•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Max Domi doit-il abandonner le centre?

Il est défendu par le défenseur Damon Stevenson.

Max Domi se dirige vers le filet des Devils.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Alexandre Gascon

C’était la première fois depuis qu’il s’est joint au Canadien que Max Domi disputait un match à l’aile. Une première en 102 rencontres. Il a donné l’impression de vouloir quitter les flancs le plus vite possible.

Tantôt nonchalant, parfois véritable électron libre, Domi a offert une prestation en dents de scie à l’aile gauche d’un trio qu’a piloté Nick Suzuki et qu’a complété Joel Armia.

En lettres de feu, dans le ciel, il était écrit que Domi, éventuellement, aurait à quitter la position qui lui a permis d’éclore à l'attaque l’année dernière, car le CH regorge de jeunes centre doués et naturels.

Le Tricolore a d’ailleurs toujours présenté cette stratégie comme une solution temporaire. L’organisation avait tenté le coup avec Jonathan Drouin il y a deux ans, sans grand succès. Claude Julien a joué son va-tout l’année dernière en y allant d’une seconde prise de risque considérable lorsqu’il a placé le petit attaquant dans l’axe.

Avait-il seulement le choix, cela dit?

La surprise a été heureuse, d’accord, mais ça demeurait une surprise. Pas un plan de match.

Avec la confiance grandissante et le jeu intelligent de Suzuki, avec le retour de Jesperi Kotkaniemi, avec l’efficacité redoutable de Phillip Danault et de Nate Thompson, chacun dans leur rôle, on se demandait quand Claude Julien passerait à l’acte.

Il l’a fait contre les Devils du New Jersey, samedi soir, au cours d’un match que le CH aurait probablement dû gagner, mais qu’il a perdu. Pourquoi? Ne soyez pas si hâtifs, on y vient.

Une grande sécheresse

Domi traverse sa plus grande sécheresse depuis son arrivée à Montréal. Le jeune homme de 24 ans a marqué un but à ses 15 derniers matchs. Il a inscrit 3 points lors des 10 derniers.

Récemment, il n’était que l’ombre de lui-même, plutôt nuisible au cercle des mises au jeu et accaparé par les responsabilités défensives du joueur de centre.

Possible que le joueur du Tricolore n’ait pas été enchanté de la décision de son entraîneur. Après tout, Max Domi en est à la dernière année de son contrat et son camp a déjà entamé quelques discussions préliminaires avec Marc Bergevin.

Il devra parapher une nouvelle entente et il souhaite certainement arriver à la table avec de jolis chiffres pour appuyer ses demandes.

Or, depuis qu’il joue au milieu, sa production primaire (buts et premières passes) a bondi, comme le démontre le graphique suivant.

Bien qu’il puisse très bien poursuivre sur sa lancée à l’aile gauche, rien ne le garantit. Et normalement, les joueurs de hockey aiment ce qui est garanti, ils chérissent leurs habitudes.

De vieux travers

Domi a explosé en troisième période. Celui qui n’avait commis aucune infraction depuis le début de l’année – une séquence de 29 matchs d’affilée si on remonte à l’an passé – s’est fait punir 3 fois en 7 minutes.

Lorsqu’il a écopé d’une double pénalité mineure pour avoir d’abord frappé le bâton de son adversaire qui traînait au sol et ensuite invectivé les arbitres, Claude Julien fulminait. Wayne Simmonds a profité de cette supériorité numérique pour créer l'égalité avec moins de cinq minutes à écouler à la rencontre.

« C’est de ma faute », a sèchement laissé tomber Domi au cours d’un point de presse d’à peine une minute.

A-t-il raison de se juger si sévèrement, Claude? « Absolument », s’est contenté de dire l’entraîneur.

« Quand tu pousses le bâton d’un joueur, c’est une punition, c’est dans le livre […] Il a pris ses responsabilités et il doit le faire », a-t-il ajouté deux minutes plus tard.

Pour bien des joueurs, l’équilibre est précaire entre la passion ardente et la colère. Pour Domi, c’est un combat perpétuel. Ça fait aussi partie de son charme et de son talent.

Voilà pourquoi Claude Julien disait encore récemment qu’il « ne veut pas lui enlever ce qu’il a ».

