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Les blessures au tennis sont-elles inévitables avec des saisons plus longues?

Elle reçoit des soins pour sa blessure au genou.

Bianca Andreescu

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

Alexandre Coupal

Les blessures font souvent la manchette au tennis. Parallèlement, les saisons semblent s’allonger.

Récemment, la Coupe Laver, un événement exhibition organisé par Roger Federer, s’est ajoutée au calendrier. Et l’ATP a décidé de ressortir sa Coupe du monde, qui renaîtra de ses cendres en janvier prochain. La seule pause au calendrier masculin se résume au mois de décembre. Ce n'est pas le cas pour les femmes. Elles ont un tournoi à l'horaire en décembre, en plus de la Fed Cup, qui elle est restée échelonnée sur l'année.

Alors, la question est tentante. La rigueur du calendrier est-elle la cause du nombre de blessures? La réponse est comme on les aime : oui et non.

« Le calendrier en tennis est vraiment très contraignant. Des fois, il y a des blessures d’usure, des blessures de fatigue », selon Guillaume Marx, l’entraîneur de Félix Auger-Aliassime.

« Ce n’est pas nécessairement qu’il y en a trop, c’est que la période entre les tournois est trop courte », soutient de son côté Virginie Tremblay, la préparatrice physique de Bianca Andreescu, dont la saison a pris fin abruptement à cause d'une blessure aux finales de la WTA.

« Je pense qu’il y a plus de blessures qu’à une certaine époque. Je pense que c'est dû peut-être à l’accélération du jeu qui est peut-être plus physique », pense pour sa part Louis Borfiga, vice-président du développement de l’élite à Tennis Canada.

Un joueur qui connaît une bonne saison va jouer de 70 à 80 matchs. Dans les années 1970 et 1980, il approchait la centaine. À l’époque, les Internationaux d’Australie étaient souvent disputés dans le temps des Fêtes, et le calendrier s'échelonnait sur toute l’année.

S’il y a moins de matchs aujourd'hui, ceux-ci sont plus rudes en raison de l’augmentation de la force et de la vitesse. Et par conséquent, la question de la quantité de matchs disputés en une saison reste pertinente.

C’est évident que si on empile les matchs, évidemment que c’est un risque en plus pour les joueurs et les joueuses.

Louis Borfiga, vice-président du développement de l'élite à Tennis Canada
Ils sont assis à une table pour rencontrer les médias.

Michael Downey, le président de Tennis Canada, Louis Borfiga et l'entraîneur Guillaume Marx

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Que faire?

La solution simpliste voudrait qu’on diminue le nombre de tournois, donc le nombre de matchs.

« Ce qu’il faudrait faire, c’est d’avoir un calendrier où il y a quand même des périodes de repos, peut-être une au milieu de l’année, et une un peu plus longue à la fin de l’année. Ce serait peut-être faisable. Mais ça ne se fera pas, le circuit tourne, le calendrier tourne », explique Guillaume Marx.

Dans le sport professionnel en général, la modulation du nombre de matchs ou d’événements ne va que dans un seul sens, en augmentant. Diminuer le nombre de tournois serait un spectaculaire contre-exemple.

C’est sûr que les joueurs et les entraîneurs veulent jouer le plus de tournois. Il y a une question de classement, d’argent aussi.

Virginie Tremblay, préparatrice physique de Bianca Andreescu
Elles s'enlacent après une victoire.

Virginie Tremblay et Bianca Andreescu (de dos)

Photo : La Presse canadienne / Chris Symes

La bonne nouvelle

Le tennis n’a peut-être pas besoin d’une solution globale. Chacune des équipes autour d’un joueur ou d’une joueuse a un gros mot à dire sur son calendrier. Les membres du top 50 masculin sont obligés de disputer les tournois Masters 1000, mais cette charge de travail ne représente que 9 tournois. Du côté des femmes, 4 tournois Premier Mandatory (où 1000 points sont en jeu) sont obligatoires. Et évidemment, tout le monde veut prendre part aux quatre rendez-vous du grand chelem. Pour le reste, c’est au choix. Une vingtaine de tournois est nécessaire pour se maintenir au classement.

Disons que si l’entraîneur établit le bon programme, il n’y a pas trop de matchs.

Louis Borfiga

Le défi réside dans l’adaptabilité. Les résultats, meilleurs ou moins bons que prévu, vont influencer les choix. Les blessures aussi forcément. Et il faut composer avec la personnalité de l’athlète quand vient le temps d’imposer un repos.

« Tous les athlètes sont très différents là dessus. Certains voient ça d’un bon œil, ils sentent qu'ils sont fatigués. Il y en a d’autres, ceux qui ont eu l’habitude de construire leur confiance sur la compétition, ça va être beaucoup plus dur de leur faire accepter », confie Guillaume Marx en ajoutant que son protégé, Félix Auger-Aliassime, fait partie du premier groupe.

Quand une situation nécessite des arguments, l’équipe de préparation physique est là.

Le tennis est un sport de rotation. Alors, plus on frappe, plus on fait de rotations. Et s’il n’y a pas d’entraînement pour renforcer les abdominaux et tout ce qui est région lombaire, il peut y avoir des faiblesses.

Virginie Tremblay

« La blessure à l’épaule est quand même assez fréquente à cause des services [...] On peut voir aussi des blessures aux genoux à cause de tout ce qui est déplacement sur le terrain [...] Et l’autre, c’est le dos, qui est vraiment central dans tout ce qui est transfert d’énergie, de force, de poids », ajoute-t-elle.

Les joueurs et joueuses ont donc tous les outils en main. Une bonne planification, du repos et des entraînements de renforcement peuvent mener loin. Ne reste plus que la fatalité.

« La blessure fait partie du haut niveau. Le sport est maintenant tellement intense que l’athlète va être amené à se blesser. Il faut essayer de prévenir les blessures en s'améliorant beaucoup sur la récupération, sur l’alimentation, mais on ne pourra pas avoir des saisons sans blessure. Ça fait partie du jeu. »

Pour cela, par contre, personne n’a de solution.

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