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Hockey féminin : une nouvelle ligue pourrait voir le jour en 2020

Tout le monde sourit.

Photo d'équipe lors du Dream Gap Tour, en compagnie de Billie Jean King (veston rouge)

Photo : Twitter/@MagellanCorp

Michel Chabot

Un nouveau circuit de hockey féminin serait créé en 2020. Six mois après la dissolution de la Ligue canadienne, l’Association des joueuses (PWHPA) est en bonne voie de réaliser ce projet, qui semble déjà avancé.

« Dès que les gens vont faire le pas, ce ne sera plus arrêtable, affirme Karell Émard, porte-parole de la PWHPA. Il y a beaucoup d’analyses qui doivent être faites, mais dès qu’il y a aura un "oui", la ligue serait prête. »

Cet élan d’enthousiasme, la joueuse des défuntes Canadiennes de Montréal le puise dans les récents matchs que le syndicat des joueuses a organisés cet automne à Toronto, au New Hampshire et à Chicago, dans le cadre de la tournée baptisée « Dream Gap Tour ».

Ç’a été un succès incroyable. Nous avons été traitées comme de vraies professionnelles. Tu ne cherches pas, ton transport est là, ta nourriture est là, ton vestiaire est préparé comme pour les gars de la Ligue nationale.

Karell Émard, porte-parole de la PWHPA

« C’est sûr que ce n’étaient pas des amphithéâtres comme le Centre Bell, mais il y avait de l’électricité dans l’air, poursuit-elle. Il y avait beaucoup de bénévoles et ils nous ont traitées aux petits oignons. Le niveau de soutien que nous recevons depuis le début est exceptionnel. Les arénas sont remplis, les gens nous regardent sur le site web de CBC, sur notre application et sur YouTube. »

Les commanditaires au rendez-vous

Une vitrine médiatique, des partisans par centaines, mais aussi des commanditaires, essentiels à la naissance et à la survie d’une telle aventure, se sont joints aux joueuses. Brûler la vieille maison dans le but d’en bâtir une nouvelle aura été une idée lumineuse. Et les flammes ont attiré beaucoup d’attention.

« On dit toujours, une porte se referme, une autre s’ouvre, dit de façon imagée Émard. Eh bien! ça, ç’a été une porte de garage. Ça nous a propulsées à un autre niveau. Le hockey féminin grandissait, mais il grandissait à un rythme super lent. Et ça, ça nous a permis de faire un jump. »

Encouragées par le récent partenariat avec l’Association des joueurs de la Ligue nationale (AJLNH), plusieurs entreprises ont donc décidé d’injecter de l’argent dans le hockey féminin, dont Adidas et Budweiser.

Si bien qu'une nouvelle ligue, mieux financée et avec une structure solide, devient soudainement réaliste.

Nous, on aimerait ça, l’Association des joueuses et ceux qui nous appuient, que l’année prochaine, on ait une saison de 20 ou 30 matchs. Le concept, c’est de se faire une ligue, avec un bureau de direction, pour durer. Que ce ne soit pas temporaire, mais bien établi.

Karell Émard

Cette ligue amorcerait ses activités « avec six équipes, un peu comme la LNH à ses débuts », confie-t-elle, les yeux brillants.

Déjà, selon nos sources, de 8 à 10 villes ont manifesté un intérêt pour se joindre à la nouvelle ligue. Montréal et Toronto sont du nombre, de même que quelques villes américaines.

C'est donc dire que l'actuelle Ligue nationale de hockey féminin (NWHL), déjà désertée par ses meilleures joueuses, devrait être forcée de mettre la clé sous la porte.

L'inspiration d'une légende du tennis

Outre l’AJLNH, l’Association des joueuses professionnelles de hockey féminin a profité de l’appui de la fondation de Billie Jean King.

« Billie Jean King nous a apporté une forme d’encadrement, relate Émard. Elle s’est battue pour le tennis féminin, il y a des années, et elle a changé le visage de son sport. Mais aussi, du côté monétaire, l'AJLNH et son association à elle, Billie Jean, ont su venir nous appuyer pour le Dream Gap Tour. »

Un peu comme la grande dame du tennis, l’une des fondatrices du circuit féminin en 1971, les joueuses de la PWHPA veulent jeter les bases de ce qui deviendra une ligue en bonne et due forme.

On veut la possibilité d’avoir des bureaux, un président, un directeur général. On ne veut pas des millions, mais des salaires qui nous permettent d’être de vraies professionnelles.

Karell Émard

Contre les Sud-Coréennes

Les membres du chapitre québécois de la PWHPA affronteront dimanche l’équipe nationale de la Corée du Sud sur la glace de la Place Bell, à Laval, et elles espèrent que les gens viendront les appuyer en grand nombre, particulièrement les jeunes joueuses de hockey qui aspirent, elles aussi, à une carrière.

« De voir les petites puces avec leurs pancartes qui nous disaient merci, c’est comme le boost dont tu as besoin », raconte Émard.

« Quand ça devient difficile, des fois tu te questionnes un peu : "Est-ce qu’on fait la bonne chose, est-ce qu’on s’en va dans la bonne direction?" Là, on a eu la confirmation que les gens veulent nous aider. »

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