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De la lutte au rugby, Dori Yeats a de nouveaux combats à livrer

Dori Yeats avec les Martlets de McGill

Photo : Société Radio-Canada

Philippe Crépeau

Après avoir quitté les tapis de lutte, la Montréalaise Dori Yeats a ravivé sa passion pour le rugby. Elle combine études et sport avec les Martlets de McGill.

Le parcours des Japonais à la Coupe du monde de rugby, disputée en ce moment au Japon, a inspiré toute l'équipe des Martlets.

« Les Japonais sont les underdogs dans cette Coupe du monde, c'est un peu comme nous. On a regardé un match en équipe, explique la Montréalaise de 26 ans qui en est à sa troisième saison avec l'équipe.

« Les Japonais font leurs affaires sans trop penser au résultat. C'est ce qu'on fait aussi. Leur parcours nous sert de motivation. »

Après avoir atteint son objectif d’aller aux Jeux olympiques en 2016 (elle a fini au 5e rang dans sa catégorie), Dori Yeats a choisi de laisser un sport qui l'obligeait à travailler seule dans son coin.

C'est durant l'année 2017 que le processus de transition a commencé.

« Un autre cycle olympique en lutte, j'y ai pensé, mais je ne voyais pas ce que ça pourrait m'apporter de plus, affirme-t-elle. Mon objectif, c'était d'aller aux Jeux, et j'y suis allée. En fait, je voyais juste ce que je pouvais perdre. »

Je pense qu'au final, je n'avais pas d'amour pour la lutte, et ça ne valait pas la peine de continuer.

Dori Yeats
Elle donne une entrevue télévisée à Radio-Canada.

Dori Yeats

Photo : Société Radio-Canada

Yeats devait subir une opération au poignet, et n'ayant pas l'intention de quitter Montréal, elle a alors choisi de se concentrer sur ses études en génie civil à l'Université McGill. Elle a annoncé sa décision de prendre sa retraite de la lutte en juillet 2018 et s'est fait opérer.

Elle s'est ensuite remise au rugby, qu'elle avait découvert à l'adolescence. Quitter les matelas pour les grands terrains extérieurs lui fait le plus grand bien, et elle a retrouvé le sourire dans un sport d'équipe qui lui a permis d'apprendre à partager.

C'est comme une famille. Je n'avais jamais ressenti ça en lutte. Je donne tout pour mes coéquipières sur le terrain. Je ne suis pas encore un modèle de coéquipière. Je suis encore pas mal égoïste. Mais il m'arrive de me mettre en danger sur le terrain juste pour sauver McGill. Anything pour l'équipe.

Dori Yeats

Dori Yeats partage sa passion du rugby avec l'équipe TMR (Town of Mount Royal), l'équipe du Québec et les Martlets de McGill.

« J'ai vraiment senti que pour la première fois, je faisais un sport que j'aimais, comme je n'avais jamais aimé un sport avant. J'étais en forme, j'étais avec plein de filles. À aucun moment, la lutte ne m'a manqué. Le rugby, c'est là où est mon cœur maintenant », lance-t-elle avec un grand sourire.

Elle court avec le ballon.

Dori Yeats en action avec les Martlets de McGill contre les Stingers de l'Université Concordia

Photo : Société Radio-Canada

Depuis trois ans, Dori Yeats apprivoise toutes les subtilités du jeu.

« J'ai beaucoup de qualités physiques qui vont bien avec le rugby. Je suis bonne en défense surtout. Mais j'apprends encore tellement de choses, chaque match, chaque pratique. Ça m'a pris trois ans à savoir où me placer sur le terrain. Et c'est ça que j'aime. Je n'arrête pas d'apprendre. »

Elle a retrouvé à McGill Magali Harvey, l'entraîneuse des Martlets. Les deux faisaient partie de l'équipe du Québec en 2018 qui a gagné le Championnat canadien de rugby à 15.

« Dori est très athlétique, et elle apprend très rapidement. Donc, quelle que soit sa position sur le terrain, elle se sent vite en confiance, dit Harvey. De plus, elle est très compétitive, donc elle oblige ses coéquipières à l'être aussi pour pouvoir la suivre. Dori élève le niveau de compétition au sein de l'équipe à chaque fois qu'on est sur le terrain. »

Elles se tiennent par les épaules.

Magali Harvey et Dori Yeats

Photo : Société Radio-Canada

Dori Yeats est aujourd'hui libérée du stress d’avoir à lutter seule. Elle est passionnée par son sport et par ses études en génie civil.

« Tous mes cours m'intéressent. Comme sur le terrain, dans les salles de cours, j'apprends tous les jours. Je commence à voir ce que je pourrais faire comme carrière. Ce que je veux, c'est faire une différence. J'ai beaucoup d'options pour ma maîtrise. Je suis vraiment passionnée par les changements climatiques. »

Son parcours olympique est terminé. Dori Yeats a choisi ses nouveaux combats.

« Je ne pense plus à la vie olympique. Pour moi, c'est tellement plus grand de sauver le monde », conclut-elle.

Elle est sur la piste d'athlétisme.

Dori Yeats avec le chandail de sa faculté à l'Université McGill

Photo : Société Radio-Canada

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