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« Il faut changer et penser à l’avenir » - Scotty Bowman

Ils soulèvent la coupe Stanley lors de la conquête des Blackhawks de Chicago en 2015

Stan et Scotty Bowman

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Jean-François Chabot

Scotty Bowman a gagné neuf Coupes Stanley dans sa glorieuse carrière d'entraîneur, la dernière en 2002. Il pourrait encore à 86 ans diriger une équipe dans le hockey d’aujourd’hui, croit son ancien gardien Ken Dryden, auteur de sa biographie, Scotty, une vie de hockey d’exception. Radio-Canada Sports a interviewé ces deux légendes.

« Pour tout ce qui touche l'essentiel de ce poste, alors oui, répond sans hésiter Dryden quand on lui demande si Bowman aurait ce qu'il faut pour être l'un des 31 entraîneurs du circuit Bettman. Absolument. Scotty reste bien au fait des sujets qui l'intéressent. Il garde un oeil et l'esprit ouverts. Il apprend chaque jour. Ce sont des qualités qui nous rapprochent l'un de l'autre. »

Il a cette mentalité exigeante. Il a toujours des attentes très élevées. Il lui serait très facile de s'adapter à tous les changements. Il a gagné sa première Coupe en 1973 et sa dernière en 2002. Vingt-neuf ans se sont écoulés entre les deux. Il a gagné avec des joueurs essentiellement canadiens en 1973, puis avec des Européens, des Suédois et des Russes en 2002. Il y a beaucoup de leçons à tirer de la vie et de la carrière de Scotty, et pas juste pour le partisan de hockey.

Ken Dryden à propos de Scotty Bowman

Preuve qu’il ne s’accroche pas au passé, Scotty Bowman scrute encore les circuits mineurs à la recherche de perles rares à titre de conseiller pour les Blackhawks de Chicago et pour son fils Stan, directeur général de cette équipe.

« Il faut toujours réfléchir à l’avenir. Je n’ai jamais vécu dans le passé. Encore maintenant, je m’intéresse à ces jeunes qui jouent dans les rangs juniors ou dans les circuits mineurs. Je pense que ça fait partie de mon ADN », indique-t-il.

Interrogé sur le principal héritage qu’il croit avoir transmis à son fils, il parle de l’effort qu’il faut y mettre pour réussir.

« Je lui lègue le goût du travail. Il travaille fort. Très jeune, il s’est intéressé au hockey quand nous étions ici à Montréal. Il avait 6 ans quand nous avons déménagé à Buffalo. Je lui ai transmis ce que j’ai appris de Sam Pollock, qui a passé 18 années avec le Canadien. Il faut y ajouter la passion pour en faire une carrière. »

Scotty Bowman y va d’un autre conseil en songeant aux erreurs qu’il a commises et aux pièges qu’il voudrait que son fils puisse éviter.

« Il ne doit pas avoir peur du changement. On a tendance à faire les choses d'une certaine manière. Mais quand ça ne marche pas, il faut changer et penser en fonction de l’avenir », lance-t-il.

Souvenirs mémorables à Montréal

Scotty Bowman sait s’adapter. Il l’a fait sans reculer de 1968 à 2002, menant quatre de ses cinq équipes à la finale de la Coupe Stanley. Trois d’entre elles ont soulevé le précieux trophée (Montréal cinq fois, Détroit trois fois et Pittsburgh une fois).

Il a gagné ses premières Coupes avec le CH, qu'il a dirigé de 1971 à 1979. Il n'oubliera jamais Montréal et cette bande de surdoués qu’il serait impossible de réunir dans un même vestiaire en raison des contraintes du plafond salarial en vigueur de nos jours.

« J’ai été chanceux quand je suis revenu à Montréal pour diriger le Canadien, dit-il. C’était une équipe avec beaucoup de tradition qui gagnait déjà souvent avant mon arrivée ici. »

Quand je regarde la fiche de l’équipe durant les huit années où j’ai été derrière le banc du Canadien, avec Ken Dryden devant le filet, il y a 13 joueurs de cette époque qui sont aujourd’hui au Temple de la renommée, ce qui démontre la force de cette équipe.

Scotty Bowman
Il célèbre, sur la patinoire, avec les joueurs du Canadien, la victoire dans le septième match de la demi-finale de 1979 sur les Bruins de Boston.

Scotty Bowman (à gauche)

Photo : La Presse canadienne / Archives/STF

Un jour à la fois

Malgré son grand âge, Bowman n’est pas prêt à mettre sa vie en veilleuse. Il savoure quand même les moments de répit que la vie lui accorde maintenant.

« Je vis un jour à la fois, dit-il. Je passe mes hivers en Floride depuis 13 ans. J’adore ça. Je retourne durant l'été à Buffalo, où j’habite depuis 40 ans. C’est une vie que j’aime beaucoup. »

(Avec les informations de Meeker Guerrier)

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