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« Je ne suis jamais blasé » - Mikaël Kingsbury

Il sourit en répondant aux questions.

Mikaël Kingsbury

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Michel Chabot

Le bosseur Mikaël Kingsbury domine outrageusement son sport depuis huit ans, mais n’est pas encore rassasié à l'aube de la nouvelle saison de Coupe du monde.

Et cette flamme qui brûle toujours dans son cœur n’augure rien de bon pour ses compétiteurs.

Kingsbury a tout accompli. Détenteur de 16 globes de cristal, quadruple champion du monde et champion olympique, il aborde cette saison avec enthousiasme même si elle ne sera pas marquée par de grands événements internationaux.

Pour l’instant, dit-il, ses yeux ne sont rivés que sur Ruka en Finlande, qui sera la 100e course de sa carrière. Il vise là-bas un neuvième titre, ce qui gonflerait sa récolte totale à 57 victoires et à 82 podiums.

C’est cool gagner. C’est toujours motivant. Gagner les gros événements comme les Jeux olympiques et les Championnats du monde, tu as envie de revivre ces moments-là. C’est la raison pour laquelle je suis là. Je sais qu’il y aura des hauts et des bas, mais je suis juste enthousiaste à l’idée d’enfiler un dossard et de courser en Coupe du monde.

Mikaël Kingsbury

« Je prends toujours plaisir à trouver de meilleures stratégies pour gagner et pour avoir la meilleure performance, ajoute celui qui a décroché les deux titres aux derniers mondiaux. Je ne suis jamais blasé avec le ski. Il y a toujours quelque chose d’excitant. C’est un sport où la perfection ne peut jamais se produire. Il y a toujours une limite à repousser et j’ai l’impression que j’ai pris une coche cette année. »

Il tient ses skis dans sa main gauche et sourit.

Mikaël Kingsbury

Photo : Getty Images / Matt Roberts

Deux podiums en Australie

À la fin août, Mikaël Kingsbury a pris part à deux épreuves, à Perisher, en Australie. Il a fini 2e de la première descente, derrière le Japonais Ikuma Horishima, champion du monde en 2017. Le lendemain, le Québécois a retrouvé sa place sur la plus haute marche du podium, devançant de peu l’Australien Matt Graham.

Il n’est donc pas invincible. Et selon lui, la qualité de ses rivaux s’améliore. Mais il a bon espoir de rester l’homme à battre.

« J’ai vu mes principaux rivaux en Australie, j’ai coursé contre eux et j’ai réussi à les battre, fait remarquer le skieur de 27 ans. Je les suis sur les médias sociaux. Donc, que je le veuille ou non, je vois ce qu’ils font au jour le jour. Je sais qu’ils sont prêts et je le suis aussi. Comme d’habitude, ce sera une bonne lutte à chaque course. Le niveau de compétition est vraiment fort depuis quelques années et ce sera encore comme ça cette saison. »

S’attend-il à des surprises de la part des autres skieurs?

« Non… Moi, j’ai quelques trucs en surprise. C’est peut-être la même chose pour eux, mais je suis prêt à n’importe quoi. J’ai travaillé sur plusieurs trucs cet été et j’ai plus de sauts dans ma petite poche arrière. Mes compétiteurs n’en ont pas autant, alors ça me laisse toujours un pas en avant pour pouvoir changer mes stratégies à la dernière minute. »

Le perfectionniste

Même s'il trône au sommet de sa discipline depuis des lustres, Mikaël Kingsbury continue de travailler avec acharnement, sans rien négliger.

Chaque piste est différente, chaque bosse est différente et chaque saut est différent. Il y a toujours place à amélioration. Et je suis un gars qui adore regarder les vidéos de mes anciennes descentes, comme celle de Ruka en Finlande, que j’ai gagnée l’année passée. J’essaie d’améliorer ma performance là-bas. Ce sont toujours des microdétails, mais c’est ce qui fait la différence.

Mikaël Kingsbury

Kingsbury aimerait que la Fédération internationale de ski (FIS) décoince son livre de règlements et qu’elle cesse de limiter le nombre de sauts que les athlètes peuvent exécuter. Une plus grande liberté serait, d’après lui, salutaire pour le ski acrobatique et particulièrement pour les bosses.

« Peut-être que ça va arriver, mais moi, je ne serai probablement plus là, dit-il. Mais c’est sûr qu’après ma carrière, je vais pousser pour que ça arrive. Sinon, avec la vitesse qu’on a et les sauts qu’on fait, c’est déjà assez complexe. Mais ce serait le fun qu’ils ne nous mettent aucun bâton dans les roues et qu’on puisse faire ce qu’on veut. Ce serait l’idéal. »

Des coéquipiers inexpérimentés

Marc-Antoine Gagnon et Phillipe Marquis ont pris leur retraite au cours des deux dernières années et l'équipe canadienne compte maintenant plusieurs jeunes skieurs. À titre de vétéran émérite, Mikaël Kingsbury s’accommode bien de son rôle de mentor.

Ils portent leur médaille autour du cou.

Philippe Marquis, Mikaël Kingsbury et Bradley Wilson sur le podium

Photo : Getty Images / Matt Roberts

« C’était plus un choc l’année dernière parce que j’ai fait toute ma carrière avec les mêmes gars, mais je crée d’autres liens avec mes nouveaux coéquipiers. C’est aussi cool et on se pousse autant au gym qu’en ski. Et je sais que je peux les aider beaucoup. Mes anciens coéquipiers, Marc-Antoine et Philippe, je sais qu’ils sont encore derrière moi, on se parle souvent au téléphone. Beaucoup de choses ont changé. C’est un nouveau chapitre, les pages sont blanches et c’est à nous à l’écrire ensemble. »

Âgés de 23 ans, Laurent Dumais, auteur d’une 4e place à Perisher, et Gabriel Dufresne, 8e et 12e dans la station australienne, font partie de la relève. Avec 38 et 26 départs en Coupe du monde, ils sont relativement peu expérimentés, mais leur présence stimule tout de même le quadruple champion du monde.

« Phil et Marc-Antoine avaient beaucoup d’expérience, précise Kingsbury. On a fait deux Jeux olympiques ensemble. Mes coéquipiers actuels n’ont jamais été aux Jeux et la plupart n’ont jamais été aux Championnats du monde. Mais ils sont capables de me pousser dans certains aspects du ski, en saut, au gym. Ce sont de bonnes personnes, ils sont motivés et ils veulent réussir. Nous n’avons peut-être pas le même objectif en bout de ligne, mais nous voulons tous performer aux limites de nos talents. »

(Avec la collaboration d'Alexandra Piché)

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