•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Agence mondiale antidopage a un « budget ridicule », selon son futur directeur

L'entrée des bureaux avec l'emblème de l'organisme accroché au mur.

L'Agence mondiale antidopage, à Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Selon son prochain directeur, le Polonais Witold Banka, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a un « budget ridicule », qu'il compare à celui d'une équipe de soccer de taille moyenne.

Il a lancé un appel mardi, à l'ouverture de la conférence mondiale sur le dopage à Katowice, en Pologne, pour que le budget de l'organisation soit revu à la hausse.

Cette conférence réunit quelque 1500 officiels de l'antidopage et des gouvernements.

Ancien coureur de 400 m et actuel ministre des Sports dans son pays, Witold Banka, 35 ans, s'est d'abord félicité des nouveaux outils à disposition de l'organisme, adoptés après le scandale de dopage institutionnel en Russie, pour faire respecter le Code mondial antidopage à ses signataires, fédérations internationales ou agences nationales antidopage.

Il rencontre les médias dans les bureaux de l'AMA à Montréal.

Witold Banka, prochain président de l'AMA

Photo : Getty Images / AFP/Sébastien St-Jean

« L'AMA devrait imposer des sanctions plus souvent, et pas seulement en agitant le doigt », a ajouté M. Banka, membre du comité exécutif de l'organisation, qui doit être élu à sa tête jeudi.

« Mais pour que cela et d'autres activités soient possibles, l'AMA a besoin d'un budget considérable, a-t-il ajouté. Je trouve ridicule [...] qu'une organisation avec un statut de régulateur mondial dispose d'un budget inférieur à 40 millions de dollars. »

« Un club moyen de football a un budget plus important », a dit le ministre, qui prendra ses fonctions à l'AMA le 1er janvier et quittera le gouvernement polonais.

J'adresse donc un appel aux dirigeants du sport, mais aussi à mes collègues qui représentent les gouvernements et aux entreprises privées : si vous voulez que le sport soit propre, vous devez augmenter le soutien financier pour la lutte.

Witold Banka, futur directeur de l'AMA

L'Agence mondiale antidopage est financée par ses deux piliers, le Comité international olympique (CIO) et les pays.

Elle est dotée d'un budget général d'environ 36 millions de dollars en 2019, mais ses contributeurs ont promis une hausse annuelle de 8 % sur cinq ans (2018-2022).

Pendant sa campagne pour être élu, Witold Banka avait mis l'accent sur la création d'un fonds de solidarité pour aider les pays en voie de développement à bâtir des systèmes antidopage plus solides, en ouvrant la porte à un financement par des commanditaires privés.

Mais « ce sera un long chemin », a-t-il reconnu mardi, dans une table ronde après son discours.

Il y a urgence, selon Thomas Bach

Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a par ailleurs souligné « l'urgence » de resserrer l'étau de l'antidopage sur l'entourage des athlètes, tout en renvoyant la balle aux autorités publiques, mardi, à l'ouverture de la conférence mondiale sur le dopage.

Le dopage en Russie, l'opération Aderlass ou le projet Oregon de Nike : Thomas Bach a cité « tous ces cas, aussi différents soient-ils » qui « montrent l'urgence de se concentrer davantage sur l'encadrement des athlètes ».

Il s'adresse aux médias en conférence de presse.

Le président du CIO, Thomas Bach

Photo : presse canadienne

« L'athlète n'est pas le seul coupable », a-t-il poursuivi, énumérant les entraîneurs, agents, officiels et médecins qui les encadrent, et contre lesquels les organisations sportives ont peu de moyens d'action selon lui.

« Quand, par exemple, le CIO identifie un médecin impliqué dans un cas de dopage, la seule chose que nous pouvons faire est de le renvoyer des Jeux olympiques [...] Mais ensuite, le médecin rentre chez lui dans la plupart des cas et peut poursuivre ses activités néfastes sans aucune conséquence », a ajouté Thomas Bach, jugeant ce décalage « inacceptable ».

« C'est pourquoi nous encourageons les gouvernements » à légiférer pour « punir sévèrement les personnes qui font partie de l'entourage » d'un athlète dopé, a dit le président du CIO.

Il a notamment regretté que les pays ne se soient pas mis d'accord, à Paris, sur un cadre de sanctions plus ferme, lors des réunions sur l'application de la Convention de l'UNESCO sur le dopage dans le sport. « Une occasion manquée pour les autorités gouvernementales », selon Thomas Bach.

Le mouvement olympique et les pays, les deux piliers de l'AMA, se renvoient régulièrement la responsabilité des failles de la lutte antidopage ou de son financement insuffisant.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Dopage

Sports