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Nicolas Laframboise fier de sa première grande envolée

Pendant un saut, il tient le milieu de sa planche de la main droite.

Nicolas Laframboise en action à Mammoth Mountain, en Californie, en mars 2019

Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Jean-François Chabot

La victoire de Nicolas Laframboise en grand saut (big air) en Coupe du monde de surf des neiges, samedi à Modène en Italie, a de quoi étonner le profane. Mais ce premier résultat majeur a été préparé de longue date par le jeune homme de 19 ans.

« J’étais premier après les deux premiers sauts. Ce qui veut dire que j’ai descendu le dernier. Avant même de descendre, je savais que j’allais gagner. J’ai fait un petit saut pour la foule sans rien essayer de très gros », a-t-il confié à Radio-Canada Sports au lendemain de la compétition, où il a devancé son compatriote Mark McMorris, double médaillé de bronze olympique et lauréat de 17 médailles aux X Games.

Le Québécois a eu peine à réaliser ce qu’il venait d’accomplir.

« J’ai demandé à mon coach s’il était sûr que j’avais gagné. Je ne réalisais pas ce qui se passait. J’étais juste vraiment content », dit-il avant de parler de la sensation éprouvée en devançant son idole sur le podium dans un doublé canadien.

Depuis que j’ai commencé à faire de la planche, je suis Mark jusque sur les réseaux sociaux. C’est quelqu’un d’influent dans le sport. Il est vraiment, vraiment, vraiment bon. Juste le fait de compétitionner avec lui, c’était vraiment l’fun. Il est super gentil. Il n’était pas fâché que je l’aie battu.

Nicolas Laframboise

Longue préparation

Les deux sauts qui lui ont permis de monter sur la plus haute marche du podium en Italie – un triple tire-bouchon 1440 côté orteils et un triple tire-bouchon 1440 côté talons –, le jeune homme les avait appris au cours de la dernière année.

« Je ne peux pas toujours les faire. Ça prend une montagne et un tremplin assez gros pour les réaliser. L’occasion n’est pas toujours bonne. Mais je les ai beaucoup pratiqués durant l’été », indique-t-il.

Au lieu de parler de son style, Laframboise préfère dire qu’il fait son sport avant tout pour avoir du plaisir.

« Si mon coach me demande de faire quelque chose qui ne me tente pas vraiment, j’aime mieux me concentrer sur ce qui me procure du plaisir à le faire. C’est comme ça que je performe le mieux. Quand je n’ai pas de plaisir, je ne performe pas bien », dit-il.

Il se dit malgré tout surpris de sa progression rapide sur la scène mondiale.

Il y a plein de personnes que je vois et que je côtoie depuis environ quatre ans, depuis que j’ai commencé à m’entraîner plus sérieusement. On était tous au même niveau. Mais tout le monde a pris des chemins différents. J’ai continué à m’entraîner fort. C’est maintenant que je vois la différence. C’était vraiment un bon choix d’avoir continué à pousser.

Nicolas Laframboise
Il est au sommet d'une montagne avec un manteau rouge.

Le planchiste canadien Nicolas Laframboise

Photo : Facebook/Nicolas Laframboise

Pour suivre son frère…

L’athlète de Saint-Jean-sur-Richelieu a fait ses premières armes sur une planche à Bromont. Il n’avait alors que 6 ans. Il voulait simplement pratiquer les mêmes loisirs que son frère aîné. Tous deux s’adonnaient aussi au hockey.

« Nos fins de semaine étaient chargées. On allait à Bromont trois ou quatre fois par saison jusqu’à ce que j’aie environ 12 ans. J’ai arrêté le hockey. J’allais à Bromont plus souvent », raconte-t-il.

C’est à 15 ans qu'il a participé à ses premières compétitions régionales. C'est là qu'il a fait connaissance avec celui qui allait devenir son entraîneur, Max Hénault.

Comme les choses allaient bien, il a commencé à s’entraîner à l’école de haute performance Maximise, dirigée par Hénault, sur les flancs du mont Castor, à Sainte-Agathe-des-Monts. À ce jour, l’endroit demeure son site d’entraînement.

Un an après avoir commencé à s’y entraîner, il s’y est installé pour les besoins de son programme sports-études à Sainte-Adèle. Il a fait la navette entre les deux endroits pour combiner l’entraînement et le volet scolaire.

« C’est à ce moment que j’ai commencé à m’entraîner plus sérieusement, explique-t-il. À la fin de mon secondaire 5, j’ai continué à m’entraîner chez Maximise presque tous les jours. Comme je voyage maintenant beaucoup pour mes compétitions, cette année, je suis retourné m’installer à Saint-Jean-sur-Richelieu .»

Un agenda qui se remplit

Les prochains mois s’annoncent occupés pour Nicolas Laframboise qui, dans le meilleur des mondes, aimerait combiner à la fois les compétitions pour amateurs et pour professionnels.

C’est sûr que j’aimerais participer à toutes les grosses compétitions, mais chez les professionnels, ça marche par invitation. La Fédération internationale du ski n’a pas son mot à dire pour les rendez-vous privés. Mais les Coupes du monde marchent par points. C’est en les accumulant que tu te classes pour la compétition.

Nicolas Laframboise

Laframboise souhaite prendre part au plus grand nombre de Coupes du monde possible, mais il accepterait volontiers des invitations aux X Games ou au Dew Tour.

Il croit que son résultat de la fin de semaine à Modène pourrait lui donner un bon coup de pouce en ce sens.

Ils montrent les trophées.

Mark McMorris, Nicolas Laframboise et Chris Corning sur le podium

Photo : FIS Snowboard

Il va maintenant rentrer au Québec pour profiter d’un court repos.

Il aimerait ensuite se rendre en Chine, où se tiendra une épreuve de Coupe du monde de grand saut les 13 et 14 décembre, à Pékin, sur une rampe haute de 16 étages du site des Jeux olympiques de 2022.

« Je ne sais pas encore si je vais y aller, explique-t-il. Je m’y suis pris un peu tard pour organiser ça avec Snowboard Canada. Si j’ai ma place, je vais y aller. Sinon, il y aura une autre compétition, fin décembre, à Atlanta. Celle-là, c’est sûr que je vais la faire. »

En attendant, Nicolas Laframboise rêve de représenter le Canada aux Jeux olympiques.

(Avec les informations d'Olivier Paradis-Lemieux)

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