•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rugby : les Springboks accueillis en héros à leur retour en Afrique du Sud

Il brandit le trophée de la Coupe du monde de rugby.

Siya Kolisi à son arrivée à l'aéroport de Johannesburg

Photo : Getty Images / Gallo Images

Agence France-Presse

Des milliers de personnes ont fêté mardi le retour en Afrique du Sud de « leurs » Springboks, vainqueurs de la Coupe du monde de rugby, dans une ambiance de fête inédite dans un pays en crise, un quart de siècle après la chute de l'apartheid.

Les joueurs de l'équipe sud-africaine sont de véritables héros depuis leur triomphe de 32-12 samedi sur l'Angleterre. Ils ont débarqué mardi à l'aéroport de Johannesburg, protégés par un important service d'ordre.

Dès leur apparition dans la grande salle des arrivées, les joueurs, dont Makazole Mapimpi et Pieter-Steph du Toit, nommé joueur de l'année, ont été accueillis par un concert de chants et de danses.

Ils sont entourés par une grande foule.

Arrivée des Springboks à l'aéroport de Johannesburg

Photo : Getty Images / Gallo Images

Duane Vermeulen, nommé joueur le plus utile de la finale, a généreusement distribué des « high five » aux amateurs.

L'entraîneur Rassie Erasmus et Siya Kolisi, premier capitaine noir de l'histoire de l'équipe, étaient très attendus par une foule monstre, qui s'était agglutinée aux balcons intérieurs des trois étages du bâtiment.

« Nous savons que nous pouvons donner un peu d'espoir aux gens, a lancé Kolisi, ému, à son arrivée avec le trophée William Webb Ellis au bout des bras.

« Nous avons gagné parce qu'on le voulait très fort, tous ces gens ici nous ont donné une raison de le vouloir encore plus fort », a-t-il ajouté.

« Ce qu'on aimerait perpétuer, c'est ce que nous voyons ici », a renchéri Rassie Erasmus, visiblement épuisé.

Sitôt rassemblés, les Springboks doivent entamer jeudi une série de parades populaires à Pretoria, Johannesburg, Soweto, Durban, East London, Port Elizabeth, puis au Cap.

Ils répondent aux questions des journalistes.

Makazole Mapimpi et Duane Vermeulen à l'aéroport de Johannesburg

Photo : Getty Images / Gallo Images

Après ceux de 1995 et 2007, ce troisième titre mondial ne pouvait pas mieux tomber dans une Afrique du Sud en proie aux difficultés, à la déprime et au doute 25 ans après l'avènement tant attendu de la démocratie.

Un an après son élection, l'apparition lors de la finale de 1995 du premier président noir du pays Nelson Mandela, revêtu de la tunique verte de l'équipe nationale d'un rugby longtemps réservé aux blancs, avait fait souffler un vent d'espoir. Le film Invictus avec les acteurs Matt Damon et Morgan Freeman relate ce moment fort de l'histoire de ce pays.

Ce vent est aujourd'hui largement retombé.

L'économie stagne, le chômage frôle les 30 %, la pauvreté persiste et les inégalités se creusent, au point de faire de la première puissance industrielle du continent africain, selon la Banque mondiale, le champion planétaire des inégalités, sociales comme raciales.

De plus en plus contesté, le gouvernement n'a pas manqué de se saisir du triomphe des Springboks.

« À l'heure où l'Afrique du Sud vit des défis considérables, nous nous sommes tous retrouvés autour de cette victoire au Japon », a lancé lundi le président Cyril Ramaphosa.

« Samedi a été un jour de triomphe en ce qu'il a confirmé que nous sommes bien une nation, déterminée à puiser son unité dans sa diversité », a poursuivi le chef de l'État.

Ils saluent la foule de la main.

Les joueurs des Springboks d'Afrique du Sud

Photo : Getty Images / CHARLY TRIBALLEAU

Dans un pays toujours malade de ses relations raciales, le capitaine Siya Kolisi est depuis samedi devenu le symbole de cette « nation arc-en-ciel » rêvée, mais jamais concrétisée, par Nelson Mandela.

Né dans un township (quartier) pauvre de la banlieue de Port Elizabeth, le troisième ligne de 28 ans est devenu le premier joueur noir à diriger une équipe qui les a délibérément écartés pendant 90 ans.

« Voilà l'héritage de Nelson Mandela, c'est ce qu'il aurait voulu », a dit avec enthousiasme Moemedi Mashiolane, un agent de sécurité noir de 45 ans venu se joindre à la foule pour acclamer les champions à l'aéroport.

« Là d'où je viens, le rugby était un sport joué par les Blancs. Mais aujourd'hui, il nous unit, a-t-il ajouté, ému. Je veux que les Blancs sachent que nous voulons faire nous aussi partie du monde du rugby, et qu'ils nous laissent y jouer. »

Il a fallu une politique récente et très controversée de quotas pour que les joueurs noirs soient au nombre de six, pas même la moitié, à commencer la finale de la Coupe du monde face à l'Angleterre.

Le Sud-Africain est à l'entraînement à la Coupe du monde de rugby au Japon.

Eben Etzebeth

Photo : AFP/Getty Images / ADRIAN DENNIS

Et juste avant la Coupe du monde, un des vainqueurs de Yokohama, le Blanc Eben Eztebeth, a été accusé de propos racistes dont il devra répondre devant la justice.

« Il existe encore de nombreux problèmes à régler dans ce pays, comme les inégalités raciales et économiques, a concédé Rosharon Morgan au milieu des cris de joie des amateurs.

« Aujourd'hui, c'est l'euphorie, il faut maintenant réussir à la transformer en changements concrets », a-t-il conclu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Rugby

Sports