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La NBA veut en finir avec les spectateurs abusifs

Un joueur en colère montre du doigt un partisan assis.

Kyle Lowry a été poussé par un partisan et dit avoir été la cible de commentaires vulgaires, pendant le troisième match entre les Raptors et les Warriors, à Oakland.

Photo : Getty Images / Lachlan Cunningham

Radio-Canada

Une douzaine de joueurs de la NBA ont pris part à une téléconférence avec des membres de la direction de la ligue au cours de l’été dans le but de faire valoir leurs positions sur l’un des plus gros problèmes du basketball. Les abus verbaux qu'ils subissent des spectateurs, disent-ils, empirent.

Après les incidents les plus médiatisés, comprenant notamment Russell Westbrook, DeMarcus Cousins, Kyle Lowry et d’autres pendant la dernière saison – y compris ceux avec des railleries racistes – la politique de la NBA sera désormais celle de la tolérance zéro à l'égard des comportements abusifs ou haineux.

La ligue durcit son code de conduite pour les spectateurs, particulièrement envers ceux qui sont à proximité des joueurs et du court. Tout acte répréhensible sera passible d’expulsion ou d'une sanction encore plus lourde.

Nous avons ajouté (au code) tout excès de langage sexiste, visant la communauté LGBTQ, tout langage dénigrant de cette nature, tout ce qui n’est pas relié au basketball. Dans un tel cas, nous irons chercher un partisan à son siège pour l’expulser et nous enquêterons sur l’événement.

Jerome Pickett, vice-président directeur et chef de la sécurité de la NBA

Quelques cas célèbres

Westbrook et Cousins ont été ciblés par des railleries racistes à Salt Lake City et à Boston. Les spectateurs coupables de tels propos ont été bannis par le Jazz et les Celtics.

Lowry, des Raptors de Toronto, a été bousculé par un actionnaire minoritaire des Warriors de Golden State au bord du terrain durant la finale de la NBA et cette personne a été bannie des activités d’affaires de l’équipe pour un an.

Il y a eu d’autres incidents, mais la ligue n’a pas divulgué de chiffres exacts, bien qu’au total, le nombre d’histoires du genre ne serait pas élevé.

Selon Jerome Pickett, les expulsions de spectateurs ont plus que doublé au cours de la saison 2018-2019.

Westbrook n’a pas voulu commenter ce dossier, disant, par l’entremise des Rockets de Houston, qu’il n’était pas à l’aise de le faire.

L’Association des joueurs (NBPA) affirme que le problème ne cesse de s’accentuer.

Au cours de la saison dernière, j’ai commencé à ressentir, même pendant les matchs auxquels j’assistais, qu’il y avait une certaine absence de civilité qui imprégnait l’atmosphère. Je voyais plus d’écarts de langage à l’endroit des équipes adverses, des commentaires vraiment méchants dirigés vers les joueurs.

Michele Roberts, directrice générale de NBPA

Les Celtics ont banni pour deux ans un partisan coupable de chants racistes envers Cousins.

Westbrook a vécu deux incidents en Utah et le Jazz a banni les deux partisans responsables à vie. Le joueur, lui, a reçu une amende de 25 000 $ pour avoir menacé un autre amateur durant une engueulade.

Il tente un lancer.

Russell Westbrook du Thunder d'Oklahoma City

Photo : usa today sports / USA Today Sports

« Je fais beaucoup d’efforts pour ne pas répondre automatiquement qu’il s’agit de racisme, déclare Roberts. Je ne crois pas que ça fasse avancer le débat. Mais s’il s’agit sans aucun doute de racisme, je ne me gêne pas pour le dire. »

Michele Roberts précise qu’elle a aussi reçu des plaintes de joueurs blancs qui ont été victimes de la méchanceté des spectateurs.

Tensions raciales

Amira Davis est chargée de cours à l’Université Penn State. Elle se spécialise en histoire du 20e siècle, particulièrement en matière de race, d’orientation sexuelle, de sports et de politique. Elle croit que les amateurs sont maintenant plus enhardis de dire tout ce qui leur plaît, sans peur de répercussions.

Il y a eu plein de partisans sobres qui criaient des insultes et qui attaquaient des joueurs de la pire des façons. Dans les endroits où les Blancs sont prédominants, comme en Utah, et où les joueurs sont majoritairement noirs, le phénomène prend de l’ampleur et s’intensifie quelque peu. Avec le climat politique actuel, il est très facile de cibler des joueurs vedettes noirs et de véhiculer des clichés à l’endroit de leur communauté.

Amira Davis, chargée de cours d'histoire à l’Université Penn State

Le comportement des spectateurs n’est pas une préoccupation que dans la NBA. En Europe, c’est aussi une grande source d’inquiétude. On l’a vu dans un match entre la Bulgarie et l’Angleterre la semaine dernière dans les qualifications pour l’Euro 2020.

Des partisans des Packers de Green Bay et des Eagles de Philadelphie se sont battus dans les gradins du Lambeau Field en septembre.

Les Braves d’Atlanta ont demandé à leurs partisans de cesser de faire le fameux « tomahawk chop » durant les séries du baseball majeur.

Durant la série de championnat de l'Américaine, entre Houston et New York, le gérant des Astros A.J. Hinch a dit aux arbitres qu’il sentait que le comportement des spectateurs du Yankee Stadium avait dépassé les bornes et que « la situation devenait dangereuse ».

Il a la tête baissée.

Zack Greinke, des Astros de Houston, sort du terrain sous les insultes de partisans des Yankees de New York, le 17 octobre 2019.

Photo : usa today sports / USA TODAY USPW

« Il n’y a pas de place pour ça, a dit Hinch en faisant référence aux débris et aux railleries dirigés vers certains joueurs des Astros. Les deux équipes seront d’accord. Et c’est vraiment difficile d’interdire aux partisans de faire ça. Mais c’est aussi très dangereux. »

Les athlètes ne sont cependant pas toujours que des victimes. Le golfeur Bio Kim a été suspendu pour trois ans par la PGA de la Corée du Sud pour avoir fait un geste obscène en direction de la foule lors de la dernière ronde d’un tournoi qu’il a gagné. Il était en colère en raison du bruit émis par la caméra d’un téléphone cellulaire.

Zones à risques

La NBA surveille avec plus d’attention l’interaction entre les spectateurs et les joueurs dans certains arénas.

Et elle le fait dans des zones plus grandes qu’auparavant, pas seulement dans les premières rangées près du court. Elle se montre aussi vigilante là où les joueurs et les arbitres entrent et sortent du parquet.

Le code de conduite des spectateurs, diffusé depuis des années, est affiché et promu plusieurs fois chaque match.

Les détenteurs d’abonnements saisonniers sont dorénavant informés qu’ils pourraient perdre leurs sièges s’ils harcèlent les joueurs ou les arbitres avec trop d’agressivité.

Les suspects devront quitter leur place à la demande des agents de sécurité et l’équipe enquêtera par la suite. Consultés alors qu’un chahuteur présumé était toujours présent, les gens qui se trouvaient autour de lui étaient réticents à fournir de l’information.

« Les joueurs sont vulnérables, disait Draymond Green des Warriors de Golden State après l’incident avec Kyle Lowry. Quand tu es dans une situation où tu n’es pas en confiance, que tu sens que tu dois te défendre, tu es vulnérable. »

Avec les informations de Associated Press

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