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Argon 18 absent du WorldTour en 2020

Les cyclistes se suivent dans une montée sur des vélos Argon 18.

Trois coureurs de la formation Astana

Photo : AFP/Getty Images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Radio-Canada

Ne cherchez pas les vélos Argon 18 dans le col de la Loze pour cette arrivée au sommet inédite dans le prochain Tour de France, pas plus qu’à Paris-Roubaix quelques mois plus tôt.

Pour la première fois en quatre ans, le fabricant québécois de vélos ne commanditera aucune équipe cycliste professionnelle de WorldTour ou de pro continentale. Qu'à cela ne tienne, les affaires continuent de rouler.

Lors des trois dernières années, Argon 18 équipait la formation Astana, dont fait partie le Québécois Hugo Houle. Et en 2015 et 2016, la il s'était associé avec l'allemande Bora avant que le triple champion du monde Peter Sagan y débarque avec son équipementier Specialized.

Argon 18 fournissait annuellement près de 250 vélos, en plus d'une commandite en argent à l'équipe kazakhe, l'une des plus en vue sur la planète. Sans qu'il soit dévoilé publiquement, on comprend que le contrat entre Argon 18 et Astana se chiffrait à quelques millions de dollars. Le chiffre d'affaires d'Argon 18 est d'un peu plus de 20 millions.

« Astana a quand même performé beaucoup. À la fin du contrat, ils se sont fait offrir par un autre commanditaire plus d’argent que nous étions capables d’en offrir parce qu’ils ont bien fait. C’est ça le jeu. Ça faisait trois ans et ça allait bien », explique à Radio-Canada Sports Martin Le Sauteur, président et chef de la direction d’Argon 18.

Il faut que le retour sur investissement soit là. Il y a un plafond que je ne peux pas dépasser. Malheureusement, c’est ce qui est arrivé.

Martin Le Sauteur

L'Association entre Argon 18 et Astana a aussi profité à l'entreprise québécoise. S'il est difficile de quantifier précisément les retombées financières découlant de cette entente, le fabricant de vélos a pu gonfler substantiellement son réseau de distribution.

« Avant, on était dans les distributeurs secondaires ou tertiaires. Là, on est dans les plus grands en Angleterre, en Italie, en Belgique et en Espagne. Ça nous a amené la notoriété qui a fait qu’on a pu monter d’une coche au niveau de la grosseur et de la qualité du distributeur avec qui on travaille », révèle M. Le Sauteur.

« Un distributeur qui travaille avec 1000 boutiques, c’est mieux qu’un distributeur qui travaille avec 200 boutiques. Ce sont des gens aussi qui ont des capacités financières plus robustes, qui peuvent acheter plus de vélos et prendre plus de risques », ajoute-t-il.

L'entreprise ne sera pas absente des pelotons pour autant. Son entente se poursuit avec l'équipe continentale autrichienne Voralberg Santic jusqu'à la fin de 2020, et elle a donné le feu vert à ses distributeurs européens pour soutenir des équipes locales, notamment en Italie et en Espagne.

Objectif : un podium olympique

Des discussions avec des formations du WorldTour sont en cours en vue de la saison 2021. D'ici là, Argon 18 a les yeux sur un podium olympique. Le fabricant est déjà fournisseur pour trois fédérations nationales de cyclisme sur piste : le Canada, le Danemark et l'Australie.

Cette année, étant une année olympique, on va mettre l’accent marketing sur ça, pour revenir au WorldTour probablement en 2021.

Martin Le Sauteur

Argon 18 a frappé gros en concluant une entente avec la formation australienne, l'une des meilleures du monde sur piste.

« On travaille avec eux depuis un bout de temps pour une nouvelle version du vélo que personne n’a vu encore. Par contre, selon les nouvelles règles UCI [Union cycliste internationale], il faut le rendre disponible à l’ensemble de la population qui veut en acheter un à partir de janvier », explique-t-il.

Ce nouveau règlement est pour éviter que des équipes se pointent la veille des Jeux olympiques avec des avantages technologiques.

Deux cyclistes sur piste en action

L'équipe canadienne de vélo sur piste roulera sur des vélos Argon 18 aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Photo : AFP/Getty Images / LUIS ACOSTA

Argon 18 compte également développer davantage le marché du vélo de route tout-terrain (gravel bike) et du vélo électrique.

Les dirigeants veulent surtout maintenir leur position de chefs de file dans le monde du triathlon.

« Le triathlon, on est très fort. On est reconnu pour ça. Notre nombre de vélos présents à Kona [Hawaï, où se tiennent annuellement les Championnats du monde, NDLR] et à Tremblant augmente chaque année. En 2021, on sort des produits très novateurs en triathlon. Le marché du triathlon est en croissance », conclut M. Le Sauteur.

(Avec les informations de Manon Gilbert)

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