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chronique

Discrètement, le CH est en train de devenir une machine offensive

Ils se félicitent après un but.

Tomas Tatar, Brendan Gallagher, Phillip Danault et Ben Chiarot

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Martin Leclerc

BILLET - Le Canadien n’a pas été souvent considéré comme une puissance offensive de la LNH au cours du dernier quart de siècle. Or, cette situation est en train de changer. Le nombre de buts inscrits par les hommes de Claude Julien depuis plus d’un an constitue un fulgurant progrès par rapport à ce à quoi les partisans de l’équipe avaient été habitués.

À la fin de cette semaine, les équipes de la LNH auront déjà disputé près de 25 % de leur calendrier. À ce stade de la saison, l’échantillonnage commence à être assez imposant pour établir les principales caractéristiques d’une équipe.

Ce qu’on sait jusqu’à présent, c’est que le CH a fait bouger les cordages 50 fois à ses 14 premiers matchs. Cela équivaut à la cadence d’une saison de... 293 buts marqués. Juste pour remettre les choses en perspective : l'équipe avait inscrit 246 buts la saison dernière, ce qui s’avérait déjà sa meilleure performance des 12 dernières années.

Le Tricolore connaît donc un début de saison absolument époustouflant en attaque. Il faut remonter jusqu’en 1993-1994 pour retrouver la dernière fois où il a maintenu un tel rythme pendant toute une saison (283 buts marqués).

Bien sûr, la saison est encore jeune et tout le monde sait que le jeu se resserre au fil des mois et qu’il devient plus difficile de trouver le fond du filet en deuxième moitié de saison.

Sauf que les statistiques offensives du CH reposent sur une tendance beaucoup plus lourde que les 14 premiers matchs de la présente campagne.

***

En fait, la formation montréalaise semble être en train de bâtir sur la base solide qu’elle avait établie la saison dernière.

Pour ceux qui l’auraient oublié (trop occupés à discuter des difficultés de l’unité d’avantage numérique), le Canadien a inscrit pas moins de 188 buts à 5 contre 5 en 2018-2019, ce qui lui avait valu le 5e rang dans la LNH. Ça faisait 25 ans (lors de la saison 1992-1993) que Montréal n’avait pas marqué autant de buts dans cette situation de jeu.

Dans une chronique précédente, j’avais attribué cet important revirement de situation à l’arrivée de Dominique Ducharme au sein du personnel d’entraîneurs. À son arrivée durant l’été 2018, Ducharme s’était fait confier la supervision des attaquants. Ce n’était sans doute pas un hasard si le CH s’était mis à pratiquer son style de jeu, axé sur les transitions rapides et une pression constante exercée en échec avant.

En 2018-2019, l'équipe s’était énormément améliorée en inscrivant 39 filets de plus qu’en 2017-2018. Et cette saison, à ce jour, la progression offensive s’annonce encore plus importante.

Cet automne, le Tricolore est encore plus efficace que l’an passé à 5 contre 5. Jusqu’à maintenant, il tient le rythme de 205 buts marqués quand des formations complètes sont déployées sur la patinoire.

Par ailleurs, les entraîneurs de l’organisation semblent avoir tenu promesse en rehaussant la qualité de leur unité d’avantage numérique.

L’an passé, les 31 buts inscrits en supériorité numérique venaient au 3e rang des pires performances de l’histoire de la ligue. Mais cette saison, à défaut d’être spectaculaire, l’unité d’AN génère constamment des chances de marquer de qualité et se dirige vers une récolte supérieure à 50 buts.

***

Cette petite équipe rapide et souvent négligée sera-t-elle capable de maintenir cette hallucinante cadence?

Depuis la fin de la dernière saison, énormément d’observateurs (et j’en suis) ont parié sur le fait que la production offensive en 2018-2019 était insoutenable.

L’une des principales raisons justifiant ce raisonnement était que près de la moitié des joueurs du CH (10) avaient connu la meilleure saison offensive de leur carrière en 2018-2019. À titre comparatif, seulement 20 % de l’ensemble des joueurs de la LNH avaient réussi la meilleure production de leur carrière cette même année.

Or, jusqu’à maintenant cette saison, sept joueurs maintiennent un rythme qui représenterait leur meilleure saison à vie. Croyez-vous de tels résultats possibles? Je vous laisse juger...

À ce groupe s’ajoutent la recrue Nick Suzuki, qui maintient le rythme d’une production de 18 buts et 36 points malgré un temps d’utilisation limité, et le capitaine Shea Weber, qui suit un rythme de 12-41-53, alors qu’il n’a jamais amassé plus de 38 points depuis son arrivée à Montréal.

***

La saison où l’on verra trois marqueurs de 40 buts dans l’uniforme du CH n’est probablement pas encore arrivée. Par conséquent, il serait assez étonnant de voir cette équipe flirter avec le plateau des 300 buts marqués.

Par contre, en évitant les blessures, le Canadien semble suffisamment outillé pour égaler ou surpasser ses 246 buts de l’an passé. Avec seulement 20 buts de plus, l’équipe se positionnerait parmi les 10 plus productives de la ligue.

C’est impressionnant. Et ça annonce que cette équipe sera en mesure de se battre pour une place dans les séries jusqu’à la toute fin.

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