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chronique

Thierry Henry doit trouver le fragile équilibre entre démarche et résultats

Il sourit.

Thierry Henry

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Olivier Tremblay

BILLET - A-t-il réalisé un sans-faute en conférence de presse? Probablement. Pertinent, certes, mais aussi posé, charmant, drôle, Thierry Henry s’est comporté comme si rien ne l’atteignait.

Le chantier est pourtant vaste, et la pression, même si le nouvel entraîneur-chef de l’Impact de Montréal y a semblé imperméable comme souvent dans sa carrière de joueur, peut toujours s’imposer de manière sournoise.

Lundi, à sa première rencontre avec les médias depuis sa nomination comme septième entraîneur de l’équipe en MLS, Henry était parfaitement enthousiasmé.

Venu jouer les 45 premières minutes d’un match amical des Red Bulls de New York contre l’Impact, en mai 2011, il était alors « tombé amoureux » de Montréal. Aujourd’hui, il veut d’un club qui s’inscrit dans la vie pétillante de cette ville et veut produire du jeu, à la manière des Arsène Wenger et Pep Guardiola qui ont été ses entraîneurs.

Il l’admet, il y a beaucoup de choses à mettre en place. Mais il l’admet avec l’optimisme d’un ancien joueur de la MLS en terrain connu, qui se réjouit publiquement du fait que ce ne sont pas toujours les plus riches qui gagnent dans cette ligue (même si une tendance inverse semble se dessiner).

Bref, le contexte lui est somme toute favorable. Il donne l’impression d’être tout à fait en phase avec son directeur sportif et son président (et le propriétaire du club, lui souhaite-t-on). Il devrait avoir tout le loisir de développer son projet de jeu, qui s’inscrit dans le discours que tient Olivier Renard depuis son arrivée.

Derrière cette quiétude se cache néanmoins un impératif de résultats. Pour le club, mais aussi, dans une certaine mesure, pour Thierry Henry lui-même.

À tort ou à raison, un mot a souvent été prononcé ou écrit depuis sa nomination : Monaco. C’est là qu’il a accepté son premier poste d’entraîneur-chef en octobre 2018. Le club, en crise, n’avait gagné qu’un de ses neuf matchs en Ligue 1. Le passage d'Henry n’a duré que trois mois. Son équipe a gagné 5 misérables rencontres sur 20.

Il porte fièrement le foulard aux couleurs de l'Impact.

Thierry Henry a officiellement été présenté à la presse montréalaise lundi

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le jeune entraîneur, qui avait pris un gros pari en se lançant dans une situation déjà désastreuse, a essuyé son lot de critiques. Henry n’a pas voulu entrer dans les détails à sa présentation comme pilote du Bleu-blanc-noir, mais il a souligné, bon joueur, que dans ces expériences, « soit on gagne, soit on apprend, et j’ai appris beaucoup là-bas ».

À sa défense, il sait se relever des échecs. Après avoir raté sa demi-année à la Juventus, l'ex-international français s’est réinventé comme attaquant de pointe à Arsenal sous les ordres de Wenger. Lorsque Guardiola l’a replacé à l’aile au FC Barcelone, Henry a connu des difficultés pendant un bon moment avant d’absorber tous les principes du jeu du technicien catalan et d’enfin gagner la Ligue des champions de l’UEFA.

À Montréal, non seulement Henry peut se relever de l’échec à Monaco, mais il est probablement obligé de le faire. Si la sauce devait ne pas prendre, peut-être l’étoile du Français pâlira-t-elle aux yeux d’autres directeurs sportifs.

Henry n’arrive pas dans le gâchis annoncé qu’était Monaco. Il se joint à un club qui, visiblement, voudra lui donner tout le soutien possible, avec une structure organisée comme on en a rarement vu à l’Impact.

Il a d’ailleurs l’occasion de frapper un grand coup dès l’ouverture de son mandat, en février prochain, dans la Ligue des champions de la CONCACAF. Cette compétition a offert aux partisans montréalais certains de leurs moments les plus mémorables au cours de l’épopée rocambolesque jusqu’à la finale perdue en 2015.

C’est dans ce générateur à rêves qu’Henry fera ses débuts à l’Impact. Les fidèles du Bleu-blanc-noir attendent depuis près de cinq ans le retour de leur club sur la scène continentale et la possibilité de refaire un tour d’honneur des Amériques. Mais le nouveau patron en sera au stade des balbutiements de son projet de jeu.

Il a prôné la patience pour cette délicate mise en place. Mais la Ligue des champions, avec ses défis bien particuliers, pourrait être l’occasion pour lui de montrer à ses détracteurs qu’on peut passer à autre chose après l’épisode Monaco. Et de s’acheter le temps nécessaire pour réussir sa mission sans trop de pression.

Pourvu que les éliminatoires de la MLS, qu'Henry n’a jamais ratées comme joueur, soient au rendez-vous. Si on peut ou bien gagner ou bien apprendre, l’état-major de l’Impact doit espérer que son nouveau pilote s’instruira tout juste assez.

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