•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La double quête de Vasek Pospisil

Il retourne la balle pendant un match des Internationaux des États-Unis.

Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Mike Stobe

Antoine Deshaies

On ne peut pas dire que Vasek Pospisil chôme cette année. En fait, il mène deux luttes de front. D’abord, il redouble d’efforts pour remonter au classement mondial, après une longue absence en raison d’une chirurgie au dos.

En même temps, il siège au conseil des joueurs de l’ATP et milite bruyamment pour une meilleure répartition des revenus générés par les tournois.

Dimanche, sur le court à Las Vegas, Pospisil a remporté une victoire qui lui a fait du bien. Pour la première fois depuis février 2018, il a gagné un tournoi Challenger.

C'est une confirmation de son niveau de forme et une preuve que ses efforts portent leurs fruits.

« C’est un moment important pour moi, parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas joué aussi bien, confie Pospisil à Radio-Canada Sports. Après mon opération pour régler ma hernie discale en janvier, je n’étais pas sûr de pouvoir retrouver ce niveau. Je joue bien et surtout sans douleur. C’est tellement positif et c’est tellement bon pour ma confiance. »

Le plus encourageant, pour Pospisil, est que sa progression est constante depuis son retour sur les terrains à Wimbledon. Il a signé un premier grand coup d’éclat aux Internationaux des États-Unis, au mois d’août, en battant le Russe Karen Khachanov, 9e mondial.

À Shanghai, début octobre, il a défait le coriace Diego Schwartzman, 16e au classement de l’ATP. L’Argentin avait atteint les quarts de finale à New York. Cette victoire l’a davantage rassuré sur sa forme que son duel remporté en cinq manches contre Khachanov.

« À New York, ça m’a pris six bonnes journées avant de me remettre physiquement de mes deux matchs, souligne Pospisil en riant. À Shanghai, c’était beaucoup plus rapide comme récupération. C’est ce qui me dit que mon jeu s’améliore. »

Il regarde la balle s'éloigner de sa raquette après un coup du revers.

Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Fred Lee

Après son gain contre Schwartzman, le joueur de 29 ans a enchaîné avec une victoire contre le Portugais Joao Sousa avant de s’incliner en deux manches serrées devant le Russe Daniil Medvedev, le joueur de l’heure.

Encore avec Dancevic en 2020

Ses récents succès l’ont convaincu de poursuivre l’association avec son entraîneur Frank Dancevic, avec qui il travaille depuis l’été. Le duo avait d’abord convenu de collaborer jusqu’à la fin de la saison, mais le partenariat se poursuivra en 2020. L’intérim est terminé.

Le jeu de Pospisil s’améliore, son classement aussi. Il a amorcé l’année au 71e rang mondial, a dégringolé au 248e puis vient de remonter jusqu’au 168e. Il profitera d’un classement protégé au 73e rang pour quelques tournois encore.

Quand un joueur de l’ATP rate plusieurs mois de compétitions en raison de blessure, il a l’option d’utiliser son classement protégé pour neuf mois ou neuf tournois, selon ce qui arrive en premier.

Pospisil est persuadé de pouvoir remonter jusqu’à son classement antérieur à sa blessure. Il a aussi les Jeux olympiques de Tokyo dans sa ligne de mire. L’opération s’annonce délicate, mais pas impossible.

Pour se qualifier en simple, il devra se classer parmi les 56 premiers du monde le 8 juin prochain, soit après le tournoi de Roland-Garros. Il a aussi la possibilité d’y participer en double. Mais encore là, il faudra que le total de son classement et de celui de son partenaire lui permette de se hisser parmi les 31 premières équipes du monde.

Ils se parlent sur le court entre deux points.

Daniel Nestor et Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Mark Kolbe

Pospisil a participé aux Jeux de Londres et de Rio. Il a terminé au 4e rang au Brésil, en double, aux côtés de Daniel Nestor.

« J’aimerais vraiment y aller, mais je ne mets pas trop de stress avec ça, avoue le Canadien. Oui, le double pourrait être une bonne option pour me qualifier. »

Il portera d’ailleurs les couleurs canadiennes à la Coupe Davis, en novembre, en Espagne. Il est enchanté à l’idée de se joindre aux jeunes Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov ainsi qu'à l’expérimenté Milos Raonic.

« On a vraiment une bonne équipe, un bon mélange de jeunesse et d’expérience. On est surtout quatre copains qui aiment jouer ensemble. Je ne sais pas encore quel sera mon rôle, mais je pense qu’il y aura une belle énergie dans le groupe. C’est un facteur important de succès en Coupe Davis. »

L’union fait la force 

En gagnant le Challenger de Las Vegas, Vasek Pospisil a mis la main sur un chèque de 7200 $ CA. Une bien maigre pitance en comparaison aux grands événements, mais le gros lot par rapport aux gains des joueurs qui ont perdu au premier tour du même tournoi.

Les joueurs défaits d’entrée ont remporté à peine 250 $. Le Canadien Peter Polansky, qui s’est incliné au deuxième tour contre Pospisil, a quitté la capitale du vice avec 520 $, à moins qu’il ait joué de chance au casino, une stratégie d’investissement peu recommandée.

N’empêche, l’exemple de Las Vegas illustre parfaitement le combat que mène Vasek Pospisil pour une meilleure distribution des bourses au tennis professionnel.

« Je suis chanceux d’avoir remporté des bourses intéressantes dans ma carrière. Mais, pour 90 % des joueurs qui luttent dans les tournois Challenger, c’est très dur et ça ne peut pas continuer comme ça. Il faut que ça change. »

Il frappe une volée.

Vasek Pospisil

Photo : Associated Press / Andy Brownbill

Pospisil a d’ailleurs mandaté un avocat de la firme Norton Rose Fulbright à Toronto pour amorcer des négociations au nom des athlètes avec les dirigeants des Internationaux d’Australie.

Si les joueurs de l’ATP font des gains en tournois du grand chelem, Pospisil avance que des sommes seraient redirigées vers les plus petits tournois, au bénéfice des joueurs qui peinent à joindre les deux bouts.

Plus de 80 joueurs de l’ATP parmi le top 100 et 70 joueuses de la WTA sont solidaires de la démarche, dont Novak Djokovic. Roger Federer et Rafael Nadal ne sont pas du nombre.

« Les dirigeants espèrent que Nadal et Federer ne se joindront pas au mouvement, parce qu’ils savent qu’ils n’auront plus le choix de nous écouter à ce moment-là, explique Pospisil. Ils prennent un risque en nous ignorant. On est en 2019, je pense qu’ils devraient avoir plus de respect pour le produit et les joueurs. »

Pour l’instant, la démarche est demeurée lettre morte. Si le conflit persiste, Pospisil n’exclut pas un appel à la grève.

« Ce n’est pas ce qu’on veut faire, mais c’est peut-être aussi notre seule arme, dit-il. Si le refus de négocier persiste, il faudra l’envisager. »

Vasek Pospisil est déterminé, et pas seulement sur les terrains.

Tennis

Sports