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Marie-Michèle Gagnon souhaite reprendre sa place dans l’élite mondiale

Elle lève les bras pour en guise de satisfaction après sa descente.

Marie-Michèle Gagnon

Photo : Getty Images / Francis Bompard/Agence Zoom

Olivier Paradis-Lemieux

Après avoir raté la quasi-totalité de la saison 2017-2018, Marie-Michèle Gagnon a conclu son retour sur les pentes l’an dernier au 46e rang du général, bien loin de son classement des années précédentes. Mais l’essentiel est que le genou a tenu bon. Et à l’aube d’une nouvelle saison, les bonnes sensations sont enfin de retour.

« Je me sens vraiment plus prête que la saison dernière. On commence dans deux jours et, si je compare à l'année passée, je me sens 10 fois plus prête, je suis vraiment contente », a confié la vétérane de l’équipe canadienne, jointe à Sölden, en Autriche, jeudi, où aura lieu la première épreuve de l’année, un slalom géant.

Victime d'une déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit et d'une luxation de l'épaule gauche après une chute à l’entraînement en novembre 2017, Marie-Michèle Gagnon est revenue à la compétition il y a un an avec des résultats en demi-teinte.

Une 6e place au super-G de Saint-Moritz, une 11e position au slalom géant de Maribor et un 15e titre de championne canadienne en slalom géant ont été les meilleurs résultats d’une saison difficile. Par contre, elle a progressivement retrouvé son rythme en descente.

Des soigneurs sont près d'elle.

Marie-Michèle Gagnon sur un traîneau de sauvetage

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

« Même la saison dernière, je te dirais que physiquement, ça allait vraiment bien, a-t-elle assuré. Mon retour physique sur la neige a été facile. J'ai travaillé fort, je me sentais forte, mon genou était fort, mon épaule aussi. De ce côté-là, je n'avais pas de problème. C'est plutôt que la saison dernière, c'est le côté mental qui était à travailler. Et le côté mental, ça vient avec le millage. »

Un changement d’approche dans la préparation mentale avec l’arrivée d’un nouveau psychologue sportif semble d’ailleurs déjà avoir porté ses fruits.

On avait un psychologue sportif avec l'équipe. C'était le même depuis longtemps, mais c'est une nouvelle personne qui a une différente approche. C’est plus un mentor de la performance. Il est plus impliqué. On se parle quand même assez souvent pendant la saison. C'est beaucoup d'éducation à propos de la peur. Il a toutes sortes de scénarios, d'exemples, et je trouve que c'est quelque chose qui me manquait. Je suis vraiment contente d'avoir fait ça.

Marie-Michèle Gagnon

Le modèle Shiffrin

Après une pause d’un mois en avril à la fin de la saison, la skieuse de 30 ans a passé l’été sur la neige à parfaire sa technique et à apprivoiser de nouveau cette peur inhérente à la haute vitesse.

À Mammoth Lakes, en Californie, lors de l’un de ses camps d’entraînement, Marie-Michèle Gagnon a d’ailleurs eu l’occasion de s’entraîner avec la reine du ski mondial, Mikaela Shiffrin, auteure d’un record de 17 victoires l’an dernier et gagnante de quatre globes de cristal (général, slalom, slalom géant et super-G).

« C’est tellement cool de pouvoir s'entraîner avec elle parce que je pouvais voir les sections où j'étais proche d'elle et les sections où je perdais du temps. C’était plus simple de comprendre comment elle est capable d'être si rapide, constamment, a-t-elle analysé. Ce que j'ai remarqué, c'est que j'étais complètement capable de skier comme elle dans des sections ici et là, mais parfois, techniquement, elle est plus expérimentée. J’ai trouvé qu'elle était vraiment bonne pour faire les choses simples très bien. »

Mikaela Shiffrin montre sa médaille d'or gagnée au super-G lors des mondiaux à Are, en Suède.

Mikaela Shiffrin montre sa médaille d'or gagnée au super-G lors des mondiaux à Are, en Suède.

Photo : Getty Images / Alain Grosclaude/Agence Zoom

La chef de file de l’équipe canadienne croit que l’Américaine poursuivra sa domination du sport, mais elle affirme que deux ou trois skieuses par discipline peuvent rivaliser régulièrement avec Shiffrin, à l’image de la Slovaque Petra Vlhova en slalom.

C'est sûr que Mikaela est vraiment spéciale. Je pense qu'elle va avoir une très belle saison encore cette année. Sa confiance est haute et elle semble vraiment prête. Mais avec les années, les autres filles commencent à se rapprocher de plus en plus. Et peut-être que ça va être plus serré. Elle est tellement forte mentalement, elle adore quand il y a un défi. Elle va être prête à surmonter ça.

Marie-Michèle Gagnon

Celle qui a délaissé les épreuves de slalom en raison du calendrier trop chargé de la spécialité vise de terminer parmi les 15 meilleures dans 2 des 4 disciplines auxquelles elle prendra part cette année (descente, super-G, slalom géant et combiné) et une fois parmi les 5 premières lors d’une des manches de la Coupe du monde.

Des cibles plus modestes que celles de Shiffrin, mais qui signifieraient qu’elle a retrouvé la place qu’elle occupait dans l’échiquier mondial les quatre saisons précédant sa blessure.

Quant à une éventuelle victoire face à la grande vedette américaine, la Québécoise n’en fait pas l’une de ses ambitions.

« Le but, c'est toujours de faire la meilleure performance que toi tu peux faire. C'est sûr que c'est intéressant de voir une fille qui est aussi dominante. C'est motivant d'essayer de la rattraper. On travaille toutes fort là-dessus, a-t-elle insisté. Je n'ai jamais l'objectif de battre une personne plus qu'une autre. Juste de faire ma meilleure performance possible, peu importe ce que ça donne. Si j'ai été capable de performer mieux que d'autres, parfait. Mais mon but n'est pas de battre Mikaela, ce n'est pas comme ça que les résultats viennent. »

En lever de rideau samedi, la piste de Sölden représente le plus important défi de la saison de slalom géant, une « piste intense » aux dires de Marie-Michèle Gagnon, en raison d’un long et cruel mur de 20 portes. Mais après 11 saisons sur le circuit de la Coupe du monde, la Canadienne se sent à l’aise sur toutes les pistes.

Et après un an à tenter de se libérer de ses freins, elle semble enfin prête à renouer avec la vitesse.

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