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Don Cherry, un habitué de la controverse

Don Cherry (à gauche) et Ron McLean

Don Cherry (à gauche) et Ron McLean

Photo : CBC

Radio-Canada

Don Cherry a perdu son emploi deux jours après avoir tenu des propos controversés sur les nouveaux immigrants dans son segment Coach’s Corner à l'émission phare Hockey Night in Canada. Le chroniqueur de 85 ans n'en était pas à sa première controverse. En voici une courte liste.

La guerre en Irak

En mars 2003, Don Cherry s’en était pris à la foule montréalaise du Centre Bell, qui avait hué l’hymne national américain pour protester contre la guerre que venaient de lancer les États-Unis en Irak, sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies.

Profitant de sa plateforme entre la première et la deuxième période du match, il avait déclaré qu’en raison du comportement des partisans du Canadien, « des années de fierté avaient pris le bord ».

Avec sa cravate aux couleurs du drapeau des États-Unis, il n’avait pas mâché ses mots et avait aussi dénoncé l’absence d’appui du gouvernement canadien à la guerre en Irak.

« Je déteste les voir seuls [les États-Unis] là-bas. Ces gars-là sont là à donner tout ce qu’ils ont et on se contente d’en profiter », avait-il lancé.

Face à cette sortie, son comparse à l’antenne, Ron MacLean, avait tenté de calmer le jeu.

Rappelant que le Canada était dans son droit de refuser de participer à cette guerre, MacLean avait demandé: « Pourquoi devrions-nous attaquer l’Irak s’il ne nous a pas attaqués? »

La CBC avait alors reçu plus de 1500 appels et courriels dénonçant les propos de l’ancien entraîneur-chef des Bruins de Boston et des Rockies du Colorado.

Le réseau, qui avait l’habitude de rendre la chronique disponible sur son site Internet, s’était abstenu dans le cas de cet épisode.

Don Cherry en veston sobre, arborant un coquelicot.

Le commentateur de hockey Don Cherry

Photo : Reuters / Chris Wattie

Sa vision de la visière

Il y a aussi eu cette sortie de janvier 2004. Après avoir fait l’apologie de la visière comme mesure de protection, Cherry s’en est pris à ceux à qui il reprochait de se cacher derrière elle. Il a alors nommé les joueurs européens et francophones.

Il avait alors eu recours à une vidéo pour exposer sa thèse. On y voyait Patrick Kaleta, des Sabres de Buffalo [pourtant né aux États-Unis, NDLR), mettre en échec un joueur des Maple Leafs, et ensuite tenter d’échapper au dur à cuire torontois Colton Orr.

« Il fait sa grande gueule avec sa visière, a dit Cherry à propos de Kaleta. Regardez-le faire la tortue. Regardez-le choir sur la glace. Il a une grande gueule, et voilà le résultat », avait-il lâché en décrivant les images.

C’est à la suite de cet incident que la CBC avait instauré un délai de sept secondes à la mise en ondes de Coach’s Corner pour éviter les débordements indésirables de Cherry.

Contre les femmes dans les vestiaires

En avril 2013, Don Cherry s'est prononcé contre la présence des femmes dans les vestiaires des équipes de la LNH.

Il s'appuyait cette fois sur une situation qui avait vu le défenseur Duncan Keith, des Blackhawks de Chicago, tenir des propos que certains témoins avaient qualifiés de sexistes à l'endroit d'une journaliste de Vancouver.

Se disant en accord avec l'attitude de Keith, Cherry y était ensuite allé du récit de sa propre expérience.

« Je me souviens de la première fois où ça m'est arrivé, a-t-il raconté. Les gars se promenaient nus et j'ai entendu la voix d'une femme. Je me suis retourné et elle m'a posé une question au sujet de l'avantage numérique. Je lui ai alors proposé de sortir et elle m'a dit qu'elle n'était pas embarrassée. Je lui ai alors dit que je l'étais  », a raconté Cherry.

Face à un Ron MacLean visiblement embarrassé à qui il a demandé s'il accepterait qu'un homme se promène dans un vestiaire où se trouverait son épouse, Cherry en a rajouté.

« Je ne crois pas que les femmes sont [nos] égales, a-t-il dit. Je crois qu'elles sont au-dessus de nous. Elles sont placées sur un piédestal, et elles ne devraient pas circuler dans les vestiaires où se promènent des hommes nus. Et certains gars tirent avantage de cette situation et je ne crois pas qu'ils le devraient. »

Tessa Bonhomme, une médaillée d'or olympique avec l'équipe canadienne de hockey féminin qui couvrait les activités des Maple Leafs, avait alors souligné qu'elle n'avait encore jamais vu un joueur nu dans un vestiaire et que ce n'était pas ce qu'elle y cherchait.

Les changements climatiques

En février 2018, Don Cherry a traité de « fêlés » (cuckaloos) ceux qui croient aux changements climatiques.

Durant l’entracte d’un match opposant les Maple Leafs aux Bruins, marmotte en peluche en mains (c’était au lendemain du jour de la marmotte), Cherry avait demandé à Ron MacLean si lui et ses « amis gauchistes bien pensants » pouvaient expliquer leur crainte du réchauffement de la planète face à la vague de froid qui balayait le Canada.

Là encore, de nombreux Canadiens indignés, y compris la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, avaient manifesté leur indignation sur les médias sociaux.

En ce domaine, Cherry n’en était pas à ses premières attaques. En 2008, il avait vivement réagi à une vidéo de David Suzuki qui faisait la promotion du Jour de la Terre. Il avait qualifié le célèbre environnementaliste de « main au service de la gauche ».

La « bande d'imbéciles »

Plus récemment, et envers une cible plus sportive, Don Cherry s’en est pris aux joueurs des Hurricanes de la Caroline.

Il les avait traités de « bande d'imbéciles » (bunch of jerks) en réaction à leurs rituels chorégraphiques pour célébrer leurs victoires.

« Ça ne me dérange pas s'ils veulent s'amuser avec ça. Je suis sûr que certains joueurs sont gênés. Mais quand le propriétaire [Thomas Dundon] dit "Soyez plus divertissants", je suppose que c'est ce qu'ils appellent divertir », avait-il déclaré.

Don Cherry en a même ajouté en déclarant « qu'au Canada, du moins la plupart des personnes que je connais au Canada, vénèrent le jeu. Je ne pense pas que ce soit un secret. Je suppose que je suis le seul à l'avoir dit haut et fort, mais je pense tous les mots que j'ai dits ».

« Nous appelons la coupe Stanley le Saint-Graal au Canada, et voici que ces imbéciles font une pantomime après leurs victoires », avait-il ajouté.

La séance de «Limbo » version Hurricanes

La séance de «Limbo » version Hurricanes

Photo : Getty Images / NHL/Gregg Forwerck

Ces petites mises en scène, baptisées Storm Surge, faisaient le plaisir des partisans des Hurricanes et de nombreux amateurs de hockey à travers l'Amérique du Nord.

L’équipe avait réagi en imprimant des t-shirts avec la mention « Bunch of Jerks » que les partisans ont portés fièrement jusqu’en finale de l'Est.

Rappelons qu’en 2004, Don Cherry avait terminé 7e dans un vote pancanadien mis de l’avant par CBC visant à élire les 10 plus grandes personnalités de l’histoire du pays.

Le scrutin libre avait obtenu la participation de plus de 140 000 personnes.

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