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Le nageur Sun Yang conteste la validité d'un test antidopage devant le TAS

Ils sont assis à une table.

Sun Yang (à droite) et son avocat Ian Meaking devant le TAS

Photo : afp via getty images / JEAN-GUY PYTHON

Agence France-Presse

Une carrière en jeu : le nageur chinois Sun Yang est accusé d'avoir détruit un échantillon de sang avec un marteau. Il risque jusqu'à huit ans de suspension. Il a contesté la validité du contrôle subi en septembre 2018, vendredi, devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Les personnes chargées du prélèvement « n'étaient pas capables de me montrer les documents prouvant leur identité. Donc comment pouvais-je les autoriser à prendre mon échantillon », a déclaré Sun, interrogé par les avocats de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Triple champion olympique, à Londres en 2012 et à Rio en 2016, et titulaire de 11 titres mondiaux entre 2011 et 2019, Sun estime aussi que les documents qui lui ont été présentés par les contrôleurs « n'étaient pas valides ».

Le nageur, qui n'a pas reconnu avoir détruit l'échantillon de sang, s'est exprimé en chinois et ses propos étaient traduits en anglais.

Un rapport explosif du comité antidopage de la Fédération internationale de natation (FINA), rédigé en janvier, a confirmé que Sun avait détruit en septembre 2018 son propre échantillon de sang avec un marteau lors d'un contrôle inopiné.

L'AMA a interjeté appel devant le TAS après que la FINA eut blanchi l'athlète de 27 ans sur un vice de forme. Cela lui avait permis de participer aux mondiaux, à Gwangju, en Corée du Sud, à la fin juillet. Plusieurs nageurs ont alors manifesté leur mécontentement.

Au terme d'une audience publique qui durera toute la journée, Sun ne connaîtra pas la décision qui sera mise en délibéré avant d'être rendue à une date que le TAS n'a pas précisée.

L'AMA, qui estime que le nageur a « volontairement refusé de se soumettre à un prélèvement », réclame une suspension qui peut aller de deux à huit ans.

« Vous avez dit, dans votre témoignage, que la personne en charge du contrôle ne vous a pas prévenu des conséquences de refuser de donner votre sang, confirmez-vous », lui a demandé Brent Rychener, avocat de l'AMA.

« Ils ne m'ont jamais dit cela, ce n'est absolument pas professionnel, ils n'ont jamais mentionné cela pendant les deux heures » du contrôle, a répondu Sun, costume noir, chemise blanche et cravate bleue, interrogé pendant plus d'une heure.

Problème de traduction

L'audience a été marquée par plusieurs problèmes sérieux de traduction, entre le chinois et l'anglais, obligeant les avocats ou les trois juges-arbitres à reposer ou à préciser leurs questions. Cela a conduit le président du tribunal à présenter ses excuses publiquement.

« Les interprètes sont nommés par les parties et pas par le TAS, donc nous n'avons pas de contrôle sur la qualité des services d'interprétation », a expliqué en marge de l'audience Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS.

« Par exemple, les interprètes chinois ont été choisis par l'équipe de Sun. Les problèmes de traduction, cela ralentit la procédure [...] Les témoins doivent répéter leurs réponses ou les questions. Ce n'est probablement pas dans l'intérêt des parties et pas dans l'intérêt de la justice », a encore souligné M. Reeb.

L'audience est exceptionnelle à plus d'un titre. Pour la deuxième fois seulement dans l'histoire du TAS, et à la demande de Sun Yang, l'audience est en effet publique et donc ouverte aux médias, alors qu'en général les affaires sont traitées à huis clos.

De plus, les débats entre les trois juges-arbitres et les avocats de Sun, de la FINA et de l'AMA, sont retransmis en direct sur Internet.

Enfin, pour faire face à l'afflux de médias, le TAS a dû quitter son siège de Lausanne pour s'installer provisoirement dans un grand hôtel de Montreux.

La seule et unique audience publique du TAS à ce jour a concerné la nageuse irlandaise Michelle Smith de Bruin, en 1999, là aussi pour une affaire de dopage.

S'il est suspendu, Sun disposera d'un ultime recours devant le Tribunal fédéral suisse, qui siège à Lausanne.

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