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Éternel 2e du Tour de France, Raymond Poulidor est mort

Ils sont sur la piste d'un vélodrome et portent un bouquet de fleurs sur leur guidon.

Jacques Anquetil et Raymond Poulidor à l'arrivée du Tour de France en 1964

Photo : The Associated Press

Agence France-Presse

Héros populaire par excellence et incarnation de l'éternel second, la légende du cyclisme français Raymond Poulidor est décédée mercredi à l'âge de 83 ans, emportant avec lui tout un pan de l'histoire du sport tricolore.

Celui qui était surnommé affectueusement « Poupou » est mort dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été hospitalisé début octobre au centre hospitalier de Saint-Léonard de Noblat (centre-ouest de la France), qu'il n'a pas quitté depuis.

L'annonce a été faite par son épouse Gisèle. « Raymond était très fatigué depuis le dernier Tour de France », avait-elle expliqué peu après son hospitalisation.

Le coureur au palmarès remarquable, à huit reprises sur le podium final du Tour de France entre 1962 et 1976, qui a toujours couru après le maillot jaune, était surtout un champion accessible et laborieux, méritant et malchanceux.

Ces caractéristiques ont forgé sa légende tout autant que ses succès au fil d'une carrière terminée à 40 ans passés. Un demi-siècle plus tard, toujours présent au village-départ des étapes du Tour, il continuait à signer des autographes à des admirateurs de tous âges.

Réactions nombreuses

« Ses exploits, son panache, son courage resteront gravés dans les mémoires. "Poupou", à jamais maillot jaune dans le coeur des Français », a écrit sur Twitter le président Emmanuel Macron.

Il place ses mains sur les épaules du président.

Raymond Poulidor en compagnie du président français Emmanuel Macron

Photo : The Associated Press / Jean-Pierre Clatot

Pour Romain Bardet, dernier Français à s'être glissé parmi les trois premiers du Tour (2e en 2016, 3e en 2017), Poulidor était un personnage vraiment emblématique, adoré du public.

« Il faisait le lien avec le cyclisme ancré dans les territoires. Je me souviens de lui sur le Tour, mais aussi dans des courses de clochers, à côté des organisateurs. Il représente ce qu'est le vélo, un sport populaire et accessible. »

Un riche palmarès

Né le 15 avril 1936 dans une famille modeste des Gouttes, hameau d'un petit village de la Creuse (centre-ouest), Masbarraud-Mérignat, Poulidor s'est imposé sur le vélo comme le rival de Jacques Anquetil, sa parfaite antithèse, pour devenir une figure majeure du sport de la France.

Malgré ses échecs répétés sur le Tour, Poulidor deviendra rapidement « Poupou » pour le grand public, qui appréciait la sportivité et la simplicité du champion.

Son nom est également vite devenu une sorte de marque déposée, une étiquette accolée en France à ceux qui ne savaient pas gagner. Un qualificatif injuste pour celui qui a collectionné 189 succès durant sa carrière.

Vainqueur de Milan-Sanremo (1961), dès sa deuxième saison chez les professionnels sous la direction d'Antonin Magne, longtemps son mentor, il a aussi remporté le Championnat de France sur route (1961), la Flèche wallonne et le Grand Prix des Nations (1963), le Tour d'Espagne (1964), le Dauphiné (1966 et 1969) et Paris-Nice (1972 et 1973).

En 1964, il a enlevé le Super-Prestige Pernod, désignant le meilleur coureur de la saison. La même année, dans le Tour de France, il a livré un duel homérique à Jacques Anquetil sur les pentes du Puy-de-Dôme.

Le Limousin est parvenu à distancer le Normand, mais insuffisamment pour endosser le maillot jaune. À Paris, il s'est incliné finalement de 55 secondes.

Il a définitivement quitté la compétition à la fin de l'année 1977. Mais avant de tirer sa révérence, il a été le plus rude adversaire d'Eddy Merckx dans le Tour de France de 1974 (2e), à 38 ans, avant de monter sur le podium du Championnat du monde à Montréal (2e), toujours derrière le Belge.

« C'est une grande tristesse. Pendant ma carrière, on était adversaires, mais après je l'ai côtoyé souvent [...] J'ai passé des vacances avec lui, une semaine de neige dans les Alpes françaises. C'est une grande perte, un grand ami qui s'en va », a déclaré Eddy Merckx à l'AFP.

Une fois à la retraite, il est resté un personnage incontournable du Tour, cultivant également son incroyable popularité par des activités de consultant et, jusqu'à ces dernières années, des visites dans toute la France pour s'occuper des vélos portant son nom.

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