•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Babcock s’en va, Henry arrive. Les deux revers d’une étrange médaille

Montage de photos de leurs deux visages.

Mike Babcock et Thierry Henry

Photo : La Presse canadienne

Guy D'Aoust

BILLET - La poigne manquait au premier, visiblement. C’est l’expérience qui manque au second. Mais ils illustrent assez bien, aux deux extrémités du spectre, les étranges exigences du métier d’entraîneur.

Babcock d’abord. Je ne vais pas vous servir la litanie des expressions consacrées, du genre « il avait perdu son vestiaire » ou le non moins éculé « son message ne passait plus ».

La conclusion est tellement évidente. Les Leafs vont peut-être devenir grands, mais ils sont encore petits.

Brendan Shanahan a tenté d’expliquer. Il a évoqué l’absence d’attention apportée à certains détails. Avez-vous regardé un match des Leafs récemment? J’en ai vu une bonne dizaine depuis le début de l’année. Des mauvais positionnements, des couvertures oubliées, des erreurs mentales et des replis paresseux… Pensez-vous que c’est Babcock qui oubliait ces détails?

Si ça continuait de se produire, soir après soir, c’est que ça n’entrait pas dans la tête des Leafs. Ou plutôt, dans leurs habitudes. Est-ce par insouciance? Par défi? Par manque d’intelligence au jeu? La troisième hypothèse est peu probable. Quoique certains joueurs à caractère offensif comme Ilya Kovalchuk soient incapables de gérer un patron de jeu défensif qui dépasse la complexité du corridor, ce n’est pas la norme en 2019.

Par insouciance alors? Hmmm… Difficile à justifier auprès des coéquipiers. On n’aime pas être celui par qui le malheur arrive. Parlez de fierté ou d’orgueil, comme vous voudrez.

Par défi alors? On y est presque. Quand on ne répond plus aux consignes les plus élémentaires en défense et en positionnement, c’est qu’on n’y croit plus ou qu’on ne veut plus y croire.

Brendan Shanahan et Kyle Dubas ont donc décidé de changer le messager. Et ils ont confié la chose à un « player’s coach », pas à un préfet de discipline. Ils ont même consenti au successeur de Babcock, Sheldon Keefe, un contrat de trois ans avant même qu’il dirige son premier match. Pas très prudent. Imaginez que plus personne ne l’écoute, lui non plus, en mars prochain. Peut-être qu’un bel intérim doré aurait suffi.

Et Henry?

Si une bête de « coaching » comme Mike Babcock peut être sortie par la négligence et la mauvaise volonté de ses joueurs, imaginez à quoi s’expose un entraîneur sans expérience dont le principal atout est un glorieux passé… de joueur?

La grande majorité des commentaires recueillis après l’embauche du Français sont pourtant favorables. Mes doctes collègues de l’écrit comme de l’électronique ont secoué mes convictions initiales. Mais je reste sceptique. Ébranlé, mais sceptique.

L’expérience d’Henry comme entraîneur-chef se limite à un cuisant échec et à un congédiement. Maurice Richard, Bernard Geoffrion, Wayne Gretzky, Diego Maradonna, Magic Johnson et quelques autres ont montré au fil du temps que les grands joueurs ne font pas les grands entraîneurs.

Avait-on à ce point besoin de cette aura de champion pour oublier d’où elle émane? Le meilleur producteur de pommes fait-il nécessairement les meilleures tartes?

La réponse est pour beaucoup entre les mains d’Olivier Renard qui devra donner à Henry les ingrédients pour confectionner le dessert qu’on attend.

Et si ça fonctionne, le chef pourra, d’ici deux ans, troquer sa toque et passer en première division européenne. S’il échoue, il fera chaud dans la cuisine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports