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Jean Pascal, un champion loin de ses terres

Jean Pascal

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jean-François Chabot

Jean Pascal a souvent juré qu’il redeviendrait champion du monde. Il y est parvenu, mais le voilà contraint de défendre son titre en terres ennemies.

Le nouveau champion des mi-lourds de la WBA n’est pas le seul à vivre cette réalité qui le prive du plaisir de boxer à la maison devant ses partisans.

Eleider Alvarez, Artur Beterbiev et, dans une certaine mesure Adonis Stevenson au cœur de son règne, ont tous été à la merci des vrais décideurs : les réseaux de télévision et les diffuseurs américains.

Même si, exception faite de son duel spectacle face à Steve Bossé, Pascal ne s’est pas battu à Montréal depuis juin 2017 (contre Alvarez), le boxeur de 37 ans ne s’en offusque pas.

« C’est un peu malheureux pour les fans et pour moi. C’est une question d’affaires. Les réseaux de télévision aux États-Unis sont puissants. Ils mettent beaucoup d’argent pour présenter les combats et s’assurer qu’ils aient lieu aux États-Unis », a expliqué Pascal à Radio-Canada Sports.

En l’absence de têtes d’affiche auxquelles ils peuvent se raccrocher, les amateurs, eux, boudent de plus en plus les cartes proposées par les promoteurs d’ici.

Et même quand on annonce de rares soirées au Centre Bell ou au Centre Vidéotron de Québec, les amphithéâtres sont en configuration réduite à 4000 ou 6000 spectateurs.

Je pense qu’on a été gâtés pendant quelques années. On a été tellement habitués d’avoir de gros événements avec de gros noms, des légendes de la boxe, que les gens sont maintenant beaucoup moins intéressés par les combats de moindre envergure.

Jean Pascal, champion du monde des mi-lourds de la WBA
Jean Pascal assène un coup de poing de la gauche à Marcus Browne.

Jean Pascal (gauche) et Marcus Browne (droite)

Photo : Getty Images / Al Bello

Confiance renouvelée

Cette fois, c’est à Atlanta, le 28 décembre, qu’il devra combattre pour cette première défense de sa ceinture face au Suédois Badou Jack (22-2-3, 13 K.-O.).

Comme à chacun de ses quatre ou cinq duels précédents, les amateurs (et même certains experts) sont nombreux à parler du fameux combat de trop.

Jamais à court de confiance, Pascal sourit en rappelant qu’il a toujours fait taire ses dénigreurs.

« Je sais ce dont je suis capable. Je sais dans quoi je m’embarque. Les gens ont leur opinion, mais ce sont des gérants d’estrade. Ils ne connaissent pas ce qui se passe en coulisses, à l’entraînement ou ce qui se passe dans le gym », répond Pascal.

Je suis le seul qui saura quand le temps sera venu d’arrêter. Je suis le seul à disposer de tous les indices pour décider d’arrêter ou de continuer. Pour l’instant, je sais que j’ai encore du gaz dans la tank. Même si les mauvaises langues disaient qu’il était temps de partir, je les ai fait mentir encore une fois. Ce n’était pas la première fois et ce ne sera pas la dernière.

Jean Pascal

Pascal est redevenu champion du monde en battant Marcus Browne (23-1, 16 K-.O.) à Brooklyn, en août, pour lui infliger son unique défaite.

Quelques mois auparavant, en janvier, Browne avait eu raison de Badou Jack par décision unanime à Las Vegas.

Il montre sa ceinture des mi-lourds de la WBA.

Jean Pascal

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jean Pascal reconnaît cependant que cette victoire contre Browne et le fait de mettre la main sur un autre titre mondial a beaucoup fait pour rebâtir sa confiance amochée après ses défaites contre Eleider Alvarez et Dmitry Bivol.

« Pour dire la vérité, c’est vraiment un grand changement. Après Bivol, la confiance n’était plus la même. Dire qu’on a encore du gaz dans la tank est une chose, mais là je l’ai prouvé sur papier en battant Browne », dit-il.

À plein régime

C’est ainsi que Pascal a expliqué à quel point il lui avait été plus facile, cette fois, de reprendre l’entraînement avec enthousiasme et énergie.

Il revient d’un précamp de quatre semaines à Porto Rico. Il entre maintenant dans la phase principale de sa préparation qui durera huit semaines.

Pascal sait que Badou Jack ne sera pas un adversaire de tout repos.

Je n’ai jamais de client facile. J'ai toujours affronté les meilleurs. Malheureusement pour moi, mais heureusement pour les fans, ça donne toujours de bons spectacles. C’est un bon défi. Mais j’ai beaucoup plus d’expérience et de gros combats que Badou Jack, même s’il a été champion du monde dans deux catégories différentes.

Jean Pascal

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