•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laurence St-Germain à l'école du succès

Une skieuse alpine franchit une porte.

Laurence St-Germain, à Soldeu, en Andorre

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Olivier Paradis-Lemieux

Après une année de pause dans ses études pour se concentrer sur sa préparation olympique, Laurence St-Germain est revenue l’an dernier à sa double vie d’athlète et d'étudiante universitaire, en gagnant même des secondes sur les pentes. Son diplôme maintenant en poche, elle aborde la prochaine saison aux portes d’une place parmi les 10 meilleures du monde.

La spécialiste du slalom a couronné sa meilleure saison sur le circuit de la Coupe du monde avec une 6e place aux Championnats du monde, à Are, en février... et l'achèvement de son baccalauréat en sciences informatiques de l’Université du Vermont.

Ses objectifs étaient plus modestes il y a un an après une saison olympique qui n’avait pas entièrement répondu à ses attentes, trop élevées, juge-t-elle.

« La saison d'avant, j'étais vraiment bien partie. Je n'avais pas réussi à garder le momentum. J'essayais d'en faire trop. Et, au lieu de garder mes objectifs, je me suis dit que j'étais capable et j'ai essayé d'en faire plus. Je pense que ça m'a nui », explique-t-elle. 

« Alors, l'an passé, je me suis dit top 15 tout le temps et d'être constante. Je l'ai fait. Ça m'a vraiment étonnée et j'étais vraiment contente. Je n’ai jamais autant bien rempli un objectif. »

Elle sourit après une descente.

Laurence St-Germain

Photo : Getty Images / Jonathan Nackstrand

Sa seule erreur de parcours a été une disqualification lors de la première manche de la saison, au même endroit où commencera la Coupe du monde de slalom ce wee-kend, à Levi, en Finlande.

Ensuite, régulière comme une horloge, elle n’a pas terminé une course à l’extérieur des 20 premières pour décrocher une 13e place au classement de la discipline.

Un bond de 20 places en un an qui lui permettra de revêtir un dossard nettement plus profitable en début de saison et d’espérer poursuivre sa progression.

« Je veux garder le même état d'esprit, mais en restant constante dans le top 10 plutôt que le top 15. Pour les départs, j'aimerais ça briser le top 7, comme ça, ça me donne des meilleurs départs, parce que c'est 1 à 7, puis 8 à 15, et présentement je suis dans le bloc 8 à 15. Et si je brisais le top 7, je pourrais partir 1re dans une course, ce qui est toujours un avantage », a indiqué l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges.

L'autre avenue vers les sommets

Laurence St-Germain skiait encore l’an dernier sur le circuit universitaire américain tout en se mesurant aux reines du slalom, Mikaela Shiffrin et Petra Vlhova, dans une Coupe du monde presque exclusivement européenne.

Une seule fois la saison dernière, le calendrier universitaire l’a forcé à manquer une manche de la Coupe du monde pour les Championnats nationaux, où elle a continué de faire le plein de confiance en gagnant le slalom et le géant.

Ses résultats et sa progression constante ont fini de lui donner raison face à son équipe nationale, qui n’a pas toujours vu d’un bon œil qu’elle poursuive ses études. Mais avec la disparition de l’équipe de développement, pour des raisons financières, le chemin tracé par Laurence St-Germain ne fait plus figure d’exception. Même que quatre des cinq filles qui forment l’équipe technique canadienne sont présentement à l’école.

C’est le futur! Ils n’ont plus le choix d’ouvrir cette porte et d’accepter le monde universitaire.

