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Le Canadien, une équipe en progression

Ils s'enlacent.

Nick Suzuki (no 14), Nick Cousins (no 21), Tomas Tatar (no 90) et Phillip Danault (no 24)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Alexandre Gascon

Une formation robuste qui contrecarre la vitesse du Canadien, du hockey de rattrapage pendant toute la rencontre, un retard à combler avec moins d’une minute à écouler : voilà le genre de match que le Tricolore aurait eu beaucoup de difficulté à renverser l’an dernier.

Il y est parvenu, mardi soir, contre les Blue Jackets.

Ces mêmes Blue Jackets qui avaient complètement embouteillé le CH l’an dernier dans le match le plus crucial de la saison, le 79e, lorsque les deux rivaux luttaient bec et ongles pour une des deux dernières places disponibles.

Cette fois, c’était sans Artemi Panarin, Matt Duchene et Sergei Bobrovsky, mais le plan de match n’avait pas dévié pour autant.

Columbus frappait alors tout ce qui bougeait et Montréal n’avait jamais trouvé de réponse. La bande à John Tortorella, excessivement agressive en échec avant, a opté pour la même stratégie avec moins de succès cette fois.

Ils ont beau avoir distribué 28 coups d’épaule contre 21 et avoir fait perdre leur calme à Shea Weber et à Max Domi, surprise, tour à tour, l’équipe est restée confiante.

« Je leur ai dit de rester concentrés. Tous les matchs ne seront pas faciles. On n’aura pas toujours un ou deux buts d’avance. Tu dois te battre pour aller chercher ce genre de victoires », a expliqué Claude Julien.

Et ils se sont battus. Brendan Gallagher a d’abord créé l’égalité sur un tir de loin, un bien mauvais but accordé par Elvis Merzlikins, le portier de Riga.

Quand Zach Werenski a donné l’avance aux siens à 1 min 53 s de la fin, il y a eu cette réplique de Nick Suzuki, une passe transversale mirifique à Tomas Tatar pour forcer la prolongation.

C’était le deuxième but de la saison du Canadien à 6 contre 5, soit un de plus que durant toute la dernière campagne. Montréal était d’ailleurs dernier à ce chapitre, sur un pied d’égalité avec le Lightning. Mais lorsque vous gagnez 62 matchs, les occasions de retirer votre gardien se font plus rares.

Le CH de l’édition 2019-2020 (10-5-3) vient d’ailleurs de mettre le nez devant sa version de l’année précédente (9-6-3).

« On n’arrête pas de répéter qu’il y a 82 parties. Elles ne se ressembleront pas toutes. Parfois, tu dois aller les arracher », a lancé Claude Julien.

Une chance qu’elles ne se ressemblent pas toutes, remarquez, parce qu’on doute que les parents aient dû se battre bien longtemps avec leurs enfants pour les coucher après deux périodes.

Les Blue Jackets disputaient un bon vieux « match de route » à la perfection et le spectacle en a fait les frais.

Cela aura surtout été un test pour le moral des troupes, parce que sans Carey Price et ses 33 arrêts, il n’y aurait pas eu de débat.

« Il n’y avait pas grand-chose qui se passait. Ils ont eu plus de chances de marquer que nous, Carey a fait de gros arrêts. Il n’y a pas vraiment une ligne qui roulait comme du monde. Il n’y avait pas d’espace en zone neutre. Et en zone défensive, ils ont connu un bon match. On sort avec deux points pareil », a fait valoir Jonathan Drouin, unique marqueur de la séance de tirs de barrage.

Carey Price a les yeux sur la rondelle.

Durant les tirs de barrage, Carey Price a arrêté la tentative de Cam Atkinson.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les bonnes équipes remportent bon nombre de victoires qu’elles auraient dû perdre théoriquement. C’est un peu ce que le Canadien a réussi.

Avec un Carey Price au sommet de son art, avec la confiance d’un jeune qui se démarque, avec le talent d’un Drouin investi qui peut faire basculer un match d’une seule feinte même lorsqu’il connaît une rencontre, disons, sobre, on voit à l’œuvre une équipe potentiellement plus dangereuse que l’an passé.

Plus expérimentée aussi.

« L’an dernier, il nous fallait apprendre à jouer avec l’avance et à finir ce genre de match. On a acquis beaucoup d’expérience et on l’utilise cette année », a estimé Tomas Tatar.

« C’est exactement la différence avec l’année dernière, a renchéri Phillip Danault. La culture qu’on a. Tout le monde est acharné, tout le monde veut gagner. Le rythme qu’on a, notre système de jeu. Tout le monde achète ça et tu vois que la confiance est là avec ce qu’on a bâti l’année dernière. »

Price en pleine maîtrise

C’était du grand Carey Price mardi soir. Il a repoussé une grande quantité de tirs directement dans l’enclave. Que ce soit Pierre-Luc Dubois ou Alexander Wennberg à deux reprises dans les dernières minutes du match, le numéro 31 les a dominés d’une tête.

Ses statistiques individuelles comme sa moyenne de buts accordés de 2,65 et son taux d’efficacité de ,916 n’ont rien d’exceptionnels, mais Price s’est quand même dressé en quelques occasions depuis le début de l’année.

Il avait tenu le fort lors du deuxième match de la saison à Toronto pour permettre à son équipe d’orchestrer une poussée de quatre buts d’affilée pour vaincre les Leafs. Il a volé un point à lui seul à Philadelphie et il vient de le faire à nouveau contre Columbus.

« C’est le Carey qu’on connaît, on est habitués à ça. Ça fait longtemps qu’il le fait, même avant que je sois arrivé. Il est calme, il garde l’équipe dans le match quand, pas qu’on le mérite pas, mais quand l’autre équipe joue un peu mieux que nous. Ça nous donne confiance de savoir qu’il est là, en arrière. Que ce soit un deux contre un, un trois contre trois, on le sait que Carey est là », a estimé Drouin.

Carey est là. Et même si l’équipe progresse et qu’elle ne s’en remet plus autant à son gardien vedette pour la mener aussi loin que possible, ça demeure la meilleure nouvelle pour le CH.

En rafale

Phillip Danault a été impeccable dans le cercle des mises au jeu avec un taux de réussite de 71 % (20 sur 28).

Il a, entre autres, gagné celle à 6 contre 5 en fin de match pour mener au but de Tatar. Après un début de saison plus difficile dans cet aspect du jeu, le voilà maintenant à 52,4 % de succès.

Claude Julien n’a pas hésité un instant avant de lancer Nick Suzuki sur la glace avec moins d’une minute à jouer, tandis que le Canadien était désespérément à la recherche du but égalisateur. La patience, la maturité avec laquelle il a effectué son jeu a donné raison à l’entraîneur.

« Il n’est pas nerveux du tout. Il a confiance en ses moyens. On le voit sur le jeu de puissance, il est très confiant avec la rondelle, c’est un de nos meilleurs de ce côté-là, c’est naturel pour lui. Il n’y a aucune gêne à le mettre dans ces situations-là parce qu’il est capable de bien les gérer », a indiqué Julien.

Ça s’est un peu moins bien passé pour l’autre recrue de 20 ans, Ryan Poehling. L’Américain n’a joué que 7:50 et le Canadien a annoncé l’avoir cédé au Rocket de Laval dans la Ligue américaine après le match.

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