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Un poids de moins sur les épaules de Shapovalov

Il serre le poing gauche.

Denis Shapovalov

Photo : afp via getty images

Antoine Deshaies

Denis Shapovalov l’admet lui-même : il vient de franchir une étape très importante dans la carrière d’un joueur de tennis avec un premier titre dans un tournoi de l’ATP, à 20 ans seulement.

« Mon équipe et moi travaillons pour ça depuis des années, a confié Denis Shapovalov en conférence téléphonique avec les médias canadiens. C’est un poids de moins sur mes épaules et je suis tellement fier du travail accompli. Mon entourage n’a jamais douté de moi et ils savaient que ça s’en venait. »

Shapovalov a triomphé à sa toute première présence en finale d’un tournoi, dimanche à Stockholm, en Suède. Avant la fin de semaine, il s’était cassé les dents sept fois en demi-finales. Sa victoire de samedi contre le Japonais Yuichi Sugita, 107e mondial, l’a libéré.

« Quand je perdais en demi-finales, c’était souvent parce que j’avais des tableaux difficiles, dit la 27e raquette mondiale. Je suis toujours resté patient et j’étais vraiment content quand j’ai battu Sugita. J’étais fébrile, mais pas nerveux de participer à cette première finale. »

Le vilain passage à vide qu’a connu l’Ontarien au printemps semble bien loin derrière lui. Après sa demi-finale au Masters de Miami en mars, perdue sèchement contre Roger Federer, Shapovalov a enchaîné les saisons de terre battue et de gazon avec une fiche de deux victoires et neuf revers.

Il tient le trophée de vainqueur au tournoi de Stockholm.

Denis Shapovalov

Photo : afp via getty images / JONATHAN NACKSTRAND

Épuisé, il s’est ensuite accordé une pause du tennis, puis a embauché l’entraîneur russe Mikhail Youzhny. La combinaison de ces deux décisions l’a replacé sur les rails du succès. Depuis le mois d’août, Shapovalov a une fiche de 16 victoires contre 7 revers.

Et parmi ses sept revers, il faut compter des échecs contre Nojak Djokovic, Dominic Thiem, David Goffin et Gaël Monfils, qui ne sont pas nécessairement des proies faciles.

« Depuis Montréal, je joue avec un feu renouvelé, une phrase que répète Shapovalov depuis quelques mois déjà. Je jouais avec beaucoup de confiance dans la tournée asiatique, mais j’ai eu quelques malchances et des tirages difficiles. Mon jeu me donnait confiance. »

À Stockholm, la chance lui a souri. Le retrait du Français Lucas Pouille lui a permis d’être la quatrième tête de série du tournoi et d’ainsi obtenir un laissez-passer au premier tour. Puis les deux premières têtes de série du tournoi, Fabio Fognini et Grigor Dimitrov, sont tombées dès leur premier match.

Shapovalov n’a eu qu’à battre des adversaires moins bien classés que lui jusqu’au titre. Le gaucher blondinet a aussi joué avec l’appui de la foule.

« J’ai joué en confiance toute la semaine, a expliqué Shapovalov. C’est bien d’être une tête de série, mais ça ajoute un peu de pression. J’ai bien géré ça. Mes adversaires étaient coriaces malgré leur classement. J’étais honoré par l’appui de la foule. »

Finir 2019 en beauté

Denis Shapovalov n’aura pas le temps de savourer son premier titre bien longtemps. Dès mercredi, il jouera au tournoi de Vienne en Autriche. 

Il affrontera Pablo Carreno Busta au premier tour. L’Espagnol, 34e mondial, a vaincu le Canadien il y a quelques semaines en Chine. Le gagnant de ce match pourrait avoir rendez-vous avec le Croate Borna Coric, 24e au classement.

« Je me sens en forme physiquement et frais mentalement, a dit Shapovalov. Carreno Busta m’a battu récemment, mais je suis très confiant. »

Pour lui, comme pour bien des joueurs, les victoires attirent les victoires. Il espère que son triomphe à Stockholm lui donnera un élan pour sa fin de saison.

« Les grandes victoires du passé m’ont toujours aidé lors des semaines suivantes, se rappelle-t-il. Je vais simplement essayer de m’amuser d’ici la fin de la saison. »

Après, le joueur canadien prendra la direction de Paris pour le dernier tournoi Masters 1000 de la saison. Il enchaînera ensuite avec les finales de la Next Gen à Milan, réservées aux huit meilleurs joueurs de 21 ans et moins.

Il conclura sa saison aux finales de la Coupe Davis à Madrid à la mi-novembre.

Aucune inquiétude pour son ami Félix

À la Coupe Davis, Shapovalov fera notamment équipe avec son ami Félix Auger-Aliassime, meilleur Canadien au classement, au 18e rang de l’ATP.

Depuis la Coupe Rogers au mois d’août, le jeune Québécois n’a remporté que deux victoires contre cinq revers. Il a notamment été éliminé par Shapovalov au premier tour des Internationaux des États-Unis.

Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov se serrent la main au filet après le premier tour aux Internationaux des États-Unis.

Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

Questionné au sujet des dernières semaines plus difficiles de son ami, l’Ontarien n’a pas semblé le moindrement inquiet.

« Son jeu va très bien. Je pense que les gens comprennent mal à quel point le tennis de haut niveau est difficile, affirme Shapovalov. Il a eu une année extraordinaire et je ne considère pas qu’il traverse une période creuse. Il a eu des tirages difficiles, mais je ne suis pas du tout inquiet pour lui. Il a un avenir hallucinant devant lui. »

Les deux dernières défaites d’Auger-Aliassime ont été subies contre Alexander Zverev, 6e mondial, et Stefanos Tsitsipas, 7e.

Tout comme Shapovalov, le Québécois participe au tournoi de Vienne cette semaine. Il affronte le Russe Andrey Rublev, 22e mondial, au premier tour.

En cas de victoire, il pourrait retrouver son compatriote Milos Raonic au deuxième.

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