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La priorité du Canadien : redresser le désavantage numérique

Le joueur du Wild poursuit le capitaine du CH.

Shea Weber (6) et Zach Parisé

Photo : Getty Images / Hannah Foslien

Alexandre Gascon

L’inertie de la supériorité numérique du Canadien l’an dernier lui a coûté une place dans les séries éliminatoires. En ce jeune début de campagne, c’est maintenant le désavantage numérique qui met le club dans l’embarras.

Quelques chiffres d’abord. Neuf buts accordés en neuf matchs. Un sommet de médiocrité dans la LNH sur un pied d’égalité avec les Predators, le Lightning et les Devils.

Le CH a privé l’adversaire d’un but à cinq contre quatre dans seulement deux rencontres... remportées, évidemment.

L’on pourrait arguer que les déboires de l’unité d’infériorité numérique ont directement conduit aux défaites contre le Wild dimanche dernier, contre les Red Wings, contre les Sabres et peut-être même contre Tampa Bay.

Bref, un fiasco qui s’élève à 71 % de réussite, bien loin du seuil de respectabilité de 80 % visé par les équipes.

Que ce soit pour marquer des buts ou les empêcher, le succès s’appuie sur les mêmes bases, selon Shea Weber.

« C’est la même chose [que l’avantage numérique]. C’est juste une question de confiance. Parfois, ça prend juste un gros jeu, un tir bloqué, un bon désavantage, et ça te relance », a estimé le capitaine mardi.

Un mètre sur sa gauche, le physiquement très impressionnant Ben Chiarot partageait une opinion similaire... avec un brin plus de générosité.

« C’est la confiance, mais les gars doivent connaître leur boulot aussi, être au bon endroit. Ça prend du temps. C’est vraiment tôt dans la saison. Il faut être à l'aise les uns avec les autres, savoir où les gars vont aller sur la glace. Il faut être à l’aise à l’idée de bloquer des lancers aussi. C’est important. On dirait que ça vient plus naturellement quand tu avances dans la saison. »

La fameuse passe transversale, qui force le gardien à réaliser une poussée dynamique d’un bout à l’autre de son filet tout en tentant un arrêt désespéré, a d’abord constitué la plus grande source de tracas pour le Tricolore. Vince Dunn, des Blues, a marqué ainsi. Victor Olofsson, des Sabres, a fait de même, tout comme Anthony Mantha, des Wings, qui décochait son lancer à la réception pour la troisième fois en une minute.

Dimanche, contre le Wild, l’adversaire a contrecarré l’ajustement de la troupe de Claude Julien par un tir-passe dévié dans l’enclave, suivi d’un jeu parfait, il faut bien l’avouer, imprévisible et crève-cœur.

« Le tir [de Zach Parisé] qui ricoche sur le poteau avant de rentrer, tu ne peux pas y faire grand-chose. Le premier but était aussi un beau jeu. Il faut continuer de travailler, faire en sorte que Carey [Price] puisse voir les tirs. Il a de bonnes chances de faire l’arrêt s’il les voit ou s’ils viennent de l’extérieur », a enchaîné Chiarot, défenseur le plus utilisé dans ces circonstances après Weber avec 2 min 39 s en moyenne par match.

Il faut être plus désespéré, bloquer les lancers, se débarrasser de la rondelle dès qu’on a la chance d’y toucher.

Ben Chiarot à propos du désavantage numérique du Canadien

Claude Julien est souvent perçu comme un spécialiste de cette phase de jeu. Lorsqu’il est arrivé avec le club, en février 2017, il a instantanément revitalisé le désavantage numérique vivotant de Michel Therrien en l’un des plus efficaces de la ligue.

Seule ombre au tableau? La désastreuse campagne 2017-2018 où le CH a terminé avec l’un des pires désavantages de son histoire. On vous met toutefois au défi de nommer un seul point positif de cette saison. « Le rendement d’Antti Niemi » ne sera pas accepté.

L’an dernier, après 10 matchs, le Canadien faisait piètre figure avec un taux de succès de 76,5 %. La chose s’est corrigée et la barre était redressée à 80,9 % à la fin de la saison. C’est évidemment perfectible. Il s’agit simplement de ne pas perdre trop de temps.

Suzuki retrouve le deuxième trio

Nick Suzuki a inscrit deux buts à ses trois derniers matchs. Il n’a pas cherché à le cacher, « mentalement, je trouvais ça difficile [de ne pas avoir encore marqué] », a-t-il avoué.

Il est félicité par ses coéquipiers au banc.

Nick Suzuki

Photo : Reuters / USA Today Sports

« Je voulais me concentrer et ne pas devenir trop dur envers moi-même. Je savais que mon premier but était pour survenir, mais j’avais hâte. C’était un bon sentiment. »

Le jeune homme joue avec beaucoup d’aplomb depuis trois rencontres. L’entraîneur l’a d’ailleurs renvoyé dans le deuxième trio en compagnie de Max Domi et d'Artturi Lehkonen, où il avait disputé ses quatre premiers matchs avant d’être rétrogradé à la quatrième unité.

Pour ce que ça change, nous a-t-il expliqué.

« Que tu joues au sein du premier trio ou du dernier, nous gardons le même style comme équipe. C’est juste les coéquipiers qui sont différents. J’ai déjà joué avec Lehkonen et Domi, je sais à quoi m’attendre », a lancé Suzuki.

Je lis mieux le jeu dernièrement. Je me sens plus à l'aise, je commence à créer des jeux et à devenir moi-même.

Nick Suzuki

Suzuki est encore employé à l’occasion en désavantage, 27 s par match, et énormément en avantage (2:59).

Au bout du compte, il devance Jordan Weal, Nate Thompson, Jesperi Kotkaniemi, Nick Cousins et Paul Byron pour le temps de jeu.

La recrue a rarement donné l’impression d’en être une, justement, ce qui n’a pas échappé à Max Domi.

« Quand tu vois tes jeunes joueurs s’améliorer chaque jour, c’est parce qu’ils font quelque chose de bien. Il paraît bien pendant les entraînements, et il a une autre vitesse pendant les matchs. C’est une longue saison, il vivra des hauts et des bas, selon mon expérience. Mais, pour l’instant, il paraît bien. Nous sommes tous là pour lui dans le vestiaire s’il en a besoin », a répondu le joueur de centre.

Par ailleurs, Joel Armia, blessé au bas du corps, brillait par son absence à l’entraînement. Il a dû sauter son tour lors des deux matchs du week-end dernier.

Cousins a pris sa place à la droite du duo Jonathan Drouin et Jesperi Kotkaniemi. Il a récolté deux passes en trois matchs.

Le Canadien (4-3-2) dispute son prochain match jeudi, contre les Sharks de San José (3-5-0), à Montréal.

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