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William Dandjinou, le grand petit nouveau en courte piste

Il sourit avant une entrevue.

William Dandjinou

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

Antoine Deshaies

William Dandjinou est grand même sans patins. À 1,91 m (6 pi 3 po), il détonne dans l’univers du patinage de vitesse sur courte piste où les grands champions le sont rarement aussi au sens propre.

Charles Hamelin, par exemple, lui concède une bonne quinzaine de centimètres. Le rapide Steven Dubois, que certains surnomment le moustique, ne mesure que 1,68 m (5 pi 6 po).

Dandjinou, lui, n’en fait pas de cas. Après tout, il n’a pas choisi sa taille. Dans le passé, une taille semblable n’a pas empêché Olivier Jean de devenir champion olympique et champion du monde avant de passer en longue piste.

« Il n’a pas nécessairement la taille idéale, mais il est très agile, confie Sébastien Cros, entraîneur national de l’équipe masculine du Canada. Ça ne le limite absolument pas. »

À 18 ans, le Montréalais a fait ses débuts en Coupe du monde à Salt Lake City, la fin de semaine dernière. Il n’a pas été en mesure de se qualifier pour les quarts de finale de ses épreuves, les 500 et 1000 m.

Il a chuté en repêchage du 500 m, tandis qu’il a été pénalisé au 1000 m. Il faut dire que la marche était haute pour lui. Même si pas plus tard que l’hiver dernier, il avait survolé les Jeux du Canada avec cinq médailles, dont trois d’or.

« L’an passé, je menais les courses et je dictais le rythme. Là, j’affronte les meilleurs du monde, des légendes du sport, souligne-t-il. C’est différent et je m’adapte. Je suis surtout content d’avoir la chance de patiner sur la même glace qu’eux. Tous les pays peuvent envoyer des patineurs en finale. Tout le monde est fort. »

Dandjinou, dont le père est d’origine ivoirienne, garde de bons souvenirs des épreuves internationales disputées à l’aréna Maurice-Richard, où se tiendra la deuxième tranche de la Coupe du monde en fin de semaine.

Il était là, en 2018, assis dans les gradins comme spectateur, lorsque Charles Hamelin a été sacré champion du monde pour la première fois.

« C’était exceptionnel, se rappelle-t-il. J’étais venu pour observer et apprendre. J’aime beaucoup observer et ensuite transposer mes observations dans mes compétitions. »

Dès vendredi, ce sera à son tour d’être sur la glace. Il estime qu’environ 150 personnes qu’il connaît viendront le voir à son tour, dont plusieurs patineurs de son ancien club, à Laval. Il ne ressent pas de pression additionnelle à l’idée d’être le point de mire d’autant de gens.

« J’ai été chanceux dans ma carrière d’être entouré par de bonnes personnes qui m’ont soutenu, explique le jeune homme. J’ai très hâte qu’ils me voient. Je pense que tout le monde de mon entourage a participé à mon parcours. Je suis très heureux qu’ils puissent enfin voir le fruit de leur collaboration. »

Dandjinou se décrit comme un patineur polyvalent. Il s’attend à prendre part au 1000 et 1500 m.

« Je pense que ma capacité d’adaptation est ma plus grande force, soutient-il. Je suis assez explosif et j’ai une bonne endurance. Ça me permet d’être à l’aise sur toutes les distances. »

« Il est jeune, mais il ose déjà prendre des risques, dit Cros. Il n’a pas froid aux yeux même s’il est encore d’âge junior. Il écoute beaucoup, il analyse et il a de l’ambition. Il a un profil très intéressant. »

L'élite du patinage de vitesse sur courte piste à Montréal

La révélation de Charles Hamelin

À l’autre bout du spectre de la vie d’athlète, Charles Hamelin amorce sa 17e saison en Coupe du monde. Il aura 36 ans au printemps, carrément le double de Dandjinou.

Il pourrait biologiquement être son père, mais il préfère le titre de grand frère.

À Salt Lake City, Hamelin a obtenu les meilleurs résultats de l’équipe masculine. Il a gagné le bronze au relais, a pris le 4e rang au 1500 m et a terminé 4e de la finale B au 1000 m.

Il avait ses doutes avant la fin de semaine. Une blessure à la cheville l’a tenu à l’écart de la glace pendant plusieurs semaines à la fin de l’été. Il était rétabli, bien sûr, mais il avait encore besoin d’un bon échauffement sur glace avant d’être parfaitement à l’aise sur ses patins.

Or, la formule d’échauffement a changé pour les deux premières étapes de la Coupe du monde cette saison. La période d’échauffement sur glace a été abolie le matin des qualifications. Les premiers coups de patin se donnent donc au moment de la course.

Finalement, tout s’est bien passé, et Hamelin a rapidement retrouvé le plaisir qui l’anime depuis tant d’années.

« Je ne savais pas trop comment j’allais me sentir à Salt Lake City. Mais dès que j’ai mis les pieds sur la glace, j’ai eu une révélation parce que c’est vraiment ça que j’adore faire et c’est là que je me sens le plus à ma place. Je suis fait pour la compétition. »

Et, rappelle-t-il, il est encore compétitif. Il faudra encore compter sur lui en fin de semaine pour défier les meilleurs de la planète.

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