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« Je détestais Guy Carbonneau » - Peter Stastny

Guy Carbonneau fait son entrée lundi au Temple de la renommée du hockey.

Le 4 février 1996, Peter Stastny est ovationné par plus de 14 000 partisans au Colisée de Québec alors que l'on retire son chandail numéro 26.

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

Radio-Canada

Les vieilles rancunes sont oubliées, la hache de guerre est enterrée depuis longtemps. Entre les grandes victoires et les défaites amères, Peter Stastny se souvient aujourd’hui de Guy Carbonneau comme de l’un des plus grands joueurs de sa génération, à sa manière.

Les entraîneurs du Canadien les ont opposés l’un à l’autre, le destin les a réunis.

Stastny et Carbonneau ont fait irruption dans la Ligue nationale au début des années 1980 et l’ont quitté à quelques années d’intervalle – 1995 pour le premier, 2000 pour le second – non sans avoir été coéquipiers le temps de quelques matchs lors de la dernière saison du Slovaque.

Pendant huit ans, en plein cœur de la rivalité Québec-Montréal, les entraîneurs du CH, d’abord Bob Berry puis Jacques Lemaire, ont confié la responsabilité à Carbonneau de neutraliser Stastny, l’un des plus prolifiques marqueurs de son époque.

Comme il le faisait avec Wayne Gretzky, Steve Yzerman, Mario Lemieux et compagnie, Carbonneau ne lâchait pas d’une semelle le numéro 26 des Nordiques.

Carbo, c’est un joueur qui, comme son équipe, on détestait, mais qu’on respectait.

Peter Stastny

« On se rencontrait un peu trop souvent », a lancé, en français, l’ancienne gloire des Nordiques présente à Toronto en marge de l’intronisation au Temple de la renommée de son ancien adversaire, lundi soir.

Les deux rivaux s’affrontaient huit fois pendant la saison à l’époque. Du printemps 1984 à celui de 1987, les deux équipes ont disputé 20 matchs éliminatoires l’une contre l’autre, le CH remportant deux des trois séries éliminatoires.

Les joueurs de centre se voyaient beaucoup.

« Pendant une saison, on a joué l’un contre l’autre 18 fois. Huit pendant la saison, sept en séries et trois fois en matchs préparatoires à Montréal, Québec et Trois-Rivières », s’est souvenu Stastny.

« Il essayait toujours de me déconcentrer (to get under my skin) […] Il a réussi à me frustrer souvent, mais il n’a jamais dépassé certaines limites. C’est pour ça qu’il était toujours un gentleman sur la glace », a-t-il fait valoir.

Carbonneau a disputé 341 matchs de plus que Stastny dans la LNH, mais a récolté à peine plus de la moitié de ses points (663 contre 1239). Mais qui de mieux qu’un attaquant offensif pour apprécier la qualité du jeu défensif d’un rival.

Gretzky a déjà vanté publiquement les mérites de l’ancien capitaine du Tricolore. Carbonneau confiait la semaine dernière, au micro de nos collègues de l’Ontario, avoir reçu un texto de félicitations de La Merveille il y a quelques jours.

Stastny n’en pense pas moins.

« C’était un symbole du Canadien. Il était le meilleur dans son travail d’attaquant défensif, parce qu’il était un patineur extraordinaire, mais encore plus son intelligence. Il possédait beaucoup de talent offensif, mais c’était son choix de dévouer sa carrière au jeu défensif », a estimé le Slovaque de 63 ans.

Les trois Coupes Stanley de Carbonneau lui ont donné raison. Dans la LHJMQ, l’ancien numéro 21 avait amassé 323 points en 142 matchs à ses deux dernières campagnes à Chicoutimi. Une fois arrivé chez les professionnels, il s’est adapté.

Et pour avoir sacrifié ses statistiques personnelles et mis son ego de côté au profit du projet collectif, le respect de Stastny s’est finalement mué en quelque chose de plus grand encore.

« On était plus une équipe offensive. On jouait un style complètement différent du Canadien. Je symbolisais le style des Nordiques et Carbo, celui du Canadien. C’est derrière nous maintenant. On s’est détestés, mais on s’est respectés. Et aujourd’hui, c’est de l’admiration », a conclu l’ancienne vedette.

J’ai hâte de lui serrer la main.

Peter Stastny

(Avec les informations de Jean-François Poirier)

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