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« Ne te mets pas dans son chemin » : Hayley Wickenheiser, la légende

Hayley Wickenheiser pose devant le logo du Temple de la renommée du hockey à Toronto

Hayley Wickenheiser

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Jean St-Onge

Première femme à jouer au hockey professionnel à une position autre que gardienne, Hayley Wickenheiser a été intronisée au Temple de la renommée du hockey, lundi, à Toronto. Retour sur un parcours d'exception avec des témoins privilégiés de sa carrière légendaire.

Elle demeure la meilleure hockeyeuse de l’histoire de l’équipe canadienne avec 379 points, dont 168 buts, en 276 matchs. C’est 88 points de plus que toute autre joueuse.

Certains parlaient d’elles comme de la Wayne Gretzky du hockey féminin. Danièle Sauvageau, qui l'a dirigée pendant la conquête de l'or olympique à Salt Lake City en 2002, la voit plus comme un Mark Messier, attaquant qui dépassait tout le monde en raison de son intensité.

« Dès qu’elle mettait ses patins, c’était 100 milles à l’heure, raconte-t-elle. Il fallait toujours faire plus, il fallait toujours faire mieux. »

Sans le nommer, Danièle Sauvageau évoque aussi un peu de Maurice Richard.

« Le regard qu’elle avait. Elle revenait au banc et se retournait vers nous comme pour nous dire qu’elle était prête à y retourner.

Quand elle saute sur la glace, ne te mets pas dans son chemin.

Danièle Sauvageau sur Hayley Wickenheiser
Hayley Wickenheiser sert une mise en échec à une joueuse des États-Unis lors des championnats mondiaux.

Hayley Wickenheiser

Photo : La Presse canadienne / ADRIAN WYLD

L'ardeur

Elle était une leader de l’équipe canadienne. Elle a d'ailleurs porté le « C » de capitaine pendant plusieurs saisons. Mais son leadership n’était pas nécessairement effectué avec des mots.

Pendant plus de 22 ans, Hayley Wickenseiser a donné l’exemple aux jeunes joueuses qui s’amenaient avec l’équipe canadienne.

La gardienne Kim St-Pierre, médaillée d’or aux Jeux de Salt Lake City, de Turin et de Vancouver, a été marquée par l’ardeur au travail de son ancienne coéquipière.

« Son éthique de travail était au-dessus de tout, se souvient-elle. Même pour un échauffement, juste à la regarder, j’étais fatiguée. »

« Elle était toujours prête à embarquer sur la glace avant tout le monde. Elle restait pour les entraînements des gardiennes, pour effectuer les lancers. Elle n’en avait jamais assez. »

« C’est une grande passionnée du sport qui voulait toujours devenir meilleure. »

« C’est sûr qu’elle avait un super lancer, mais elle n’était pas une joueuse de finesse, poursuit-elle. Elle s’imposait physiquement pour aller chercher les rondelles le long des bandes et foncer au but. »

Elle a toujours été très intense. C’est ce dont elle avait besoin pour être la meilleure joueuse, et ça a bien fonctionné pour elle.

Kim St-Pierre
Hayley Wickenheiser avec sa médaille d'or olympique et le drapeau canadien au-dessus de la tête sur la patinoire à Vancouver

Hayley Wickenheiser

Photo : The Canadian Press / Jonathan Hayward

L’exceptionnelle

Comme Guy Lafleur, Wayne Gretzky ou Sidney Crosby, on a vu Hayley Wickenheiser arriver de loin.

Elle n’avait que 15 ans quand elle a participé à son premier Championnat du monde avec le Canada.

À cette époque, Danièle Sauvageau était encore avec la Fédération québécoise. Elle se souvient bien des débats entourant sa venue en équipe nationale.

« C’est en 94 à Lake Placid, raconte-t-elle. La décision a été prise à ce moment-là de la faire jouer dans un Championnat du monde, même si elle n'avait que 15 ans. Est-ce qu’elle peut jouer et est-ce qu’elle peut avoir un impact? Si elle ne joue que quelques minutes et que ça ne l’aide pas à se développer, vaut mieux prendre une joueuse plus âgée.

« Je la vois encore. Elle était plus petite que les autres. Elle n’avait pas encore développé de masse musculaire. »

Mais, très tôt, on pouvait voir qu’elle avait un sens du hockey plus avancé que les autres. C’était une jeune joueuse qui voyait les choses se développer beaucoup plus rapidement que les autres.

Danièle Sauvageau
Hayley Wickenheiser, porte-drapeau du Canada à Sotchi, entre dans le stade lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2014.

Hayley Wickenheiser

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Avec les hommes

Il n’y a pas si longtemps, les joueuses des équipes nationales devaient se tourner vers le hockey masculin pour jouer dans des ligues et maintenir un haut niveau entre les compétitions internationales.

Hayley Wickenheiser a été une pionnière dans ce domaine.

Comme bien des joueuses de l’équipe nationale, elle avait presque exclusivement joué contre des garçons jusqu’à l’âge de 13 ans.

Entre les Jeux de Nagano et de Salt Lake City, Danièle Sauvageau a été nommée adjointe à l’entraîneur Gaston Therrien avec le Rocket de Montréal.

Wickenheiser, qui cherchait toujours à s’améliorer, est venue s’entraîner avec cette équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Louis Robitaille, maintenant entraîneur des Tigres de Victoriaville, était alors une recrue avec le Rocket. Il se souvient très bien de ce moment.

« C’était déjà une icône, une des meilleures joueuses de hockey au monde. C’était vraiment une joueuse très intelligente et je me rappelle qu’elle avait marqué une couple de buts contre Frédérik Brind’Amour. Il n’y a pas eu de friction. »

C’était comme si on avait un joueur de la Ligue nationale avec nous, mais c’était une joueuse de hockey féminin. J’avais 17 ans. J’avais les yeux grands. Je me rappelle que nous étions allés la voir jouer au Centre Bell dans la série contre les États-Unis. C’était de beaux moments dont je vais me rappeler toute ma vie.

Louis Robitaille, entraîneur des Tigres de Victoriaville

Après cette expérience en compagnie de joueurs juniors, Wickenheiser a poussé l’aventure jusque dans les rangs professionnels en Europe.

Elle devait d’abord jouer en Italie, mais la Fédération italienne interdisait la présence féminine au sein des équipes masculines.

Hayley Wickenheiser célèbre un but lors de son premier match avec une équipe masculine suédoise en 2007.

Hayley Wickenheiser

Photo : The Associated Press / CONNY SILLEN

Elle a ensuite eu sa chance dans une ligue de troisième division en Finlande, où elle est devenue la première femme à marquer un but, avant de jouer en Suède quelques années plus tard.

Je pense qu’elle avait toujours rêvé de jouer au hockey professionnel et elle s’est donné les outils pour y arriver. Elle s’est donnée au hockey. Toute sa vie était centrée sur le hockey.

Danièle Sauvageau

La petite joueuse de la Saskatchewan a fait le tour du monde avec ses patins et ça l’a menée jusqu’au Temple de la renommée à Toronto.

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