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Passation de pouvoir agitée du côté des Sharks

Le Canadien reçoit les Sharks au Centre Bell, jeudi, à 19 h (HAE).

Il serre le poing gauche.

Logan Couture

Photo : Associated Press / Josie Lepe

Alexandre Gascon

Même si quelques figures emblématiques font toujours partie du paysage à San José, les Sharks changent tranquillement de visage et ont confié les rênes de l’équipe à un nouveau capitaine : Logan Couture. Une transition qui ne se fait pas sans heurts.

Brent Burns, 1,96 m et 104 kg (6 pi 5 po/230 lb), quitte la glace précipitamment après l’entraînement, tout près de renverser un journaliste nonchalant planté au milieu du corridor.

« Il aurait eu le dernier mot », lance le scribe lucide sur ses capacités athlétiques limitées.

À sa suite, une imposante barbe grise. Joe Thornton, 1,93 m et 100 kg (6 pi 4 po/220 lb), se dirige à son tour vers son casier.

Pas de doutes, entrer dans le vestiaire des Sharks de San José laisse une forte impression. Trois trophées Norris, un Hart, un Art-Ross, des colosses dans tous les coins, une ou deux légendes vous contemplent.

L’équipe compte sur les deux joueurs actifs les plus expérimentés, soit Patrick Marleau (1662 matchs) et Joe Thornton (1575 matchs). Ce dernier est aussi le plus productif à toujours jouer dans la LNH avec 1481 points.

Elle mise aussi sur deux des défenseurs offensifs les plus prolifiques de leur génération et sur un des attaquants les plus complets de la ligue, Logan Couture, qui a obtenu le titre de capitaine de cette formation aux nombreux meneurs, après le départ pour Dallas de Joe Pavelski.

Il y a donc quelques fortes têtes n’hésitant pas à donner leur opinion. « On a toujours eu un leadership par comité », a d’ailleurs admis Thornton.

Au cours d’un début de saison loin des standards habituels au nord de la Californie (3-5-1), Couture n’a pas tardé à laisser sa marque.

Le capitaine a critiqué sans les nommer Kevin Labanc et Timo Meier pour un changement « inexcusable » après la défaite en prolongation à Buffalo mardi.

« Deux gars qui sont restés sur la glace trop longtemps pour essayer d’amasser des points. C’est un jeu égoïste qu’on ne veut pas voir dans cette équipe. Il faudra s’occuper de ça », avait-il laissé tomber.

Meier a confirmé que Couture les avait abordés avant d’affronter les journalistes. Il n’était pas question pour lui de jeter ses coéquipiers en pâture sans leur avoir dit ce qu’il avait sur le cœur.

« Nous sommes une équipe qui se dit ses quatre vérités (tough love). Il y a beaucoup de joueurs compétitifs avec beaucoup de caractère. Ce n’est jamais personnel ici », a fait valoir l’entraîneur Peter DeBoer.

Chacun sa route

À ceux qui auraient tendance à croire que Logan Couture cherchait à marquer son territoire dans le but de rompre avec les régimes antérieurs, détrompez-vous.

« Ce n’est pas une façon de me construire une identité de capitaine. C’est juste la façon dont on doit jouer. J’ai parlé aux gars qui étaient impliqués là-dedans et aux entraîneurs. C’est une courbe d’apprentissage pour nous tous : ces gars-là, moi-même. On va apprendre de ça », a répliqué le natif de Guelph, en Ontario.

On aurait pu le comprendre, remarquez. Les Sharks sont la seule équipe de la ligue misant sur deux anciens capitaines, Marleau et Thornton, toujours présents dans le vestiaire pour épauler le nouveau meneur.

Singulier en apparence, un atout selon les joueurs.

Gros plan de son visage

Joe Thornton

Photo : La Presse canadienne

« Couture a toujours été un meneur, même avant d’avoir une lettre sur son chandail. Il va trouver sa façon de le faire. Il fait un bon travail. Un meneur, seulement moi, est quelqu’un qui fait le travail sur la glace. Lui le fait. Échec avant, repli défensif, avantage numérique, désavantage numérique, bloquer des tirs, il peut tout faire », a expliqué Patrick Marleau.

« Il est ici depuis très longtemps et ce n’est pas à lui de transporter l’équipe sur ses épaules. À San José, depuis toutes ces années, nous avons un leadership par comité. Il n’y a pas de pression sur lui. Qu’il aille juste jouer, il fait un bon travail », a renchéri Thornton.

Un conseil qui vaut pour l’ensemble des hommes de Peter DeBoer. Les Sharks connaissent l’un des pires débuts de saison de leur histoire. Trois de leurs plus sémillants talents figurent parmi le top 5 des pires différentiels. Thornton totalise trois passes en neuf matchs, Meier et Labanc, seulement quatre points.

Alors, les belles paroles…

« Tu peux en faire plein de discours. Ça se joue sur la glace. Ce ne sont pas les mots qui font la différence », a résumé Marc-Édouard Vlasic.

En rafale

À 40 ans, moins une dent, le légendaire Patrick Marleau a effectué un retour remarqué avec les Sharks.

Le vétéran a inscrit deux buts à son premier match et compte cinq points en cinq rencontres.

DeBoer l’a instantanément inséré à l’aile droite du premier trio, là où les jeunes avaient échoué selon l’entraîneur.

« Patty a été un ajout énorme. Une présence vétérane, un gars sur qui on peut compter. Ça donne à Logan Couture un gars sur qui s’appuyer, qui fait le bon jeu. Un bon exemple que j’utilise pratiquement chaque jour avec nos jeunes joueurs. Il produit à l'attaque, il le fait sans tricher. Il prend toujours les bonnes décisions en défense. »

« Le plan était de donner cette chance aux jeunes au camp et ils n’y sont pas parvenus. C’était un peu trop pour eux. Je pensais que ça lui prendrait un certain temps, sans camp d’entraînement, sans match préparatoire, mais non. C’est un athlète d’élite. Son jeu a toujours été basé sur la vitesse pendant sa carrière et il est encore capable », a indiqué DeBoer.

De son côté, l’attaquant Kevin Labanc est revenu sur la signature de son contrat d’une saison pour un million de dollars qui avait fait sourciller bien des observateurs aux quatre coins du circuit Bettman l’été dernier.

Après une saison de 56 points et une solide prestation en séries éliminatoires, l’on croyait Labanc en meilleure position pour négocier. Le New-Yorkais a décidé de miser sur lui-même.

« C’est un pari », a-t-il admis.

« Certains de mes amis m’ont dit : "Pourquoi as-tu accepté ce contrat?" Tu auras des gars qui ne seront pas partisans de cette approche. Mais d’un autre côté, tu en auras d’autres qui diront que tu es un bon gars d’équipe. »

Le temps d’un match en prolongation, un petit mardi soir à Buffalo, cela n'a pas été l’interprétation de son capitaine.

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