•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Max Domi, d’élève turbulent à élève modèle

Max Domi

Max Domi

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

Alexandre Gascon

Souvent indiscipliné et hors de contrôle l’année dernière, Max Domi affiche une retenue et une impressionnante emprise sur lui-même cette saison. Expérience et maturité semblent avoir changé la donne dans son cas.

Dans une bande dessinée, la fumée lui serait sortie par les oreilles bien souvent en 2018-2019. Domi était le Yosemite Sam de Bugs Bunny, le Colère du film Inside Out (si vous n’avez pas l’image en tête, prenez un instant).

Chaque fois que l’adversaire le frappait tardivement ou lui décochait un petit coup de bâton plutôt inoffensif, mais provocateur, le numéro 13 perdait contenance. Au point où ça semblait presque faire partie du plan de match de l’adversaire pour déconcentrer le meilleur marqueur du Canadien.

Mardi, contre les Bruins, le fils de Tie a eu maille à partir avec Charlie McAvoy en première période. Après une mise en échec du défenseur de Boston, les deux joueurs se sont retrouvés au centre de la glace pour échanger quelques politesses.

Là où, jusqu’à tout récemment, l’on voyait Domi exploser, les deux antagonistes se sont éloignés chacun de leur côté sans réellement se chercher noise par la suite.

En 15 matchs cette saison, Max Domi n’a reçu aucune punition.

« Il n’a pas perdu son désir de se mêler dans des altercations, mais il sait se retenir. On l’a vu hier d’ailleurs, il n’a pas poussé au point où ça lui a coûté », a expliqué Claude Julien mercredi.

C’était pourtant une constante chez le petit joueur de centre du Tricolore. Il a été le joueur le plus puni de son équipe à ses deux dernières campagnes. L’an passé, à la mi-mars, Domi pointait au 3e rang des joueurs les plus punis du circuit avec 30 infractions mineures.

Puis, soudainement, depuis le matin du 17 mars, il a un comportement exemplaire. L’ancien des Coyotes ne s’est plus jamais retrouvé au banc des punitions. Une séquence de 25 matchs.

Aux yeux de l’entraîneur, il s’agit de la quête d’un équilibre fragile entre intensité et indiscipline, un idéal difficile à atteindre.

Voilà pourquoi Claude Julien « ne veut pas lui enlever ce qu’il a. »

« Parce que c’est bon. Comme je le dis toujours, j’aime mieux retenir un joueur qu’être obligé de lui donner des coups de pied. Dans le cas de Max, il est intense. C’est bon pour nous et c’est bon pour lui », a-t-il ajouté.

Brendan Gallagher en connaît long sur le sujet.

Ne nuis pas à ton équipe. Tu ne peux pas l'aider quand tu es sur le banc des punitions.

Brendan Gallagher

L’ailier droit a passé toute sa carrière à naviguer dans ces eaux troubles. Dans son cas, c'était principalement parce qu’il tentait n’importe quoi pour déranger le gardien adverse. Lui non plus n’a été sanctionné cette année.

Un travail de longue haleine qui s’est amorcé par une certaine empathie envers les arbitres.

« J’ai dû travailler là-dessus. L’important était de bâtir une relation avec les arbitres. Je comprends que ma façon de jouer rend leur travail plus difficile. Quand j’ai commencé à trouver la ligne, ils ont commencé à montrer plus de respect envers moi, envers ma façon de jouer », a expliqué le meilleur marqueur de l’équipe.

Domi, à 24 ans, est-il en train d’assimiler cette leçon, selon Gallagher?

« Peut-être un peu, a-t-il admis. C’est un gars qui joue avec énormément d’émotions et je ne pense pas qu’il a reçu une punition cette année […] Plus il est sur la glace, mieux c’est pour nous. Il est énorme. Évidemment, un de nous va en avoir une maintenant. »

Brendan Gallagher essaie de contourner Jake Muzzin.

Jake Muzzin et Brendan Gallagher

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

« Évidemment, je ne passerai pas 82 matchs sans avoir de punition », a renchéri Gallagher.

Évidemment. N’est pas Oliver Bjorkstrand qui veut.

Qui? Oliver Bjorkstrand. L’homme le moins puni de l’histoire pour une saison complète de 82 rencontres, soit 2 punitions mineures. C’était avec les Blue Jackets il y a deux ans.

Ce n’est certainement pas ce qui est demandé à Max Domi. Personne ne lui suggère de passer ses dimanches après-midi dans des séances de yoga Bikram à savourer un thé rooibos.

Mais moins de coups de gueule de sa part, comme lorsqu’il a assommé Aaron Ekblad sans crier gare, ne pourra que bénéficier au Canadien.

Une simple frousse

Brendan Gallagher a eu peur. L'espace d'un instant, il a craint le pire.

En troisième période mardi, Torey Krug l'a atteint d'un tir à la main gauche. La même main pour laquelle il a subi deux opérations majeures au cours des dernières années.

Sur la séquence, on voit l'attaquant rentrer précipitamment au vestiaire, fracassant son bâton de rage au passage et laissant présager un bien mauvais coup du sort.

Une dizaine de minutes plus tard, pourtant, Gallagher célébrait le but victorieux de Ben Chiarot au banc de son équipe.

« J’ai eu peur. C’était la première fois que je recevais un tir sur ma plaque, c’était une autre sensation, pas exactement comme ce à quoi je suis habitué, a indiqué Gallagher mercredi matin. Mais j’avais quand même une idée. Ç'a pincé un moment. Mais dans le vestiaire, j’ai commencé à mieux me sentir. Ils m’ont passé aux rayons X et il n’y avait rien. »

Il n'est certainement pas le seul à avoir poussé un soupir de soulagement. Il est devenu le meilleur buteur du Tricolore et a atteint le plateau des 30 buts au cours des deux dernières saisons.

En rafale

Jesperi Kotkaniemi est du voyage à Philadelphie, mais Julien a laissé entendre qu’il demeure un cas incertain pour affronter les Flyers. Il s’est envolé mercredi après-midi avec ses coéquipiers après avoir participé à un premier entraînement complet depuis que le Canadien a annoncé qu’il souffrait d’une blessure à l’aine.

« Ça faisait un certain temps [que j’avais mal], mais c’est devenu un peu pire [en Arizona]. Mais maintenant, je me sens mieux […] Je crois que la pause sera bonne pour moi. J’ai profité d’un peu de repos. Je me sens reposé et je suis prêt à jouer », a expliqué le jeune homme.

Jeff Petry, Shea Weber et Nate Thompson ont profité de la journée pour recevoir des traitements, mais ils devraient tous être à leur poste jeudi soir.

Par ailleurs, ce sera soir de retrouvailles pour Claude Julien avec deux collègues francophones de la colonie des entraîneurs de la LNH. Le Franco-Ontarien n’avait plus croisé le chemin de Michel Therrien depuis son congédiement par le CH en 2017 ni celui d’Alain Vigneault, remercié par les Rangers au printemps 2018.

« Ce sont deux bons amis, des gens que j’ai côtoyés pendant plusieurs années. Soit quand on jouait l’un contre l’autre ou bien pour jouer au golf l’été. On est des entraîneurs qui ont un travail difficile, la chose importante est qu’on se soutienne l’un l’autre », a rappelé Julien.

Pas de camaraderie une fois la rondelle tombée sur la glace toutefois. Le Canadien affronte les Flyers à 19 h (HNE) jeudi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports