matthew Tkachuk.

« Face à des choses comme ça, dans la victoire comme dans la défaite, on apprend à vite tourner la page en tant que joueur, a-t-il dit. Je n’ai pas été impliqué dans l’enquête, mais je pense que c’était la bonne solution dans les circonstances. »

Tkachuk a lui aussi envie de passer rapidement à autre chose.

« Nous devons nous serrer les coudes pour passer à travers ça et les difficultés rencontrées sur la patinoire au cours des dernières semaines », a-t-il ajouté.

Enfin, le joueur de centre Sean Monahan a dit espérer que l’incident puisse servir à resserrer les rangs et à renouer avec la victoire.

« Il s’agit d’une situation regrettable. L’équipe et l’organisation viennent de traverser des moments difficiles. Il faut tourner la page et jouer du bon hockey. C’est parfois dans l’adversité que l’on trouve la force de changer les choses. Nous devons retrouver l’énergie et ça doit commencer dès demain (samedi), contre Ottawa. »

L'affaire Bill Peters frappe les Flames au moment où ils traversent une période difficile sur la glace. L'équipe a perdu sept de ses neuf derniers matchs et joue son prochain match contre les Sénateurs d'Ottawa, samedi à Calgary.

L’affaire Peters vu par Jean Gosselin

Avec les informations de La Presse canadienne

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