•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Samuel Girard, jeune champion heureux à la retraite

Samuel Girard

Photo : images de tournage

Radio-Canada

La Coupe du monde de patinage de vitesse sur courte piste prend son envol vendredi à l’aréna Maurice-Richard. Charles Hamelin, à 35 ans, est encore la tête d’affiche de l’équipe masculine du Canada.

Celui qu’on voyait comme son dauphin, Samuel Girard, sera ce week-end chez lui, à Ferland-et-Boilleau où il travaillera à la construction de sa maison en compagnie de son beau-père.

Girard en a surpris plusieurs, le printemps dernier, lorsqu'il a annoncé sa retraite du patinage de vitesse à 22 ans seulement.

Premier patineur nord-américain à remporter le 1000 m en courte piste aux Jeux olympiques, Girard s'est retiré après une fulgurante carrière qui lui a valu 2 médailles olympiques, 6 aux Championnats du monde et 28 en Coupe du monde.

Certains parlaient de blues post-olympique, d’autres ont évoqué la rigueur de l’équipe nationale, mais le malaise était plus profond que cela. C'était une « écoeurantite aigüe », dit-il.

Le monde du sport amateur, tel que je l’ai vécu, était fait pour que je le fasse pendant un certain temps, mais pas pendant 15 ans. Faut pas que ça devienne un travail, une obligation de me lever le matin. Je l’ai toujours fait par plaisir. C’est là que j’étais rendu. Je me levais par obligation d’y aller. Je n’ai jamais voulu ça.

Samuel Girard

Ses proches n’ont pas été renversés par cette décision, même si ses parents s’attendaient à ce qu’il continue jusqu’aux Jeux de Pékin, en 2022, avant de rentrer à la maison et de passer à autre chose.

Dès la première épreuve de Coupe du monde, l’automne dernier, à Calgary, Kasandra Bradette a noté que son Samuel n’avait pas son étincelle habituelle.

Il se contentait de dire qu’il n’était « pas dedans », pas en forme, pas complètement prêt. Quand on lui parlait de blues post-olympique, il se demandait combien de temps ça pouvait bien durer.

Il a fini la saison avec trois médailles, dont une d’or au 500 m à Almaty au Kazakhstan.

À ses derniers Championnats du monde, il a décroché l’argent au 1500 m. Mais, peu importe les résultats, il en avait assez.

Après avoir tourné en rond sur une patinoire pendant près de 20 ans et, surtout, après avoir passé six ans à Montréal, loin de ses terres, Samuel Girard a décidé de faire ce dont il avait vraiment envie.

Au même moment, sa conjointe Kasandra, 30 ans, a aussi décidé de raccrocher ses patins, et c’est à Ferland-et-Boilleau que le couple bâtit son avenir.

On voit des échafaudages derrière eux.

Samuel Girard et Kasandra Bradette dans leur maison en construction

Photo : Images de tournage

Pas facile, la vie d’athlète

La vie d’athlète d’élite demande énormément de sacrifices et d’abnégation. Même si le patinage de vitesse sur courte piste est un sport individuel, toute la structure d’entraînement tourne autour de l’équipe nationale.

Les sacrifices deviennent encore plus importants si vous habitez en région et que vous devez vous déraciner pour aller vous entraîner à temps plein.

La saison de courte piste s’étend de novembre à mars, mais l’équipe est quand même à Montréal 11 mois par année.

Quand on écoute Samuel Girard, on a l’impression qu’il avait atteint sa limite et qu’il était trop tard pour lui. Mais il aimerait que les patineurs puissent à l'avenir bénéficier d’une structure plus individualisée.

Ce n’est pas une semaine ici [à Ferland-et-Boilleau] qui aurait fait que je n’aurais pas gagné une médaille, trois mois plus tard aux Championnats du monde… Ça commence par la flexibilité des entraînements, des entraîneurs, des organisations pour en arriver à un équilibre qui est sain pour la personne, pour l’athlète.

Samuel Girard

Quelques mois plus tard, il ne regrette aucunement sa décision et ne pense pas à revenir.

« Je ne veux pas dire jamais, parce qu’il y a toujours quelqu’un pour te le remettre sur le nez… Mais je ne vois pas pourquoi je voudrais revenir au patin. »

En tout cas, si jamais il change d’idée, ce n’est pas le nouvel entraîneur de l’équipe masculine canadienne, Sébastien Cros, qui s’en plaindra.

« C’est sûr qu’un patineur de ce talent, avec les qualités qu’il a, il revient quand il veut, lance Cros. Il n’y a pas de problème. »

(D'après un reportage de Jean-François Poirier, diffusé vendredi au Téléjournal 22 h)

Patinage de vitesse

Sports