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« Quand ton quart se blesse, tu le prends personnel » - Laurent Duvernay-Tardif

Gros plan d'un joueur de football avec un casque rouge

Laurent Duvernay-Tardif

Photo : The Associated Press / Reed Hoffmann

Antoine Deshaies

Comme tout être humain normal, il arrive à Laurent Duvernay-Tardif de faire des cauchemars la nuit. Et quand on baigne dans l’univers du football 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il est logique que nos bons et moins bons rêves portent sur notre sport. 

Un cauchemar pour Duvernay-Tardif, c’est par exemple que son quart vedette, Patrick Mahomes, se fracture un doigt sur son casque en lançant une passe.

Jeudi soir dernier, contre les Broncos à Denver, le cauchemar est un peu devenu réalité. Patrick Mahomes s’est blessé au genou en tentant une faufilade au deuxième quart. Il a subi une luxation de la rotule.

Les Chiefs ont d'abord parlé d'une absence de quatre à six semaines pour Patrick Mahomes. Mais le quart participe à l'entraînement, mercredi. L'entraîneur Andy Reid a indiqué qu'il n'est pas impossible qu'il revienne au jeu dimanche.

Duvernay-Tardif était à quelques centimètres de son quart quand ce dernier est tombé au combat. L’homme à la double vocation a réagi comme un joueur de football et non pas comme le médecin qu’il est aussi.

« J’ai réagi à 100 % comme un joueur de ligne offensive qui vient de perdre son quart vedette, a confié le Québécois à Radio-Canada Sports. Même si c’était sur une faufilade du quart et qu’il n’y a pas grand-chose de plus qu’on pouvait faire, on le prend personnel. Quand on a compris qu’il était blessé, ça nous a foudroyés. »

Les footballeurs sont habitués à avoir la mémoire courte. On leur apprend à oublier rapidement le jeu précédent pour se concentrer sur le prochain. Jeudi soir, ce n’était pas évident.

« Quand ça arrive, tu te mets à penser au pire et tu te dis que sa saison est peut-être terminée, explique le joueur de 28 ans. Quand j’ai vu Pat marcher, j’étais soulagé. C’était un déclic qui m’a fait revenir à mon match. On avait une victoire à remporter contre un rival de division et dans un environnement hostile de surcroît. »

Il s'appuie sur les épaules d'un membre du personnel de l'équipe pour marcher hors du terrain.

Le quart-arrière des Chiefs de Kansas City s'est blessé au genou dans le match de jeudi face aux Broncos.

Photo : Getty Images / Dustin Bradford

Difficile de remplacer celui qui est peut-être le meilleur joueur de toute la NFL. Patrick Mahomes mène toujours la ligue pour les verges amassées par la passe et les passes de touché.

Son remplaçant, le vétéran Matt Moore, a été à la hauteur jeudi dernier.

« On aurait pu se laisser emporter par les émotions du moment, mais Matt Moore est entré dans le match avec beaucoup de confiance. Il a pris sa place dans le caucus et on l’a suivi. On a senti son expérience. Ça fait 12 ans qu’il est dans la ligue. »

Reste que les Chiefs devront s’adapter à ce substitut au cours des prochaines semaines. Contre les puissants Packers de Green Bay, dimanche à Kansas City, Moore obtiendra seulement le 31e départ de sa carrière.

Même s’il ne joue pas, Mahomes est bien présent dans l’entourage de l’équipe pour épauler Moore.

Une blessure oubliée

À pareille date l’an dernier, c’est Laurent Duvernay-Tardif qui rongeait son frein sur la liste des blessés. Le Québécois avait subi une fracture du péroné et une fracture de Maisonneuve après qu’un adversaire fut tombé sur sa jambe. 

Un an plus tard, il n’y pense plus.

« Tu ne peux pas avoir ça en tête quand tu joues au football, sinon tu ne seras pas en mesure de bien jouer, affirme le numéro 76 des Chiefs. C’est impossible de jouer de manière craintive. Oui, je me suis blessé l’an passé, mais c’était arrivé plein de fois qu’un joueur me tombe dans les jambes de la même façon sans que ça me blesse. Ce n’est pas un sentiment agréable quand ça arrive, mais ça ne se traduit pas toujours par une blessure, alors il ne faut pas y penser. »

Il a dû travailler très fort durant l’intersaison pour retrouver la forme. Il se sent très bien physiquement. Le géant estime qu’il a eu un très bon début de saison, mais reconnaît que son dernier match, contre les Broncos, n’a pas été son meilleur. 

« Je ne suis pas très content de ma performance, mais ça arrive, dit Duvernay-Tardif. Il faut juste apprendre de ses erreurs, être critique et passer à autre chose. Je dois améliorer certains aspects de mon jeu comme tout le monde. »

Il ne sait pas encore ce qu’il fera de sa semaine de congé à la fin du mois de novembre. Il ne veut pas y penser pour l’instant.

Par expérience, je suis meilleur quand je ne me fais pas de plans comme ça et que je me concentre sur le football. J’aborde les semaines vraiment une à la fois. Je ne sais même pas contre qui on joue après notre match de dimanche contre les Packers. Si je ne rentre pas au Québec durant mes vacances, ça ira seulement après le Super Bowl.

Laurent Duvernay-Tardif, garde des Chiefs de Kansas City

Sa dernière réponse montre que le Québécois voue une grande confiance à son équipe. L’an dernier, les Chiefs n’étaient qu’à une victoire de la grande finale.

D’ici là, il garde contact avec la réalité canadienne. Lundi soir, par exemple, il n’a rien manqué de la soirée électorale. 

Il a d’ailleurs attendu que tous les chefs de parti terminent leur discours avant de se coucher. Le garde a toujours eu un certain intérêt pour la politique.

Son grand-père, Guy Tardif, a été député péquiste dans Crémazie de 1976 à 1985 et a notamment été ministre des Transports et des Affaires municipales.

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