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Le directeur de la RUSADA critique sévèrement la Russie, les Américains se méfient

Il regarde par-dessus ses lunettes.

Iouri Ganous, directeur général de la RUSADA

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Agence France-Presse

Le directeur de l'Agence russe antidopage (RUSADA) Iouri Ganous a fustigé mercredi les « actions destructrices et irresponsables » des autorités sportives de son pays à la cinquième conférence internationale sur le dopage dans le sport.

La RUSADA est « devenue l'otage de la crise provoquée par les actions destructrices et irresponsables des autorités sportives » lors du transfert à l'Agence mondiale antidopage (AMA) des données de contrôle de l'ancien laboratoire de Moscou, a lancé M. Ganous devant des centaines d'officiels réunis à Katowice, en Pologne.

Parmi eux se trouvait le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov, qui venait d'expliquer que la RUSADA et les autorités russes avaient répondu à toutes les exigences de l'AMA. Assis dans le hall, il n'a rien laissé transparaître.

L'intervention de M. Ganous a été très applaudie.

Le sujet n'était pas officiellement à l'ordre du jour dans l'immense salle du centre des congrès, où des centaines d'officiels abordent depuis mardi des questions très techniques autour de la révision du Code mondial de l'AMA et ses standards internationaux.

Il a réaffirmé que la RUSADA « n'a rien à voir avec la base de données qui a été transférée », et a demandé à l'AMA d'en tenir compte et de faire preuve de « sagesse » dans ses sanctions pour protéger « l'indépendance » des agences nationales antidopage.

Ce n'est pas la première fois qu'il attaque ses autorités. Sa nomination en 2017 semblait être gage de sérieux.

Plusieurs collègues d'autres pays ont salué son courage et sa détermination.

La méfiance américaine

Toutefois, le patron de l'Agence américaine antidopage (USADA), Travis Tygart, s'est montré prudent.

Il parle aux médias.

Travis Tygart, directeur général de l'USADA

Photo : Getty Images / Buda Mendes

M. Tygart voit dans les sorties vitrioliques de Iouri Ganous « un jeu très bien orchestré » pour dédouaner la RUSADA, l'organisme qui doit rendre des comptes à l'AMA.

« C'est exactement ce que le gouvernement (russe) veut qu'il dise », a affirmé le chef de l'USADA à l'Agence France-Presse.

La Russie a déjà transmis 47 dossiers aux fédérations internationales. Mais les experts informatiques de l'Université de Lausanne qu'elle a missionnés ont décelé des « incohérences » dans les millions de données des contrôles antidopage que l'AMA a réclamées, et obtenues auprès de Moscou au début de 2019.

L'AMA a ouvert une nouvelle procédure contre la RUSADA, après avoir constaté ces « incohérences ».

La remise de ces données était une condition pour lever une précédente suspension imposée par l'AMA à la RUSADA en raison d'un scandale de dopage institutionnel mis en place dans le pays au moins entre 2011 et 2015.

« Est-ce que la RUSADA peut être tenue responsable pour quelque chose qui a largement échappé à son contrôle? », a demandé Travis Tygart.

« C'est une question à poser devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) où atterrira probablement le dossier ». a ajouté l'Américain.

La question a été posée en rencontre de presse, mercredi, au président de l'AMA, Craig Reedie. Sa réponse a été: « Non ».

« Il paraît difficile qu'une agence antidopage qui ne peut pas entrer dans le laboratoire parce qu'elle a perdu son accréditation puisse être impliquée », a précisé M. Reedie.

Craig Reedie

Craig Reedie, président de l'Agence mondiale antidopage

Photo : AFP / ALEXANDER JOE

Désormais, l'AMA dispose d'un nouveau règlement qui lui permettrait d'imposer des sanctions sportives à la Russie.

Selon Iouri Ganous, la Russie voulait effacer encore une fois des résultats de contrôles positifs, pour épargner des athlètes, des soupçons confirmés à l'AFP par des sources dans le milieu de l'antidopage.

M. Ganous avait confié en octobre ses craintes de voir la Russie exclue des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo et de 2022 en Chine.

De telles sanctions, qui pourraient intervenir avant la fin de l'année, seraient probablement réexaminées par le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.

« Personne ne devrait se servir de nous pour ses intérêts personnels [...] Nous protégerons notre indépendance », a indiqué Iouri Ganous.

La cinquième conférence internationale sur le dopage dans le sport doit se terminer jeudi par l'adoption d'un nouveau code mondial antidopage et l'élection du prochain président de l'AMA, le ministre polonais des Sports, Witold Banka.

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