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Badou Jack, prochain adversaire de Jean Pascal, est « une tête de gagnant »

Un boxeur court dans le ring.

Badou Jack

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Jean-François Chabot

L’entraîneur Stéphan Larouche est un passionné. Comme son protégé Jean Pascal, il carbure aux défis. Il en a refait un champion et est prêt à tout pour qu’il le reste.

Moins de cinq mois après avoir décroché le titre des mi-lourds de la WBA, Pascal (34-6-1, 20 K.-O.) remontera dans le ring le 28 décembre, à Atlanta, pour une première défense de sa ceinture contre Badou Jack (22-2-3, 13 K.-O.).

Stéphan Larouche voit en ce Suédois de 36 ans un opposant qu’il ne faudra pas prendre à la légère.

« Badou Jack est une tête de gagnant. Quand il prend une décision dans le ring, c’est généralement la bonne. Il a gagné deux championnats du monde dans deux catégories de poids différentes (168 lb et 175 lb) », a-t-il confié jeudi à Radio-Canada Sports.

L'entraîneur décrit Jack comme un boxeur très actif dans un ring.

C’est un boxeur qui lance souvent entre 600 et 1000 coups de poing durant un combat. En plus, il est très précis avec 35 % à 40 % de ses coups qui touchent l’adversaire, un taux d’efficacité rarement atteint à la boxe.

Stéphan Larouche, entraîneur de Jean Pascal

Il en veut aussi pour preuve la courbe toujours croissante du nombre de coups par round que décoche Jack, passant d’une quinzaine de coups dans les premiers rounds à près d’une centaine au fur et à mesure que le combat avance.

Il ne perd pas de vue que s'il a accepté d’affronter Pascal, c’est parce qu'il croit qu’il a une chance de gagner.

Quand Jean a battu Ahmed Elbiali à Miami, quand il a vaincu Marcus Browne à Brooklyn, on était très conscients qu’ils nous avaient choisis. Et c’est là que ça devient l’fun. Jean Pascal en ce moment fait du trouble. C’est le cheveu dans la soupe, le sable dans l'engrenage. Il ne devait pas gagner ces combats-là. Il les a gagnés. Les promoteurs [américains, NDLR] veulent tasser Jean de là. C’est pour cette raison qu’ils ont placé Badou Jack sur sa route. On est très conscients de ça.

Stéphan Larouche
Stéphan Larouche dans un gymnase de boxe

Stéphan Larouche

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Ce dernier promet que Pascal se présentera fin prêt.

« On va avoir devant nous le meilleur Badou Jack qu’on a vu, parce qu’il a eu une bonne pause pour se remettre de son dernier combat contre Marcus Browne en janvier. Il avait été victime d’une profonde coupure. Mais Jean est un gars décidé. Il est en mission. Il veut laisser sa marque à travers le Québec et probablement dans l’histoire de la boxe au Canada », lance Larouche.

C’est sous le soleil et les palmiers, dans un lieu gardé secret, que Jean Pascal peaufinera sa préparation au cours des huit prochaines semaines.

« Le téléphone sonne déjà »

Fait intéressant, Jean Pascal affirme avoir déjà été contacté par Golden Boy Promotions dans la perspective d’un éventuel combat face à Saul « Canelo » Alvarez, qui a ravi le titre des mi-lourds de la WBO à Sergey Kovalev samedi dernier. Le Québécois a d'ailleurs assisté à ce combat à Las Vegas.

« Le téléphone sonne déjà », avait indiqué Pascal au terme de l’entrevue qu’il a accordée, mercredi, à Radio-Canada Sports.

Larouche s’est toutefois empressé de refermer cette fenêtre.

Jean doit d’abord se concentrer sur le prochain combat et battre Badou Jack. Sans ça, son téléphone ne sonnera plus du tout et les promoteurs jetteront son numéro à la poubelle.

Stéphan Larouche

Le risque calculé de « Canelo »

Larouche voit par ailleurs dans la victoire de « Canelo » Alvarez une gestion habile et intelligente de la part du Mexicain dans le choix de son adversaire.

« Ce combat était très intrigant de prime abord. Sauf que les gens qui suivent et connaissent la boxe ont vu le changement de Kovalev au fil du temps. On a aussi vu la progression constante de Canelo », fait-il remarquer.

Selon Larouche, Kovalev avait perdu beaucoup de sa superbe dans ses deux défaites face à Andre Ward, de même que lors de son revers par K.-O. contre Eleider Alvarez.

Ce n’était pas le même Kovalev qu’on a vu ici à Montréal. Je ne veux rien enlever à Ward ou à Eleider, mais le Kovalev qui s’est battu contre Jean Pascal n’existe plus.

Stéphan Larouche

Dressant un parallèle avec le hockey, Larouche a comparé la version actuelle de Kovalev à celle d’un joueur en fin de carrière dans la LNH.

« Dans ses dernières années, Jaromir Jagr ne jouait plus sur le premier trio. Il avait de la misère à faire le club. Kovalev a du mal maintenant à rester champion. Il n’a plus la vitesse, le jeu de pieds ou le contrôle de la distance qu’il avait. »

Larouche estime de plus que le fait de monter de deux catégories de poids constituait un risque bien calculé pour Canelo, physiquement très solide et très habile en défense.

Alvarez et l'arbitre regardent Kovalev en train de s'affaisser dans les câbles.

Saul « Canelo » Alvarez vient de mettre Sergey Kovalev hors de combat au 11e round.

Photo : Getty Images / Steve Marcus

« Quand Kovalev a repris la ceinture WBO des mains d’Eleider Alvarez, il a éliminé la droite de son rival en bougeant constamment à sa droite. En voyant ça, Canelo s’est dit : "Il est très connu, il est plus gros que moi, mais il n’a pas de puissance." Il n’y avait donc pas de risque. Le combat a été plus long que prévu, mais pas plus dur que prévu. »

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