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La suspension des activités du Fury, une énième épine dans le pied de Maxim Tissot

Il observe le jeu se développer à l'entraînement.

Maxim Tissot

Photo : Twitter/Fury FC d'Ottawa

Olivier Tremblay

Les coups du sort suivent le Gatinois Maxim Tissot. L’ancien défenseur de l’Impact de Montréal devait trouver la stabilité chez lui, au Fury d’Ottawa, après des fins de parcours abruptes dans ses derniers clubs. Mais la malchance s’est encore abattue sur lui : l’équipe ottavienne ne jouera pas en 2020, et Tissot doit trouver un nouveau projet.

Lorsque les Deltas de San Francisco ont fermé boutique, en 2017, Tissot connaissait l’échéance depuis plusieurs mois. Il assure toutefois que, cette fois, il ne se doutait pas que son club cesserait ses activités.

Le défenseur de 27 ans se compare et se console. Un de ses compagnons d’infortune, l’Ontarien Nana Attakora, a des airs de fossoyeur de clubs depuis 2015 : ses quatre dernières équipes ont mis la clé sous la porte. Les trois précédentes sont les Scorpions de San Antonio, les Strikers de Fort Lauderdale et les Deltas.

Néanmoins, pour la première fois de sa carrière, Tissot a pensé à la retraite pendant quelques jours.

« Ça m’a traversé l’esprit, a-t-il avoué en entrevue téléphonique. On dirait que, depuis que je suis parti de l’Impact, c’est embûche après embûche. Ça n’arrête jamais. Je me dis que ce sont peut-être des signes depuis le début et que je devrais écouter! Mais j’aime trop ça, jouer. »

Les raisons qu’a évoquées le Fury pour sa décision avaient de quoi rappeler les complications de décembre 2018, lorsque le club disait subir des pressions de la CONCACAF pour quitter la United Soccer League (USL) et se joindre à la Première Ligue canadienne.

Les joueurs soupçonnaient bien qu’un scénario semblable pouvait se produire cette année. Mais jamais, affirme Tissot, l’effectif a cru que le club suspendrait ses opérations. Le directeur général Julian de Guzman, en larmes pendant l’annonce de la fin de l’équipe, a lui-même appelé tous les joueurs dans les heures qui ont précédé la conférence de presse.

« Parce que ç’a été fait tôt, il faut voir ça comme si le club avait choisi de ne pas lever ton option et qu’il fallait te trouver une nouvelle équipe, croit Tissot, philosophe. Je pense que c’est la meilleure manière de le voir. Je ne pense pas qu’on a beaucoup de gars dans l’équipe qui ont passé à travers ça. Peut-être seulement Nana et moi. Mais ce n’est pas plus facile parce qu’on l’a vécu. Je pense même que c’est plus difficile. »

Une réadaptation qui fait réfléchir

La douleur est d’autant plus aiguë pour Tissot qu’il venait de vivre quelques mois encourageants après la période la plus éprouvante de sa carrière : une blessure et une période de réadaptation qui, de son propre aveu, lui avaient fait comprendre à quel point il était bien à la maison.

Touché au quadriceps pendant la présaison de 2018, il n’a même pas joué l’équivalent d’un match en entier cette saison-là : 82 minutes de jeu très exactement en 4 rencontres de la USL et du Championnat canadien.

C’est dans cette dernière compétition que tout a basculé. Le 27 juin 2018, en quarts de finale contre l’AS Blainville, il a subi une de ces blessures enrageantes qu’on s’inflige soi-même. Aucun contact avec un adversaire, une simple course et c’est terminé : déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche.

Le 20 août, Tissot s’est retrouvé sur la table d’opération à l’hôpital Montfort à Ottawa. La réadaptation a commencé. Première étape : atteindre la pleine extension de l’articulation du genou. Selon le protocole, le patient doit généralement y arriver un mois après la chirurgie.

Tissot a dû y travailler pendant six mois.

« Vu que je n’avais pas l’extension complète, je ne pouvais pas renforcer les muscles adéquatement, à leur plein potentiel, explique-t-il. J’ai dû travailler doublement fort pour renforcer ces muscles-là. Pendant un petit moment, vers le mois de mars, je doutais que j’allais pouvoir revenir assez rapidement dans la saison 2019. »

La raison d'être de cette embûche hâtive réside dans le choix préopératoire qu’a fait Tissot. Il ignorait tout de cette procédure qui comprend une greffe de tendon.

Son chirurgien, le Dr Andy Marshall, lui a présenté toutes les options, dont celles des greffons artificiel ou prélevé sur un patient décédé. Le Dr Marshall a recommandé à Tissot de recevoir une autogreffe du tendon rotulien.

Après avoir parlé à de nombreux athlètes qui ont subi la même blessure que lui, Tissot a constaté, de concert avec les recherches du physiothérapeute du Fury Adrian Huynh, que le problème d’extension du genou était récurrent chez les patients qui optent pour la greffe du tendon rotulien.

« Je regarde d’autres gens que je connais qui ont eu recours à autre chose comme la greffe du tendon quadricipital ou du tendon des ischiojambiers, et on dirait qu’ils se blessent encore, souligne Tissot. Ç’a pris plus de temps, mais avec le recul, je suis très content de l’avoir fait de cette manière-là. On a pensé que ma précédente blessure au quadriceps avait peut-être causé la rupture. C’était donc hors de question de prendre le tendon quadricipital, et le muscle qui travaille avec ce tendon, c’est l’ischio. Je crois que ç’a été la bonne décision. »

« Je veux gagner »

Le calvaire s’est finalement achevé le 6 juillet dernier lorsque Tissot est revenu au jeu. Quatre jours plus tard, il inscrivait un but d’anthologie en Championnat canadien, à Halifax, d'une magnifique frappe enroulée dans le coin supérieur au second poteau, deux petites minutes après être entré en jeu comme remplaçant.

Le Gatinois a finalement franchi la barre des 1000 minutes au dernier match de la saison du Fury, un objectif que Huynh avait fixé en catimini pour son protégé.

Le genou va très bien. Il ne manque plus qu’un club.

« Je veux gagner, répond Tissot quand on lui demande ce qu’il recherche comme projet. Si je voulais m’identifier à quelque chose, je l’avais déjà à Ottawa, et je ne pense pas pouvoir retrouver ça ailleurs, sauf à Montréal. Je veux gagner, me sentir valorisé. C’est ce que je vais chercher pour l’année prochaine, peu importe où. »

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