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chronique

Série mondiale : l’équipe la plus riche l’emporte presque tout le temps

Ils s'enlacent sur le terrain après une grosse victoire.

Des joueurs des Nationals de Washington

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Martin Leclerc

BILLET - Il y a toutes sortes de façons d’analyser des forces en présence et de tenter de déterminer les futurs gagnants de la Série mondiale. Mais en fin de compte, la plupart du temps, il suffit de jeter un coup d’oeil dans la colonne des salaires des deux formations.

La Série mondiale qui se met en branle mardi soir à Houston entre les Astros et les Nationals de Washington promet d’être l’une des plus intéressantes depuis plusieurs décennies. Six des 20 lanceurs ayant compilé les meilleures moyennes de points mérités cette saison (dont trois lauréats du trophée Cy-Young) défileront au monticule durant cette série extrêmement relevée.

Et c’est sans compter le droitier Gerrit Cole, des Astros, qui connaît l’une des saisons les plus dominantes de l’histoire du baseball. Rien de moins.

Cole présente une fiche de 19-0 à ses 25 derniers départs. Et mardi, contre Max Scherzer, triple lauréat du Cy-Young, Cole tentera de devenir le premier lanceur en 144 ans à remporter 20 décisions consécutives.

Il lance une balle de baseball.

Gerrit Cole

Photo : Getty Images / Emilee Chinn

Pour le reste, il est bon de noter que les Astros ont remporté 107 victoires cette saison, un sommet dans les majeures, tandis que les Nationals n’en ont décroché que 93, le plus faible total parmi les formations qualifiées pour les éliminatoires.

Les Astros sont évidemment favoris pour l’emporter. Sauf que les Nationals ont investi 39 millions de plus que les Astros (204,5 millions contre 165,7 millions) en salaires cette saison...


Quel est le rapport?

Il y a deux ans et demi, à l’aube de la finale de la Coupe Stanley opposant les Penguins de Pittsburgh aux Predators de Nashville, j’avais publié cette chronique illustrant à quel point les moyens financiers des organisations sportives nord-américaines exercent un impact direct sur les résultats des matchs des séries éliminatoires.

On y découvrait que des inégalités marquées (entre riches et moins nantis) persistent malgré le fait que des ligues comme la LNH, la NFL ou la MLB aient adopté des mesures comme le partage des revenus, la taxe de luxe ou le plafond salarial pour favoriser une plus grande parité.

Au bout du compte, lorsqu’on arrive à l’étape des séries et des matchs déterminants, les ressources financières mises à la disposition des entraîneurs finissent très souvent par faire pencher la balance.

Puisqu’il est ici question de la Série mondiale, concentrons-nous un peu sur ce qui s’est produit dans la MLB depuis le début des années 2000.

Au cours des 19 dernières saisons, parmi les deux équipes finalistes, celle ayant empoché le plus de victoires en saison n’a remporté la Série mondiale qu’à 9 reprises (47,4 % du temps). Par contre, l’équipe ayant consacré le plus d’argent à sa masse salariale a décroché le titre plus de deux fois sur trois (68,4 % du temps).

Plus encore : au cours des 13 dernières Séries mondiales, l’équipe la plus riche des deux a remporté le titre pas moins de 11 fois, ce qui représente un formidable taux de réussite de 84,6 %.

Peut-il vraiment s’agir d’une coïncidence?


De façon générale, quand l’entonnoir des séries éliminatoires rétrécit, ce sont les équipes les moins riches qui écopent.

Depuis le début des années 2000, grâce au génie de leur DG Billy Beane, les A’s d’Oakland sont parvenus à participer aux séries 10 fois (une année sur deux!). Mais ils n’ont jamais réussi à se rendre jusqu’à la Série mondiale.

Les Indians de Cleveland ont participé aux séries six fois en 20 ans, mais ils n’ont pris part à la Série mondiale qu’une fois. Et quand les Indians y sont enfin parvenus en 2016, leurs adversaires, les Cubs de Chicago, avaient une liste de paie de 114,5 millions supérieure à la leur (172,9 millions contre 58,2 millions). Les Cubs l’ont emporté.

Les Rays de Tampa Bay, que des amateurs québécois suivent de près par les temps qui courent, figurent parmi les organisations les mieux gérées de la MLB. Ils ont pris part aux séries cinq fois depuis l’année 2000 et se sont qualifiés une fois pour la Série mondiale en 2008. Les Phillies de Philadelphie, qui avaient 101 % plus d’argent que les Rays sur leur masse salariale, ont évidemment décroché le titre.

Depuis le début des années 2000, 11 Séries mondiales sur 19 ont été remportées par l’un des 10 clubs les plus riches de la MLB. Et 18 fois sur 19, la masse salariale de l’équipe gagnante se situait parmi les 15 plus élevées de la ligue.

La Série mondiale de cette année oppose la troisième masse salariale, celle des Nationals, à la huitième, celle des Astros.

Si la tendance se maintient, bien qu’ils soient largement favoris sur papier, les Astros partent avec une prise contre eux.

Un joueur frappe le bras d'un coéquipier pour célébrer son circuit.

Les Astros ont remporté la Série mondiale en 2017.

Photo : Associated Press / Eric Gay

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