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Cyclisme : acheter ou vendre une course, une pratique désuète

Ils se serrent la main.

Alexander Vinokourov (à gauche) et Alexander Kolobnev à Liège en 2010

Photo : Getty Images / AFP

Radio-Canada

Le Kazakh Alexandre Vinokourov et le Russe Alexandr Kolobnev ont été acquittés mardi par le tribunal correctionnel de Liège de soupçons d'avoir truqué la course Liège-Bastogne-Liège en 2010.

Les deux coureurs, qui s'étaient échappés dans les derniers kilomètres de la course, étaient soupçonnés d'avoir conclu un accord pour que Vinokourov remporte l'épreuve, en échange d'une somme de 150 000 euros versée à Kolobnev pour qu'il ne dispute pas la victoire.

Ils encouraient des peines de six mois de prison.

De l'avis des coureurs et des directeurs d'équipe interrogés par l'Agence France-Presse, cette pratique appartient au passé.

Ancrée dans l'ADN des coureurs, l'entente illicite a disparu dans les années 1990 et 2000 au fur et à mesure que les budgets des équipes augmentaient. Mais elle resurgit à l'occasion, comme pour l'édition 2010 de Liège-Bastogne-Liège qui a prêté flanc au soupçon.

« La corruption, c'est aussi grave que le dopage », explique l'ancien coureur Christophe Riblon (2005 -2018), aujourd'hui analyste pour le journal L'Équipe. On est dans le sport, on est censé véhiculer des valeurs. »

« Chez les pros, on ne m'a jamais rien demandé ou proposé », précise-t-il.

Il faut dire que les contrats, de plus en plus lucratifs pour les coureurs, s'accompagnent, comme dans les autres secteurs de la vie professionnelle, d'une obligation de loyauté.

Il répond aux questions assis dans un jardin.

Marc Madiot, directeur de l'équipe Groupama-FDJ, en entrevue

Photo : You Tube

« Depuis que je dirige une équipe (1997), je n'ai jamais été confronté à ce problème », affirme le directeur de l'équipe Groupama-FDJ Marc Madiot.

Lorsqu'il était coureur, il a connu une autre époque. Les arrangements faisaient partie du quotidien du cyclisme amateur. On roule ensemble et on s'entend, le vainqueur dédommage ensuite le vaincu.

« Chez les pros, ni les coureurs ni les équipes n'y ont intérêt, répond Marc Madiot. Les salaires ont fortement augmenté par rapport aux années 1980. Les contrats sont indexés sur les résultats, tout le monde a besoin de points. »

Le médecin-historien Jean-Pierre de Mondenard rapporte maints témoignages de cette pratique.

La première trace remonte à 1901 dans une course en Australie. De 15 à 20 coureurs avaient été soudoyés pour perdre, selon le témoignage de l'entraîneur du gagnant, William Martin.

« Chaque coureur avait été invité seul dans la chambre, où il s'était trouvé face aux billets et à Martin, armé d'un revolver. Il avait même exigé d'eux qu'ils signent un reçu avant de prendre l'argent », a raconté l'entraîneur.

Il faut distinguer l'entente illicite, arrangement financier à l'appui, de la simple tactique, quand les intérêts de chacun concordent.

« Le sujet se pose souvent, note Christophe Riblon. Dans une échappée à deux, un coureur roule à fond parce qu'il est concerné par le classement général, quitte à perdre ses chances de victoire pour l'étape. Tous deux n'ont pas le même but. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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