« Parce que c’est bon. Comme je le dis toujours, j’aime mieux retenir un joueur qu’être obligé de lui donner des coups de pied. Dans le cas de Max, il est intense. C’est bon pour nous et c’est bon pour lui », racontait le pilote du CH il y a une dizaine de jours.

Julien le pense sûrement encore, mais on ne se serait pas aventuré à le lui rappeler samedi soir.

Prendre ses responsabilités

L’ensemble de l’œuvre de son équipe l’a déçu d’ailleurs. Montréal s’est tiré dans le pied en accordant encore une fois un but dans la dernière minute d’un engagement. Deux fois dans le match. Ça porte le total de l’équipe à 11 cette saison, un sommet dans la LNH.

« C’est inacceptable si tu veux gagner des matchs de hockey. C’est ce qui nous a coûté le match ce soir. C’est clair que ça ne peut pas arriver. Quand tu donnes une échappée et un deux contre un avec 30 secondes, tu es sur le jeu de puissance. Ces actions nous appartiennent », affirme Julien.

Il poursuit sa longue diatribe : « Ce qu’on a vu c’est que quand tu joues deux matchs en deux soirs, ce qui peut te donner des chances de gagner, c’est que tu dois être mentalement alerte. Ça compense la fatigue, des fois. »

Peu importe ce que tu vois : la punition à Domi, les buts dans les dernières minutes, deux fois, etc. Ces choses nous ont coûté un point. Il faut que tu sois capable de prendre tes responsabilités pour être capable de t’améliorer.

Claude Julien

L’équipe n’était pas mentalement alerte, a dit l’entraîneur, et l’un de ses rouages les plus importants non plus. La frustration d’une production déficiente? La morosité d’être passé du centre à l’aile?

C’est certainement difficile à accepter pour le numéro 13. Domi est le meilleur pointeur du Canadien depuis son arrivée avec 85 points en 102 matchs. Il pointe au 50e rang de la ligue depuis le début de l’année 2018-2019.

En trois ans en Arizona, il avait accumulé 135 points en 222 rencontres au 117e rang du circuit Bettman. Mais peut-être cela n’a-t-il pas grand-chose à voir avec sa position et beaucoup avec sa nouvelle équipe, un style de jeu qui lui convient, un environnement qui le motive.

Le Tricolore a perdu un point contre les Devils, entre autres, par sa faute. L’équipe doit pouvoir compter sur la maturité de Domi et sa production offensive. Parce que même si Claude Julien le renvoie au centre bientôt, une option très réaliste, la solution ne sera encore que temporaire. Ultimement, il devra laisser sa place.

Les jeunes arrivent. Et ils se débrouillent bien.

En rafale

Certains joueurs du CH ont eu l’impression de s’être fait voler la rencontre par les arbitres. Il est vrai que les responsables de l’ordre se sont avérés inconstants, ne distribuant aucune punition en première période, deux en deuxième et neuf en troisième.

Ils ont aussi refusé un but à Phillip Danault en toute fin de match parce qu’il aurait botté la rondelle... avec ses hanches. Quelques minutes plus tard, le même Danault se retrouvait au cachot en prolongation et Kyle Palmieri tranchait le débat en avantage numérique.

« Il m’a dit qu’il y avait eu un mouvement de coup de pied. Premièrement, c’était mes culottes et, deuxièmement, le joueur adverse a mis la main sur la rondelle. Déjà là, en partant, c’est un lancer de punition. Et je me suis fait pousser dans le filet. Je ne suis vraiment pas d’accord avec la décision. C’est un mauvais call », a lancé le Québécois.

Julien l’a interprété autrement : « Le règlement est clair, si on pousse la rondelle avec n’importe quelle partie de notre corps, il n’y a pas de but. C’est de la façon que les arbitres l’ont vu. Tu respectes et tu vas de l’avant. »

Par ailleurs, Charles Hudon a eu 8 minutes de jeu à peine pour se faire valoir. Rappelé à la dernière minute samedi matin pour pallier l’absence de Paul Byron, Hudon a connu un match honnête, sans plus. Il n’a effectué aucune présence au dernier engagement en raison des très nombreuses punitions de part et d’autre.

Le Canadien l’a cédé au Rocket de Laval après la rencontre, laissant croire que Byron pourrait être de retour dès mardi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports