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Les Alouettes s'inclinent devant les Eskimos en demi-finale de l'Est

Le porteur des Alouettes William Stanback plonge pour gagner un premier jeu contre les Eskimos d'Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

La saison des Alouettes de Montréal a pris fin dimanche après-midi au stade Percival-Molson. Les Eskimos d'Edmonton l'ont emporté 37-29 pour se qualifier pour la finale de l'Est de la Ligue canadienne de football.

Les Alouettes ont tenté deux ultimes poussées dans les trois dernières minutes de jeu, mais Vernon Adams fils a été intercepté à deux reprises, mettant fin aux aspirations montréalaises.

« On est déçus, c'est sûr qu'on voulait gagner, mais si on regarde la totalité de la saison, on doit se réjouir un peu. On a fait un pas dans la bonne direction pour cette équipe et cette ville », a déclaré le secondeur des Alouettes Hénoc Muamba après la rencontre.

Les Eskimos feront face aux Tiger-Cats de Hamilton en finale de l'Est, dimanche prochain.

Tout au long de la dernière semaine, un peu tout le monde dans l'entourage des Alouettes a souligné à quel point il allait être important de presser le quart Trevor Harris des Eskimos d'Edmonton.

La défense montréalaise n'a pas réussi à le faire et Harris a réussi ses 22 premières passes de la rencontre. Il a terminé la première demie avec 23 passes réalisées en 24 tentatives pour des gains de 257 verges et une passe de touché. Harris n'a pas vraiment été inquiété avant le quatrième quart et il en a grandement profité. Il a terminé la rencontre avec 421 verges de gains.

C.J. Gable a inscrit deux majeurs au sol pour les vainqueurs. Calvin McCarthy a réussi l'autre sur une passe de Harris. Whyte a réussi des placements sur 43, 25, 35 et 17 verges pour compléter la marque.

William Stanback, au sol, et Mario Alford, sur un spectaculaire retour de botté d'envoi de 99 verges, ont marqué les autres touchés des Alouettes, qui ont aussi profité d'un placement de 30 verges de Boris Bede.

« Défensivement, nous avons laissé tomber l'équipe, a admis le vétéran ailier défensif John Bowman. En première demie, nous avons raté tellement de plaqués. C'est de notre faute. Ils ont amassé tellement de verges après les attrapés. Nous n'étions pas très bons. Mais cette équipe se bat toujours et nous nous sommes placés en position pour l'emporter, mais nous sommes demeurés à court. »

La deuxième passe incomplète de Harris est survenue à un peu plus de 10 minutes de la fin. Elle a alors été interceptée par Woody Baron, après avoir été déviée par Bowman. Les visiteurs menaient alors 34-22. Quand Vernon Adams fils a franchi la ligne des buts après une électrisante course de 10 verges quelques jeux plus tard, les Alouettes n'accusaient plus qu'un retard de cinq points.

Les Alouettes ont eu l'occasion de se sauver avec ce match à moins de deux minutes de la fin, mais la deuxième interception du match de Josh Johnson a fermé les livres. Sean Whyte a alors réussi son cinquième placement du match, sur 36 verges, pour donner une avance de huit points aux Eskimos.

« On a réussi à avoir le ballon souvent offensivement. Alors défensivement, c'était juste une question de pouvoir leur fermer la porte. JJ [Josh Johnson] a réussi une superbe performance avec trois interceptions en demi-finale », a raconté le joueur de ligne défensive des Eskimos, Mathieu Betts.

Les Alouettes ont alors repris à leur ligne de 34 avec 56 secondes à faire. Félix Faubert-Lussier a ensuite échappé une courte passe d'Adams alors qu'il était fin seul sur les lignes de côté. Adams a tenté le gros jeu sur sa tentative suivante, mais Johnson a réussi sa troisième interception du match.

« Toute l'année, en pareilles situations, nous avons réussi à gagner des matchs, mais aujourd'hui [dimanche], il ne restait pas suffisamment de magie à la fin, a raconté le centre Kristian Matte. Je suis encore un peu sous le choc, car j'ai encore l'impression que c'est possible. Mais ils ont réussi plus de jeux que nous. Il faut leur donner le mérite. »

« Cette équipe n'abandonne jamais, c'est pourquoi je suis si fier d'elle, a indiqué l'entraîneur Khari Jones les yeux humides après la rencontre. Plusieurs équipes auraient jeté l'éponge bien avant. Pas celle-ci. »

L'émotion était d'ailleurs palpable dans le vestiaire après la rencontre. Plusieurs joueurs ont fait le tour des lieux afin de s'assurer d'enlacer chacun de leurs coéquipiers. Plusieurs d'entre eux pleuraient. Certains, comme Félix Faubert-Lussier, étaient inconsolables devant leur casier et les membres des médias les ont laissés tranquilles.

« Depuis quelques années, autant j'adore le football, c'était rendu difficile de venir travailler. Cette année, ç'a complètement changé, a dit Matte avant de devoir prendre une pause pour se ressaisir. Quand on aime les gars avec qui on joue, quand on aime l'entraîneur, ça fait une grosse différence. »

« Je veux le revoir l'an prochain, il n'y a pas de doute pour moi, a-t-il dit au sujet de Jones. J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir cette année. J'aime beaucoup mes coéquipiers, je n'en échangerais aucun pour rien au monde. Ça fait mal. Mais il faut quand même garder la tête haute. Plusieurs pensaient que nous n'avions rien ici à Montréal. Nous avons été capables de leur prouver qu'on a de bons joueurs. Nous sommes en train de créer quelque chose qui pourrait ressembler à ce que nous avions dans le temps. Si on est capables de continuer dans la même veine, ça va être beau à voir d'ici les prochaines années.' »

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