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Coupe Davis : le Canada ne veut surtout pas s’arrêter là

Les joueurs canadiens du double célèbrent leur victoire avec leur entraîneur.

Denis Shapovalov et Vasek Pospisil sont en état de grâce à la Coupe Davis.

Photo : Reuters / Sergio Perez

Antoine Deshaies

MADRID - Il y avait beaucoup d’inconnus lorsque l’équipe canadienne de Coupe Davis est arrivée à Madrid la semaine dernière. Félix Auger-Aliassime serait-il en mesure de jouer? Denis Shapovalov aurait-il le temps de retrouver ses repères après des vacances, bien méritées, loin des terrains?

Parmi les rares certitudes, on savait que Vasek Pospisil irait au bout de ses ressources pour aider le Canada. Une semaine plus tard, les incertitudes ont fait place à la fierté.

Auger-Aliassime n’a toujours pas joué le moindre match, mais le Canada tentera samedi de se qualifier pour la première fois de son histoire pour la finale.

Coupe Davis : Le Canada a rendez-vous avec la Russie

« On vient de vivre une semaine un peu surréaliste, affirme le capitaine Frank Dancevic. Je savais qu’on avait une bonne équipe avec une belle profondeur, mais je ne savais pas jusqu’où on pourrait se rendre. Nos joueurs ont mis leur coeur sur le terrain. »

« J’ai une grande confiance en cette équipe et, avec un peu de chance, on peut se rendre jusqu’au bout, ajoute le capitaine canadien. On ne sait jamais ce qui peut se passer en demi-finale. »

Déjà vendredi, la chance a un peu souri au Canada. La Russie, menée par Andrey Rublev et Karen Khachanov, a éliminé la Serbie de Novak Djokovic. Sans dire que ce sera plus facile, les Canadiens peuvent légitimement aspirer à gagner les trois matchs.

« Là, il n’y a pas de numéro deux mondial comme Djokovic avec la Serbie, dit Louis Borfiga, vice-président de Tennis Canada. C’est un match où tout est possible. »

« Si on veut avoir une chance de gagner, il faut jouer de la même façon qu’on le fait depuis le début du tournoi, explique Shapovalov. On a joué du tennis spectaculaire par moment. »

Le capitaine Dancevic est particulièrement fier de son protégé Vasek Pospisil, étincelant depuis le début du tournoi. Il a gagné ses trois matchs en simple en deux manches, les trois fois contre des joueurs beaucoup mieux classés que son 150e rang mondial. Et souvent à la limite. Pospisil a triomphé quatre fois, en six manches, au bris d’égalité.

Fabio Fognini (12e), Reilly Opelka (36e) et John Millman (48e) n’ont pu résister à l’enthousiasme ni à la fougue du joueur de 29 ans qui a raté les six premiers mois de la saison en raison d’une opération au dos.

Un simple mauvais souvenir pour Pospisil, qui ne s’est pas senti aussi bien depuis fort longtemps.

« Je savais que j’avais le potentiel de jouer aussi bien, mais ce n’est pas si facile de le réussir sur le terrain, a confié Pospisil à Radio-Canada Sports. Je suis content d’avoir pu retrouver la forme et d’être capable de jouer de cette façon dans un événement aussi important que la Coupe Davis. J’espère qu’on peut jouer notre meilleur tennis demain. L’état d’esprit est incroyable et c’est un plaisir de faire partie de cette aventure. »

Jusqu’ici, Vasek Pospisil et Denis Shapovalov ont disputé tous les points pour le Canada. Logiquement, ils devraient encore se partager le travail samedi matin. Pospisil devrait affronter Andrey Rublev, 23e, tandis que Shapovalov aura Karen Khachanov, 17e, comme adversaire.

« Je suis tellement fier de ces deux joueurs, a affirmé Frank Dancevic. C’est très difficile physiquement et mentalement de jouer autant de matchs aussi importants et aussi intenses en si peu de temps. Mais tout le monde fait son travail et j’inclus Félix Auger-Aliassime et Brayden Schnur. »

« Bien sûr, c’est drainant de jouer tous ces matchs qui ont une aussi grande importance, mais les émotions et l’adrénaline prennent le dessus et nous transportent, dit Shapovalov. Je compare un peu ça à des séries au hockey ou au basketball. C’est très demandant, mais c’est fou à quel point l’adrénaline peut nous aider. »

Félix Auger-Aliassime loin d'être un simple passager

La bonne humeur fait la force

Il faut voir les sourires des joueurs canadiens et de leur capitaine dans leurs moindres déplacements. Ils sont détendus, même lorsqu’ils arrivent en point de presse. Il faut dire que les victoires ont de quoi faire sourire.

Les entraînements se font dans la bonne humeur. Ceux qui ne jouent pas font leur part en encourageant du mieux qu’ils le peuvent depuis les gradins. Quand Shapovalov et Pospisil ont brièvement quitté le terrain, entre la première et la deuxième manche de leur match de double contre l’Australie, Schnur s’est mis à courir dans les gradins pour chauffer encore plus les partisans canadiens.

Et ça marche.

« Je trouve ça remarquable que des gens aient pris une semaine de congé pour venir nous encourager en Europe, lance le numéro un canadien. Ça nous aide tellement. Plus je me sens soutenu, meilleur est mon jeu. Nous sommes vraiment reconnaissants et ils jouent un rôle important cette semaine. Ils font partie de l’équipe. »

Auger-Aliassime, lui, bondit systématiquement de son siège entre chaque point, le poing en l’air quand ses coéquipiers viennent de réussir un bon coup. Il ne ménage aucun effort pour aider ses copains, au point d’en perdre la voix.

Bien sûr, il préférerait jouer, mais il comprend l’importance de son rôle.

« Encourager mes coéquipiers, c’est ce que je peux faire de mieux, mais ça vient naturellement parce que ce sont des bons amis, explique-t-il. J’espère qu’on ira jusqu’au bout. Ce n’est pas comme un match, mais ça demande beaucoup d’énergie. Ça me fait réaliser le stress que vivent les membres de mon équipe quand je joue. C’est intéressant d’avoir cette perspective. »

Le jeune Québécois ne ressent plus de douleur à la cheville, mais son niveau de jeu n’est pas à la hauteur de ses attentes. Il s’entraîne fort et doit faire preuve de patience. Ce qui n’est pas évident lorsqu’on est d’un naturel perfectionniste.

« C’est normal que mon niveau de jeu ne soit pas là où j’aimerais qu’il soit, mentionne Auger-Aliassime. Je n’ai pas joué de match, je n’ai pas beaucoup de rythme et je n’ai pas les meilleures sensations. Heureusement, physiquement, je suis de retour à 100 %. »

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