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La victoire des Springboks, un message d'unité lancé à l'Afrique du Sud

Ils saluent la foule après leur victoire sur le pays de Galles en demi-finales de la Coupe du monde de rugby.

Les joueurs des Springboks d'Afrique du Sud

Photo : Getty Images / CHARLY TRIBALLEAU

Radio-Canada

La presse sud-africaine salue dimanche « la source d'inspiration » et d'unité que représente la victoire des Springboks, au moment où le pays est gangrené par les tensions raciales, le chômage et la violence.

L'entraîneur des Springboks Rassie Erasmus et le capitaine Siya Kolisi rentreront mardi en Afrique du Sud. C'est ce qu'a annoncé dimanche la fédération nationale.

Erasmus et Kolisi seront les premiers à rentrer. Ils rencontreront la presse à l'aéroport.

Tous les Springboks devraient être de retour mercredi, pour entamer à partir de jeudi une tournée à du pays.

Ils ont pu déjà prendre connaissance de la couverture médiatique de leur victoire en finale de la Coupe du monde qui dépasse le cadre sportif.

Siya Kolisi, premier capitaine noir de l'équipe sud-africaine de rugby en Coupe du monde, et « ses Springboks nous apprennent des leçons d'unité », a estimé le Sunday Times dans son éditorial.

« Il y avait quelque chose de magnifique dans le symbole » de la finale samedi au Japon, a poursuivi le journal.

« Entraînés par un Afrikaner (descendant de colons blancs), Rassie Erasmus, et emmenés par Siya Kolisi, issu d'un township [...], les Springboks ont marqué deux superbes essais, inscrits par Makazole et Cheslin Kolbe », deux joueurs noirs, a souligné l'hebdomadaire.

On voit la une en gros plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Siyabonga, titre le journal sud-africain Sunday Times (merci, Siya)

Photo : Sunday Times

Depuis la chute du régime raciste en 1994, « l'emblème des Springboks a été, à juste titre, au centre de débats animés compte tenu de leurs anciens liens avec l'apartheid », a rappelé le Sunday Independent.

Pendant des décennies, seuls les Blancs, qui représentaient pourtant moins de 10 % de la population sud-africaine, pouvaient trouver une place dans l'équipe nationale de rugby.

Mais grâce à Nelson Mandela, le premier président noir (1994-1999), qui a utilisé le rugby comme un moyen de réconciliation nationale, l'emblème des Springboks « a survécu et a désormais le potentiel de grandir pour devenir un point de ralliement pour tous les Sud-Africains » après la victoire de samedi, a estimé le Sunday Independent.

« L'image de Siya Kolisi [...] brandissant le trophée est aussi emblématique » que celle de Nelson Mandela « félicitant François Pienaar en 1995 », quand les Springboks, emmenés par leur capitaine blanc, avaient remporté la Coupe du monde à domicile, un an après la fin officielle du régime de l'apartheid.

La victoire de samedi « rappelle aux Sud-Africains ce que la nation arc-en-ciel peut accomplir quand tout le monde travaille ensemble », a encore estimé le Sunday Independent.

Les Springboks « sont une source d'inspiration » pour leur pays, en pleines turbulences économiques et sociales sur fond de tensions raciales permanentes.

« Il est de la responsabilité » de l'Afrique du Sud de « prendre exemple sur les Springboks, de mettre de côté ses querelles insignifiantes et de faire passer le pays avant tout », selon le Sunday Independent.

« Les mots sages » de Siya Kolisi, qui a souligné, après le coup de sifflet final, que « si on tire tous dans le même sens, on peut réussir quelque chose », « s'appliquent grandement à l'économie », a aussi estimé le Sunday Times.

En une, le journal a lancé « Siyabonga », merci en zoulou, en mettant en relief Siya, le prénom du capitaine.

La victoire, source d'inspiration

« Nous avons besoin de ce genre de positivité dans notre pays« , a dit l'ancien capitaine des Springboks Jean De Villiers, évoquant les problèmes politiques et économiques de son pays.

« Soudain, nous nous sentons tellement mieux en Afrique du Sud. C'est tout simplement incroyable », s'est-il exclamé.

Le joueur aplatit le ballon dans l'en-but.

L'Afrique du Sud inscrit un essai contre le Canada à la Coupe du monde de rugby de 2019 au Japon.

Photo : Getty Images / Adam Pretty

« L'esprit d'unité démontrée pendant la Coupe du monde nous montre que l'Afrique du Sud peut surmonter les défis, grâce à la détermination et le travail ensemble, a assuré le gouvernement. Nous sommes plus forts ensemble. »

Cette victoire ne pouvait pas mieux tomber dans un pays où s'accumulent depuis plusieurs années les mauvaises nouvelles : croissance faible, chômage endémique (29 %), très fortes inégalités et criminalité rampante (58 meurtres par jour).

« En Afrique du Sud, la pression, c'est de ne pas avoir de boulot, c'est d'avoir un proche qui se fait tuer, a expliqué samedi l'entraîneur des Springboks Rassie Erasmus. Le rugby ne devrait pas créer de pression, mais plutôt de l'espoir. »

Et de l'espoir, le rugby en a suscité beaucoup depuis ce week-end. Notamment avec le fabuleux destin de Siya Kolisi.

« Quand j'étais enfant, la seule chose à laquelle je pensais était de savoir quand j'aurai mon prochain repas », a expliqué, sur le terrain, le capitaine tout juste couronné.

« C'est incroyable de voir une histoire comme celle de Siya, a souligné l'ancien joueur Bryan Habana. Et voir en plus un gars galvaniser une équipe qui ne semblait pas pouvoir gagner il y a 18 mois, c'est extraordinaire! »

Avec les informations de Agence France-Presse

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