Laurence St-Germain

« À un moment donné, tu as un vide à couvrir que l'équipe de développement dans le temps faisait. Je pense que de plus en plus d'athlètes veulent également continuer d'aller à l'école. Je suis contente d'avoir ouvert ce chemin-là avec Erik (Read) et Trevor Philp. C'est sûr que Canada Alpin est plus ouvert, que mes entraîneurs aussi sont plus ouverts. Et je leur ai montré que c'est vraiment possible de le gérer. »

En plus d’avoir appris la discipline et la concentration nécessaires pour conjuguer sport de haut niveau et études universitaires, la skieuse de 25 ans relève également comment les particularités du circuit américain, où ce sont les résultats d’équipe qui compte, lui ont permis d’appréhender d’autres aspects du stress lié à la compétition.

« Pour les championnats universitaires, c'est trois gars et trois filles, en ski alpin et en ski de fond. Et c'est combiné ensemble. Si tu tombes, tu fais zéro point. C'est comme si tu perdais un skieur. Il faut que tu finisses, mais aussi que tu essaies de finir vite. C'est mince comme limite entre attaquer pour gagner et skier pour finir. Ça met pas mal de pression. »

« Je n'ai pas encore été aussi nerveuse que ce que j'ai été au championnat universitaire, surtout l'année dernière. Je ne sais pas si je serai jamais autant nerveuse. Peut-être si je suis première en Coupe du monde après la première descente! Je vais l'avoir vécu, et je pense que ça va être vraiment un gros plus pour moi. »

Désormais bachelière et ayant atteint sa dernière année d’admissibilité sur le circuit universitaire américain, Laurence St-Germain ne compétitionnera plus que sur la plus grande scène mondiale.

De la neige s'échappe derrière ses skis.

Laurence St-Germain

Photo : Getty Images / Alain Grosclaude/Agence Zoom

Elle n’en a pas fini pour autant avec les études.

À sa troisième année en sciences informatiques, les doutes ont commencé à émerger sur son cheminement scolaire. 

« Je me suis rendue compte que je ne savais pas si c'était ça que je voulais faire, dévoile-t-elle. La technologie m'intéresse encore beaucoup, mais je trouvais que l’informatique était un peu trop abstraite. »

En fouillant les programmes de maîtrise dans sa discipline, c’est plutôt le génie biomédical qui l’interpelle. Et la voilà prête à recommencer à Polytechnique, mais à un rythme moins effréné, à temps partiel, le temps de réussir le cours de chimie qui manque à son curriculum pour pouvoir appliquer dans cette sous-discipline, en mars prochain.

« Et vu que mon ski va bien, je voulais me concentrer là-dessus », conclut celle qui est officiellement inscrite en génie électrique cet hiver.

À Levi, samedi, elle pourra évaluer à quel niveau elle se situe après un été fructueux d’entraînement, mais sans avoir partagé la piste avec les skieuses des autres nations. Une étape baromètre, qui ne lui fera pas réviser ses objectifs, même si elle se permet de rêver à un premier podium.

Je pense que ce n'est pas impossible que je fasse un top 5 ou un podium, non plus, mais il faudrait que les étoiles soient un peu alignées cette année.

Laurence St-Germain

En slalom, les deux premières places ont été monopolisées pendant la quasi-totalité de la saison par Shiffrin et Vlhova, gagnantes à elles deux de toutes les courses.

Des deux, c’est la Slovaque qui fait le plus figure de modèle pour Laurence St-Germain, en raison de son gabarit, plutôt similaire au sien, mais elle admire tout autant leur perfection technique.

« Je peux avoir trois virages qui sont comme les leurs en descendant, assure-t-elle, mais elles en font 60 presque parfaits. Elles sont constantes dans leurs résultats, mais aussi dans chaque virage. C'est quand même dur à aller chercher. Je les regarde et j'essaie de faire comme elles. »

À 25 ans, elle souhaite également élargir sa palette et intégrer le slalom géant dans son calendrier. Mais comme les places sont limitées dans l’équipe canadienne, elle sait qu’elle devra faire ses preuves comme elle a su le faire pour le slalom.

Sur les pentes comme à l’école, Laurence St-Germaine aspire à ne pas être une skieuse ou une étudiante « d’une seule discipline ».

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ski et surf des neiges

Sports